Au revoir, Bob Bissonnette

Bob Bissonnette... (Archives, La Voix de l'Est)

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Bob Bissonnette

Archives, La Voix de l'Est

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(Trois-Rivières) Le Québec est en deuil. Bob Bisonnette nous a quittés dimanche, laissant une tonne d'amateurs de sport dans le deuil.

Roberto, de son vrai nom, n'avait pas la renommée des grands artistes québécois. Bob, c'était le gars des régions, le gars qui se produisait dans les bars plutôt que dans les salles de spectacle. Le gars qui, plutôt que de jouer à la Place des arts, était bien heureux de chanter à la Brassette de Louiseville ou à l'Exposition agricole de Portneuf un vendredi soir.

En 2016, le monde a pleuré David Bowie et Prince. Et pourtant, c'est du Bob Bissonnette qui se retrouve dans les lecteurs MP3 de la majorité des Québécois, même si les grandes stations radiophoniques ont préféré l'ignorer.

Bien sûr, pour la plupart des gens, Bob Bissonnette, c'est synonyme de hockey, avec raison. Après tout, son répertoire contient des chansons comme Chris CheliosMettre du tape su' ma palette et Hanrahan.

Auparavant, c'était une carrière de hockeyeur qui l'a mené à Gatineau, Acadie-Bathurst, Trois-Rivières, Shawinigan et un peu partout au Québec et au Nouveau-Brunswick, promenant son bâton et ses poings.

Mais Bob, c'était aussi un des ambassadeurs du baseball au Québec. Dans la Vieille Capitale, ils sont des dizaines de milliers à l'avoir vu sur la terrasse avant les matchs au Stade municipal. Des dizaines de milliers à l'avoir vu chanter Sweet Caroline avec sa casquette des Yankees; le comble de l'ironie. Le tout accompagné de la chanson Game Over en hommage à Éric Gagné. On l'a même vu se produire sur le terrasse du Stade Fernand-Bédard avec une casquette des Aigles. Le couvre-chef bleu et jaune était rapidement revenu le lendemain, ou tout autre casquette des Ligues majeures. C'est sans compter le fait qu'il a été représentant pour la compagnie de bâtons de baseball B45.

Surtout, Bob Bissonnette était devenu actionnaire des Capitales l'hiver dernier. Ils ne sont pas nombreux, les joueurs de hockey qui ont partagé leur argent dans le baseball. Parions que les projets étaient nombreux dans sa tête.

Au-delà du sport, le Québec a surtout perdu une saprée bonne personne dimanche. J'ai rencontré Bob pour la première fois en 2011. J'étais alors étudiant et animateur à la radio universitaire CFOU à l'UQTR.

Vingt minutes et une performance musicale plus tard, il s'agit encore d'un des moments les plus plaisants de ma carrière. Depuis ce temps, nous nous sommes croisés souvent, en spectacle où il m'envoyait la main au travers de la foule, au hockey ou au baseball. Tu prenais toujours deux minutes pour me serrer la pince et jaser de tout et surtout de rien.

Dimanche, les Maxime Talbot, Martin Biron, Russell Martin, Josue Peley, Jean-Thomas Jobin et plusieurs autres personnalités ont rendu hommage à Bob Bissonnette. Mais surtout, beaucoup de Pierre-Jean-Jacques ont fait de même.

Roberto aura su capturer la passion des gens pour le hockey, le baseball ou la vie et la transmettre en musique. Le tout, avec cet immense et généreux sourire, toujours prêt à l'afficher sans se faire prier pour une photo avec un fan. Rarement aura-t-on vu une rockstar se comporter aussi peu en... rockstar.

Gorgée Bob, gorgée !

Michel Laplante s'accroche

Dans ce même hélicoptère qui a tragiquement pris la vie de Bob Bissonnette et du pilote Frédérick Décoste se trouvait aussi Michel Laplante. Fort heureusement, le PDG des Capitales devrait s'en tirer.

Je souhaite le plus rapide des rétablissements à Michel Laplante. Peu réalisent tout l'impact que l'ancien lanceur a pour le baseball au Québec.

Si les Aigles existent, c'est en partie par la faute de Laplante. Si les Champions d'Ottawa existent, c'est en partie par la faute de Laplante. Si le baseball connaît une recrudescence de popularité au Québec, c'est en partie par la faute de Laplante. Surtout, Michel Laplante partage les mêmes qualités que Bob: travaillant, passionné, leader et immensément sympathique.

Si l'ami Bob nous a donné sa dernière feinte dimanche avant d'accrocher ses patins, j'espère que Laplante ne fait qu'aiguiser ses patins... en vue de la prochaine manche.

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