Le tour de Benjamin, le héros

Benjamin Perron a de l'énergie à revendre.... (Photo: Olivier Croteau)

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Benjamin Perron a de l'énergie à revendre.

Photo: Olivier Croteau

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Benjamin avait le choix. Ça aurait pu être Disney. Il y a sérieusement songé d'ailleurs. Puis un bon matin, sa décision était prise. Son souhait le plus cher, celui qui pouvait l'aider à garder le moral entre tous ses traitements, c'était une piscine dans sa cour, pas plus compliqué que ça.

Elle est installée depuis quelques semaines déjà et le garçon de huit ans n'a pas mis de temps à plonger dans l'eau comme on saute à pieds joints dans le bonheur. Il est en rémission complète, comme quoi il faut toujours s'accrocher à son rêve. 

Benjamin Perron a de l'énergie à revendre. C'est parfait. Il pourra contaminer la quarantaine de cyclistes en partance, jeudi, de Québec, avec un arrêt à Trois-Rivières en fin d'après-midi. Le peloton franchira le fil d'arrivée vendredi, à Boucherville, pour un total de 300 kilomètres en deux jours. 

Cet itinéraire porte le nom de Parcours de la guérison et le jeune Trifluvien en est le héros. Il est l'une des têtes d'affiche de la 22e édition du Tour CIBC Charles-Bruneau qui se déroule du 4 au 7 juillet. Il s'agit de sept longues randonnées à travers la province et auxquelles participent 600 cyclistes. Leurs coups de pédale ont pour but d'amasser des dons pour la recherche et des projets dédiés aux cancers pédiatriques. Le plus récent consiste à l'agrandissement du Centre mère-enfant du CHUL, à Québec.

Le garçon connaît bien l'endroit, plus précisément le département d'hémato-oncologie qu'il a fréquenté ces deux dernières années. Le beau brunet à lunettes est un brave survivant d'une leucémie lymphoblastique aiguë, un cancer qui a été diagnostiqué alors qu'il avait 6 ans.

Les premiers symptômes sont apparus alors que l'écolier était au beau milieu de sa première année du primaire. Maman ne reconnaissait plus son fils d'un tempérament énergique et joyeux.

«Il faisait de la fièvre. Il n'avait pas d'appétit et dormait tout le temps, ce qui n'était vraiment pas dans ses habitudes», raconte Amélie Nadeau pendant que Benjamin l'écoute d'une oreille distraite, occupé qu'il est à imiter sa soeur Laurane, 11 ans, en train de fouiller dans le frigo pour une xième collation.

La femme de 36 ans élève seule ses deux enfants, pas complètement en fait puisque ses parents résident avec eux sous le même toit. Cette cohabitation intergénérationelle s'est avérée une véritable bénédiction le jour où tout a basculé. La présence de papi André et de mamie Mireille a permis à leur fille de se consacrer entièrement à son fils. 

Inquiète de le voir si fatigué, Amélie Nadeau n'avait pas tardé à consulter un médecin avec Benjamin. L'éducatrice en centre de la petite enfance espérait qu'on allait la rassurer en lui disant que ce n'était rien de grave, qu'il s'agissait d'un virus comme en attrapent souvent les enfants de cet âge. Tout allait rentrer dans l'ordre rapidement.

Sauf que ça ne faisait pas une heure que la prise de sang avait été effectuée que la maman apprenait que son garçon devait être transfusé sans délai. «Il n'avait plus de plaquettes, plus de globules, pu rien...»

Benjamin a aussitôt été admis à l'unité d'oncologie pédiatrique du CHUL, à Québec, où les résultats d'une biopsie de la moelle osseuse ont révélé la présence du cancer. Sous le choc, Amélie Nadeau s'est tournée vers son fils à qui il était inutile de cacher la vérité voulant que la réalité dépasse parfois la fiction.

C'est à ce moment-là que le petit garçon est devenu un héros, à l'âge où les enfants sont eux-mêmes fascinés par les personnages aux super pouvoirs. Contrairement à eux par contre, Benjamin n'a jamais eu besoin d'endosser une cape rouge pour être fort et courageux. Il l'est, c'est tout. 

«Maman, je vais me battre. Il y a plein de choses que je veux voir. On va passer au travers», a-t-il affirmé à celle qui, en entendant ces paroles, s'est transformée en super maman.

«Quand c'est ton enfant qui te dit ça, tu n'as pas le choix de te remonter les manches et d'être là, avec lui. Je ne pouvais pas pleurer, pleurer, pleurer et m'apitoyer.»

Amélie Nadeau a passé les 41 jours suivants au chevet de Benjamin qui, de retour à la maison, a poursuivi ses traitements hebdomadaires de chimiothérapie. Pendant deux ans, mère et fils ont ainsi fait la navette Trois-Rivières-Québec. C'est entre ces nombreux allers-retours que le rêve d'une piscine a pris forme, que la maladie a cédé du terrain, que le mot rémission a été prononcé en mars dernier et que la Fondation Charles-Bruneau a pensé à Benjamin Perron pour inspirer les cyclistes qui s'apprêtent à prendre le départ. 

Ils sont attendus jeudi, vers 16 h 10, à l'Hôtel de ville de Trois-Rivières. Leur héros sera sur place pour les remercier d'aider des enfants à retrouver, comme lui, le chemin de la guérison.




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