C Series et Kruger: même démarche

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Le premier ministre Philippe Couillard lors de son passage chez Kruger.

Olivier Croteau

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est l'ampleur de l'investissement, 1,3 milliard $, de la part d'Investissement Québec dans le sauvetage de la C Series de Bombardier qui a frappé l'imagination et fait sursauter bien du monde.

En vertu de cette entente, le gouvernement du Québec détiendra 49,5 % des actions d'une nouvelle société en commandite dédiée au développement, à la commercialisation et à la construction des avions de la C Series. L'intervention du gouvernement a fait l'objet de beaucoup de critiques. En fait, il n'y aura que l'avenir pour déterminer si le risque de 1,3 milliard $ qu'il prend dans cette aventure était un coup fumant ou s'il a été d'une imprudence innommable avec l'argent des citoyens du Québec.

Il faut quand même savoir que si cela apparaît astronomique, le gouvernement ontarien et le gouvernement fédéral ont déjà investi 13,7 milliards $ dans l'industrie de l'automobile pour renflouer Chrysler et GM qui étaient en graves difficultés financières. La suite des choses a démontré que l'investissement, même aussi risqué qu'il était apparu, en valait le coup. L'Ontario a permis à son industrie de l'automobile de refaire surface et c'est des dizaines de milliers d'emplois qui ont été préservés, avec des salaires élevés sur lesquels les deux gouvernements prélèvent beaucoup d'impôt.

S'il y a un endroit où il serait assez indélicat et même ingrat de critiquer l'investissement de Québec dans Bombardier, c'est probablement à Trois-Rivières. Il y a à peine un mois et demi, le premier ministre Couillard débarquait à Trois-Rivières pour annoncer, avec en fond de décors une empilade de rouleaux de papier, un investissement de 190 millions $ dans l'usine pour la transformation de la machine à papier no 10 en machine à carton. Dans cet investissement, 106 millions $ ont constitué une prise de participation dans la société Emballages Kruger S.E.C. qui lui a valu de détenir 25 % des actions de cette société. Il faut dire que les actifs d'Emballages Kruger sont évalués à 600 millions $.

Investissement Québec a en même temps consenti un prêt de 84 millions $. Faut aider le placement.

Il s'agit forcément là d'un investissement risqué, comme avec la C Series, mais le potentiel de retour sur l'investissement demeure élevé. Entre-temps, cela a consolidé 230 emplois à l'usine de Trois-Rivières. Ce fut un grand soulagement pour beaucoup de travailleurs qui ont retrouvé une sécurité dans leur emploi.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement investit à Trois-Rivières avec Kruger. Il l'avait déjà fait en 2001, avec l'usine Wayagamack, qui venait d'être rachetée - le vrai mot serait rescapé - d'Abitibi-Consol qui voulait la fermer.

Pour soutenir un investissement de 300 millions $ afin de permettre la transformation de l'usine pour la production de papiers de qualité supérieure, Québec, par le biais d'une filiale de la Société générale de financement, avait pris une participation de 150 millions $. Cela lui avait valu de détenir 49,5 % de l'usine et de préserver les 475 emplois qui s'y trouvaient. On ne sait pas combien de profits a encaissé la SGF, aujourd'hui intégrée à Investissement Québec, depuis quatorze ans, mais l'usine roule toujours et des travailleurs y gagnent leur vie.

En entrant dans cette nouvelle société appelée Kruger-Wayagamack, le gouvernement avait évidemment accompagné sa démarche de quelques petits avantages, dont un prêt d'investissement Québec de 30 millions $ et d'une participation financière pouvant atteindre 45 millions $ avec le programme Inno-Pap, créé pour supporter les efforts de modernisation de l'industrie papetière. Tout cela assorti d'un approvisionnement garanti en bois de 125 000 mètres cubes.

En comptant diverses autres contributions que le gouvernement a pu faire au fil des ans, c'est près de 500 millions $ qui ont été versés en faveur des deux usines de Trois-Rivières. Nous les citoyens, on est aujourd'hui en grande partie propriétaires de ces usines. Quand on passe à proximité de l'une ou l'autre, on peut effectivement prétendre sans vanité que «c'est à Jos 2(Kruger) et à moi».

Si on voulait remonter plus loin, le gouvernement, de René Lévesque celui-là, avait aussi pris une participation de 25 % dans l'Aluminerie de Bécancour et avait réalisé quelques années plus tard, lors de la vente de sa part de 25 % dans l'usine, un fameux de beau profit.

On verra pour la suite des choses avec Bombardier, mais la C Series recèle un énorme potentiel de rendement, si on arrive à la commercialiser et à la vendre.

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