CHRONIQUE

CGI: tout reste à préciser

C'était la joie, vendredi, à Shawinigan, lors de... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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C'était la joie, vendredi, à Shawinigan, lors de l'annonce de l'implantation d'un centre d'excellence de CGI. On voit sur la photo, le maire de Shawinigan, Michel Angers, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère et le président exécutif du conseil de CGI, Serge Godin.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Le moment d'euphorie passé, il faudra maintenant faire preuve d'une certaine patience avant que Shawinigan puisse commencer à savourer au moins un peu les premiers signes d'une relance économique moderne stimulée par l'arrivée du groupe CGI.

Car pour le moment, tout reste encore à être fait pour que le projet prenne du concret et que cela commence à se traduire dans la vie quotidienne de la région.

Ce qui a apporté une grande crédibilité à l'annonce d'un éventuel Centre d'excellence - de classe mondiale, a-t-on précisé - de CGI qui en compte déjà quatre au Québec et une trentaine dans le monde, c'est sans aucun doute la présence du premier ministre Philippe Couillard et du président-fondateur de la multinationale, Serge Godin.

Il est difficile d'imaginer que les deux hommes aient pu se présenter à Shawinigan vendredi matin pour se prêter à un simple show de boucane, afin de calmer le jeu dans la place.

Autrement, c'est un projet qui demande à faire un grand acte de foi car il reste difficile, faute de détails, à définir.

Il n'y a pas de montant d'investissement annoncé pas plus que de calendrier de réalisation, si ce n'est que l'implantation du centre devrait s'échelonner sur une «période de transition» de trois ans, au gré des contrats que CGI parviendra à lui dénicher.

Ce sera donc un développement progressif, dans un immeuble non encore choisi. Il est vrai que c'est un dossier qui s'est attaché en trois semaines seulement. Il est peut-être normal dans les circonstances qu'il apparaisse grossièrement ficelé. On planchera dans les semaines et les mois qui viennent sur les détails.

Comme l'offre d'aide gouvernementale de Jacques Daoust, le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, semblait avoir séduit le grand patron de CGI, on a pesé sur l'accélérateur pour permettre au premier ministre d'avoir quelque chose de consistant à annoncer à Shawinigan, la veille de la tenue du Conseil national de son parti, à Trois-Rivières.

On sait donc qu'il y a une aide gouvernementale, mais comme le reste, elle est elle aussi difficile à préciser. Il y a le crédit d'impôt remboursable en vertu du programme d'aide au développement des affaires électroniques. Une mesure fiscale sur laquelle on ne peut mettre de chiffre. Puis on a consenti une aide additionnelle qui «équivaudra à une contribution financière annuelle non remboursable de 6 %». Six pour cent de quoi? On est là aussi dans le vague, si ce n'est que cet appui, qui sera puisé dans le Fonds régional de diversification économique, s'appliquera jusqu'à un maximum de 25 000 $ par emploi, par année.

S'il y en avait 300 demain matin, on pourrait calculer ce potentiel annuel à 7,5 millions $. Mais on imagine en même temps que ce ne peut être une aide illimitée dans le temps. On ne va quand même pas vider le Fonds avec CGI. C'est peut-être pourquoi on parlait plutôt, discrètement, d'une aide qui pourrait atteindre 17 millions $.

Tant Philippe Couillard que le ministre Daoust ont insisté pour dire que malgré tout, sur le plan fiscal, au net, l'opération restera avantageuse pour le Québec.

Ce qu'il faut surtout comprendre, c'est qu'il faut que l'offre ait été suffisante pour permettre à CGI, qui se bat sur le plan international, de rivaliser avec ses concurrents pour obtenir de nouveaux contrats pour Shawinigan.

Ce sera le nerf de la guerre, celui qui décidera si le Centre d'excellence de CGI de Shawinigan prend forme rapidement, comme chacun le souhaite, et quelle ampleur il atteindra. Pour être en mesure d'obtenir des contrats en conception, entretien et gestion de systèmes informatiques, CGI doit travailler ses coûts.

C'est pourquoi elle a adopté comme stratégie de s'installer dans des endroits où elle peut garder ses coûts bas, en frais généraux mais aussi en économie sur les salaires, en général un peu moins élevés que dans les grands centres urbains. L'expérience de Sherbrooke et de Saguenay, au Québec, a démontré que cela était possible et avantageux.

L'un des facteurs qui contribuera à accélérer le potentiel de CGI à Shawinigan viendra aussi de la capacité des collèges de Trois-Rivières et de Shawinigan et de l'UQTR à produire des diplômés de qualité dans les technologies de l'information. Parce qu'ils habitent la région ou qu'ils y ont fait leurs études, ce sont les finissants les plus faciles à recruter. Assurément plus faciles que d'attirer des Montréalais, par exemple, pour lesquels Shawinigan... c'est peut-être comme en région éloignée.

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