Et si Kean affrontait l'Animal?

Sans trop avoir eu à forcer, Simon Kean... (La Presse photo Bernard Brault)

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Sans trop avoir eu à forcer, Simon Kean a aisément vaincu son adversaire David Torres Garcia samedi soir au Centre Bell.

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J'étais au beau milieu d'une belle et grande fête familiale ce samedi au moment où Simon Kean a fait sa première apparition dans l'arène du Centre Bell.

En fin de soirée, mon père, un amateur de boxe depuis des lunes, m'a demandé le résultat du combat et il a paru très surpris de mon ignorance, considérant que j'avais accès à mon téléphone intelligent.

«Pas besoin de regarder, papa. Il a gagné en deux ou trois rounds, il affronte un autre jambon!»

«Ben voyons, il affronte un gars qui a neuf K.-O. et 10 victoires. Chez les lourds, une claque, et un gars est dans le pétrin...»

Pour lui faire plaisir, j'ai donc fouillé sur mon Iphone. C'est avec un grand sourire que quelques secondes plus tard, je lui ai rapporté l'issue du combat: victoire par abandon à la deuxième reprise, après deux chutes au tapis. Je lui ai aussi cité les paroles de Kean sur ce David Torres Garcia: «Un gros-jambon-saucisse-bacon!»

Voilà une expression qui a dû faire sourciller Camille Estephan, le président d'Eye of the Tiger Management. Surtout que ce dernier s'était vanté dans les jours précédents d'avoir concocté une sous-carte grandiose! J'ai parlé à Estephan mercredi, il a reconnu que Garcia n'avait épaté personne. 

«On le savait que ce n'était pas un champion du monde, mais on croyait qu'il allait être plus durable. Le plan avec Simon, c'est de lui donner des adversaires avec des styles différents. Celui-là avait une bonne force de frappe. On l'a vu, il a pincé Simon et ce dernier a montré qu'il avait une bonne mâchoire. On ne veut pas sauter d'étapes...»

Normal. Kean a beau être un olympien, il a peu de millage en boxe amateur. Les blessures et ses problèmes avec la justice ont retardé sa progression. Son promoteur veut lui permettre de faire une transition en douceur chez les pros, c'est difficile de le blâmer car ultimement, il pourrait y avoir de gros sous en jeu.

Reste que pour son développement, il a au moins besoin d'être un peu plus testé de combat en combat. Pas besoin de champion du monde pour ça, juste des durs qui veulent lui offrir une bagarre. Qui ne vont pas se coucher au premier coup de poing. Et pas besoin non plus d'aller les chercher au Mexique ou en Hongrie, il y a au Québec quelques poids lourds comme Éric Martel (11-6-1) et Éric Barrak (8-4) qui pourraient certainement faire mieux que les six premiers rivaux du Trifluvien. 

Et si Estephan veut faire un coup d'éclat et essayer de remplir le Colisée de Trois-Rivières, il peut toujours lâcher un coup de fil à Joël Thériault. L'Animal vient de gagner son premier combat professionnel, et il a un certain bagage chez les amateurs.

Il est le meilleur vendeur de billets dans l'histoire du hockey senior québécois justement parce qu'il ne recule devant aucune guerre. Un choc Kean-Thériault, avec une mise en marché astucieuse, apporterait à Kean beaucoup de nouveaux fans... en cas de victoire!

Un mot aussi sur Mikaël Zewski, qui s'apprête à se séparer de Top Rank. Sa sortie médiatique dans Le Nouvelliste en début de semaine a été payante, voilà que GYM et InterBox sont à ses trousses. Zewski prétend qu'il y a également un promoteur américain sur les rangs. Tant mieux pour lui: il sera certainement en mesure avec autant de clients de dénicher un contrat avantageux.

Des joueurs dominants dans la LHJMQ tel que... (La Presse Canadienne) - image 2.0

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Des joueurs dominants dans la LHJMQ tel que Samuel Girard devrait se retrouver dans l'uniforme du Canadien plutôt que de Nashville.

La Presse Canadienne

Le Canadien a manqué le bateau!

Je fais partie de ceux qui dénoncent depuis des années la faible représentation de Québécois dans le vestiaire du Canadien. Vrai que c'est devenu un défi de recruter dans la Belle Province, il y en a beaucoup moins que par le passé qui réussissent à se frayer un chemin jusqu'à la grande ligue.

Mais le Canadien a l'air un peu fou quand il laisse passer des gars comme Anthony Beauvillier et Samuel Girard au repêchage, des gars qui dominent leur groupe d'âge depuis leur enfance autant par leur talent que par leur caractère et leur attitude.

Beauvillier était encore dans les gradins au domicile des Panthers quand Trevor Timmins a choisi Noah Juulsen à l'été 2015. En toute honnêteté, je ne connais pas beaucoup Juulsen. Mais je sais que l'an dernier, Beauvillier a fait Équipe Canada junior à 18 ans, et pas Juulsen. Quand on sait comment c'est difficile pour un Québécois de se tailler une place au sein de cette équipe, voilà un indicateur de qualité.

La deuxième manche a aussi été remportée facilement par Beauvillier, qui a forcé la main aux Islanders et qui affrontait le Canadien mercredi après avoir amassé cinq points en autant de matchs. Pendant ce temps, Juulsen connaît un bon début de saison... dans la WHL.

Il est bien tôt pour établir une comparaison entre ces deux joueurs, reste que Juulsen va devoir être très solide dans le futur s'il veut donner raison à Timmins de l'avoir préféré à Beauvillier. Aux dernières nouvelles, Beauvillier pourrait être invité très bientôt à quitter l'hôtel et à se trouver un vrai domicile à New York.

Quant à Girard, l'histoire qui circule, c'est que Timmins voulait le repêcher en deuxième ronde l'été dernier, mais que son patron a utilisé ses deux sélections pour plutôt se payer Andrew Shaw, un allumeur qui n'a jamais atteint les 40 points. C'est commode pour Timmins, comme scénario. Mais s'il est vrai qu'il voulait vraiment mettre la main sur la Tornade de Roberval, il aurait dû se montrer plus convaincant auprès de son patron.

À son premier camp avec les Predators, Girard a été l'un des derniers défenseurs retranchés. Il a été mis sous contrat après deux matchs préparatoires! Et il en train de défoncer la LHJMQ. Si Juulsen, à 19 ans, avec quatre buts et six passes en neuf matchs, montre de l'aplomb, on dit quoi d'un arrière de 18 ans qui a trois buts et 14 mentions d'aide au compteur en sept parties?

Quand, dans quelques mois ou quelques années, le débat sur les francophones chez le Canadien refera surface, il faudra se rappeler que Marc Bergevin et son country club ont levé le nez sur deux surdoués qui ont été développés à quelque 170 km du Centre Bell.

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