La vraie compassion

CHRONIQUE / Alors Justin Trudeau s'est fait raccrocher au nez par le conjoint... (Archives, Le Soleil)

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CHRONIQUE / Alors Justin Trudeau s'est fait raccrocher au nez par le conjoint de Maude Carrier, l'une des victimes québécoises de l'attaque terroriste de Ouagadougou.

Le monsieur n'a pas aimé que le premier ministre lui débite sa «cassette» sur la fierté canadienne au moment de lui exprimer ses condoléances.

Il a carrément fermé la ligne au nez du premier ministre en lui demandant d'aller embrasser sa femme et ses enfants...

Ouch.

Il y a comme un retour de balancier dans cette histoire.

C'est ce même Justin Trudeau qui faisait la leçon à Stephen Harper en campagne électorale en lui reprochant son manque de sensibilité face au sort des migrants européens. «On ne découvre pas soudainement la compassion pendant une campagne électorale. Vous en avez ou vous n'en avez pas», clamait le chef libéral.

Cinq mois plus tard, c'est au tour de Justin Trudeau de se faire reprocher son manque de sympathie à l'endroit des familles éplorées par l'attaque au Burkina Faso.

Alors que le reste du monde est encore en pâmoison devant le «Kennedy canadien», ici au pays, on apprend à mieux connaître le nouveau premier ministre.

Plus jeune que Mulcair et Harper, Trudeau semblait parfaitement à son aise dans le cadre très contrôlé d'une campagne électorale, où l'image comptait plus que tout le reste.

Rappelez-vous comment Trudeau s'est tiré sans une égratignure du bourbier du niqab, dans lequel son adversaire Thomas Mulcair s'était enfoncé jusqu'au cou. Les deux hommes avaient pourtant la même opinion sur la question.

C'est une chose de trouver le ton juste dans le cadre d'une campagne électorale; c'en est une autre de réagir de manière appropriée, une fois premier ministre, aux imprévus de l'actualité internationale.

J'irais même plus loin en disant que c'est une chose de multiplier les séances d'égoportraits pour cultiver son image de politicien près du peuple.

C'en est une autre d'être près du peuple quand ça compte vraiment. Au moment d'offrir ses condoléances à une famille en deuil, par exemple.

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