CHRONIQUE

CGI à Shawinigan: 300 nouveaux emplois

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On se doutait que le premier ministre Philippe Couillard n'arriverait pas les mains vides à Shawinigan vendredi.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, devrait se présenter vendredi devant le maire Michel Angers porteur d'une annonce économique.

Le maire de Shawinigan Michel Angers ne manque... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Le maire de Shawinigan Michel Angers ne manque pas de dossiers actifs sur lesquels sensibiliser le chef de gouvernement lors de la rencontre de vendredi.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

On comprend que pour cette rencontre très attendue entre les deux hommes et qui sera fortement médiatisée, le premier ministre n'entendait pas arriver les mains vides.

Il avait été question depuis quelques jours qu'il puisse s'agir d'un centre d'appels. Mais on parlait d'un centre qui aurait pu compter un peu plus d'une centaine d'employés, aux conditions de travail moyennes, comme c'est le cas pour la plupart des entreprises du genre.

Mais TVA Nouvelles allait plus loin à son bulletin de nouvelles de jeudi soir en précisant qu'il pourrait s'agir du géant informatique québécois CGI. On parlerait dès lors de la création de 300 emplois à rémunération supérieure. Mais le centre d'appels ou d'assistance technique ne prendrait véritablement forme que dans deux ou trois ans. Les détails seront connus vendredi matin à 11 h, à la Cité de l'énergie.

Même s'il faudra s'armer de patience pour que les emplois soient bien réels et que les retombées économiques de leur présence se fassent sentir, ce serait finalement mieux que le petit plaster sur une plaie économique ouverte beaucoup plus large auquel on s'attendait.

Dans les circonstances, surtout que cela touche un nombre d'emplois appréciable et de haut niveau, la confirmation de cet investissement serait plus que bien reçue à Shawinigan et dans la région.

Ce serait une suite concrète et heureuse du travail du Groupe tactique d'intervention économique relié à Investissement Québec qui est venu à Shawinigan dans les jours qui ont suivi l'annonce de la fermeture de l'usine Laurentide. Mais aussi du levier que doit constituer pour la nécessaire diversification industrielle de Shawinigan de l'avantage d'avoir accès au Fonds de diversification économique compensatoire pour la fermeture de Gentilly-2.

On ne parlera pas de prix de consolation, mais d'un superbe plat d'entrée qui prépare la table à d'autres annonces consistantes. Il faut qu'il en soit ainsi.

Le maire Michel Angers ne manque d'ailleurs pas de dossiers actifs sur lesquels sensibiliser le chef du gouvernement et faire pression sur lui.

Il faut dire que depuis l'installation à Québec du nouveau gouvernement libéral, sans qu'on puisse affirmer qu'il en est responsable, les nouvelles ont été très mauvaises pour Shawinigan.

Alors qu'on était convaincu que la société espagnole FerroAtlántica allait s'établir sur le site de l'ancienne aluminerie de Rio Tinto Alcan, le premier ministre s'est plutôt précipité à Port-Cartier pour y annoncer la construction de la future usine.

Même si le premier ministre s'est défendu d'être responsable de ce choix, il en est resté l'impression que le gouvernement, qui consentait pourtant à FerroAtlántica d'énormes avantages sur le plan des tarifs d'électricité, n'a pas cherché à jouer d'influence pour favoriser Shawinigan.

La fermeture récente de l'usine Laurentide met aussi d'une certaine façon en cause le premier ministre, car on le sait, la production de papier commercial de Grand-Mère a été abandonnée au profit de l'usine de Dolbeau-Mistassini de Produits forestiers Résolu. Une papeterie qui a été relancée grâce à son usine de cogénération dont Hydro-Québec achète l'électricité plus cher qu'elle ne parvient à la vendre. C'est une décision d'entreprise facilitée par le gouvernement.

Mais il se trouve que l'usine est située dans la circonscription du premier ministre. Or, comme Julie Boulet, qui semblait destinée à devenir la nouvelle ministre de la Forêt, n'a pas été renommée au cabinet, il n'y avait plus personne pour taper du pied au conseil des ministre, comme elle l'avait déjà fait pour forcer PFR à maintenir une production à la Laurentide.

Le maire Michel Angers pourra donc suggérer au premier ministre de conditionner le maintien des 100 000 mètres cubes de bois mauricien accordés en faveur à PFR pour la Laurentide à ce que la compagnie maintienne en bon état ses installations au-delà du 31 décembre. Ce qui accorderait un délai un peu plus raisonnable pour tenter de trouver un repreneur.

Le maire Angers devrait aussi plaider la cause de Sotrem ainsi que de Groupe forestier Arbec, qui ont besoin d'un délai de deux ans avant qu'on soit contraint de les débrancher du réseau d'eau potable de la ville.

Bien sûr, le maire reparlera de ce qu'il aurait pu faire avec les 20 millions $ qu'il lui réclamait pour relancer son économie. Il vantera le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins et évoquera les besoins de la station numérique DigiHub, remplie d'un gros potentiel, mais qui n'entre toujours pas dans les programmes d'aide normés du gouvernement... qu'on doit pourtant assouplir pour Shawinigan.

Et s'il lui reste du temps, de redevances hydroélectriques pour les 700 mégawatts d'électricité les plus rentables d'Hydro-Québec.

Mais si l'annonce de la venue de CGI est confirmée, ce qui fait maintenant peu de doute, l'atmosphère sera plus aux remerciements qu'aux réclamations... momentanément.

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