La force qui n'a pas levé

Richard Saint-Germain... (Photo: Stéphane Lessard)

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Richard Saint-Germain

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

On n'y pensait plus. On l'avait oublié. Dix mois après les dernières élections municipales à Trois-Rivières, Force 3R nous annonce que son chef, Richard Saint-Germain a demandé au Directeur général des élections la radiation de son parti politique municipal.

C'est par voie d'un bref communiqué, signé par Carolle Langevin, indéfectible militante de la première heure de Force 3R et responsable des communications que la décision de se saborder a été révélée.

Ça ne peut pas constituer une grande surprise, compte tenu du cuisant échec électoral que les candidats de la formation politique, Richard Saint-Germain en tête, ont subi en novembre dernier. La déception de ceux-ci avait été immense le soir des élections quand les résultats ont été connus.

Ils ne sont pour la plupart d'entre eux que parvenus à obtenir un vote plus que marginal, les confinant tous à occuper la dernière et au mieux l'avant-dernière position à la mairie comme dans les dix districts où ils étaient présents. Une défaite amère.

Richard Saint-Germain avait d'ailleurs conclu dans les jours qui ont suivi que les Trifluviens ne voulaient finalement pas d'un parti politique municipal. Le message en ce sens avait été plus qu'éloquent. Ce n'était donc qu'une question de temps pour que de l'agonie électorale, on passe à la mort confirmée.

Il faut dire que ce parti qui était quand même parvenu au meilleur de sa forme à compter quelque 400 membres dans ses rangs s'était tout de même toujours un peu cherché. Même que son président fondateur, Jacques Lessard, en était déjà arrivé, en décembre 2011, deux ans et demi après la reconnaissance officielle de Force 3R, à remettre sa démission tout en suggérant l'abolition de son parti politique.

Le gros des membres de la formation avait refusé d'endosser cette idée et la présidence en avait été aussitôt reprise par Pierre Clouâtre.

À l'élection de 2009, quelques mois après sa formation, Force 3R n'avait présenté qu'un seul candidat, mais à la mairie. L'architecte André Carle, qui était le seul adversaire à Yves Lévesque, et qui pouvait laisser l'impression d'être l'agneau sacrifié, compte tenu de la popularité alors présumée du maire sortant, avait surpris en abaissant à 55 % le niveau de ses votes exprimés, alors qu'on pouvait s'attendre qu'il recueille facilement au moins 60 % et même 70 % des suffrages.

Ce succès inattendu aurait dû normalement propulser Force 3R au niveau de force politique d'opposition dominante sur le plan municipal à Trois-Rivières. Malgré une présence assidue de ses membres au conseil municipal, la production de dossiers bien documentés, entre autres sur les finances municipales, et des prises de position, sans élus autour de la table, la formation politique est restée dans l'ombre et n'a pu dépasser le statut de gérant d'estrade.

C'est qu'au lendemain des élections de novembre 2009, une forte opposition à Yves Lévesque avait pris forme autour de la table du conseil, avec une coalition de sept conseillers municipaux, qu'on a appelée le Groupe des sept. Même s'ils partageaient la même adversité à l'endroit du maire, il n'y a jamais eu de rapprochement, encore moins d'alliance, même stratégique, entre les deux groupes.

Aux élections de novembre 2014, Yves Lévesque a eu l'effet d'un bulldozer sur ses adversaires politiques, pulvérisant les candidats de Force 3R, décimant le Groupe des sept en faisant élire en plus une majorité de conseillers indépendants, mais bien identifiés comme des alliés. Depuis, la contestation est disparue à la table du conseil et elle ne s'est pas réinstallée dans les banquettes du public. On vit à l'hôtel de ville un règne «d'harmonie», résignée ou pas, on ne saurait le dire.

Il faut dire que les rares expériences de parti municipal n'ont jamais remporté de succès à Trois-Rivières. À la fin des années 1960, le maire sortant, Gérard Dufresne et l'équipe qu'il avait formée avaient essuyé un puissant échec. Dans les années 1990, une nouvelle formation politique avait vu le jour: le Rassemblement pour l'action municipale. Son chef, Pierre Boulard avait été battu à la mairie et le seul élu du groupe, André Lamy avait finalement préféré siéger comme indépendant.

On doit quand même regretter l'ampleur des insuccès électoraux de Force 3R et la disparition de ce parti qui avait convaincu des centaines de citoyens de s'impliquer activement dans l'action municipale de Trois-Rivières et contribuer ainsi à sa vie démocratique.

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