Des luttes serrées partout

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Pas moins de 1,2 million de personnes sont allées aux urnes lundi lors de la dernière des quatre journées du vote par anticipation.

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On a eu beau vivre la plus longue campagne électorale fédérale du dernier siècle, à deux jours du scrutin, l'issue de celle-ci demeure toujours imprévisible.

Les trois grands partis politiques susceptibles de former le gouvernement ont à tour de rôle occupé le sommet dans les intentions de vote et au Québec, même le Bloc québécois a réussi une remontée qui pourrait lui permettre de refaire surface sur le plan parlementaire. Ce qui ne fait qu'embrouiller les prédictions qu'on peut en faire.

S'il y a eu un ressac chez les néodémocrates, après être partis en force dans les sondages de début de campagne, rien ne dit qu'ils ne sont pas parvenus à stabiliser leur vote à un niveau encore prometteur. Dans les faits, s'il y a une vague qui se prépare en faveur de l'une ou l'autre des quatre formations politiques engagées au Québec dans une lutte à finir, elle ne va nous submerger que lundi soir.

Cela se répercute dans les quatre circonscriptions de la région où la lutte s'annonce très serrée partout, ce qui était loin d'être le cas en août, au moment du déclenchement des élections. Cela ressemble à une fin de course où l'on ne pourra déterminer le gagnant qu'au photo-finish. Il ne serait pas surprenant qu'il faille attendre le dépouillement des dernières boîtes de scrutin pour déterminer le gagnant dans certaines circonscriptions, si ce n'est dans tous.

Pour le mieux, si l'on veut faire des prédictions, on ne peut que s'en tenir aux «présumés» en avance tant l'incertitude demeure grande. Ainsi, dans Trois-Rivières, le néodémocrate Robert Aubin pourrait préserver son siège et il en serait de même pour Louis Plamondon, dans Bécancour-Nicolet-Saurel. On peut aussi concéder un mince avantage à la néodémocrate Ruth Ellen Brosseau, dans Berthier-Maskinongé ainsi qu'au libéral François-Philippe Champagne dans Saint-Maurice-Champlain. Mais...

Même si le repli dans les intentions de vote au NPD a été sévère au Québec, le député sortant Aubin, dans Trois-Rivières, disposait d'un certain coussin, car avec plus de 53 % des voix exprimées en sa faveur aux dernières élections, il avait fait 10 % de mieux que son parti. Il faudrait qu'il y ait un véritable effondrement du vote NPD pour qu'il soit terrassé. C'est peut-être cette assurance qui explique que son chef Thomas Mulcair n'ait pas jugé nécessaire de venir faire campagne dans la région.

Aubin est donc en mesure de résister, mais on a travaillé très fort dans les autres partis. Le candidat conservateur Dominic Therrien a mené une incroyable campagne de terrain, s'appuyant sur une organisation électorale franchement costaude. Il n'a pas manqué de bras. Il est certainement parvenu à dégager lui-même un bon courant de sympathie en sa faveur. En plus, son chef Stephen Harper est venu à deux reprises lui apporter son soutien, dont jeudi, ce qui envoyait comme message qu'au PCC, on croyait en ses possibilités d'arracher le comté. Mais son chef n'est pas allé jusqu'à prendre l'engagement ferme de venir en aide financièrement aux sinistrés de la pyrrhotite. Une strike contre lui.

Le libéral Yvon Boivin est entré affaibli, pour des raisons de santé, dans la campagne, en plus d'être confronté à une organisation libérale locale qui a volé en éclats avec l'annonce de sa candidature. Il avait par contre moins besoin de se faire connaître des électeurs en raison du rôle actif qu'il a joué ces dernières années à la Coalition pour les victimes de la pyrrhotite. C'est un homme que l'on peut qualifier «d'avantageusement connu». Il héritait cependant d'une circonscription où les libéraux ont été marginalisés lors des dernières élections. Il a reçu au moins une visite de son chef Justin Trudeau. Il pourrait surtout profiter de la poussée libérale apparue dans les derniers sondages, pas seulement en Ontario, mais aussi au Québec, au point d'égaler le NPD. La perspective devenue plus que probable que son parti soit celui qui remporte le plus de sièges dans l'ensemble canadien n'est pas non plus pour lui nuire.

Un momentum qui pourrait aussi profiter au libéral Champagne, dans Saint-Maurice-Champlain. Si on oublie le règne particulier de Jean Chrétien, on ne peut pas dire qu'il existe un fond libéral fédéral très fort dans cette circonscription. Par contre, François-Philippe Champagne s'est activé très fortement sur le terrain depuis près de deux ans. Issu d'une famille industrielle très connue dans la place, il a aussi structuré une puissante machine électorale en plus d'être considéré comme une vedette nationale dans son parti. Mais en même temps, il n'a pas semblé dominant dans les sondages, qui ont placé tour à tour le néodémocrate Jean-Yves Tremblay et la bloquiste Sacki Carignan Deschamps en position de remporter le comté. La lutte devrait y être très vive lundi soir.

Comme elle le serait aussi devenue dans Berthier-Maskinongé, entre la députée sortante Ruth Ellen Brosseau, Yves Perron du Bloc québécois et, maintenant, le libéral Pierre Destrempes. Là comme ailleurs, les conservateurs semblent toujours tirer de l'arrière, mais ils ne sont jamais déclassés. Il leur faudrait cependant une bonne prime à l'urne, venant des électeurs discrets, pour aspirer à l'emporter. À son avantage, la députée Brosseau, cette parfaite inconnue de 2011, jouit aujourd'hui de beaucoup de respect dans sa circonscription compte tenu de sa présence sur le terrain et du travail qu'elle a abattu en tant que députée.

La meilleure certitude de victoire - et encore là elle est loin d'être totale - vient du bloquiste Louis Plamondon, dans Bécancour-Nicolet-Saurel, Déjà doyen de la Chambre des communes, il en serait alors à son dixième mandat comme député. C'est la glissade du vote néodémocrate qui l'a remis en selle car au moins jusqu'à la mi-septembre, il était fortement menacé par Nicolas Tabah. Certes, le libéral Claude Carpentier peut maintenant entretenir quelque espoir, mais pour que cela se concrétise, il faudrait qu'il y ait une lame de fond libérale au Québec. On n'en est quand même pas là.

À l'instar de l'issue nationale du vote de lundi comme pour les résultats électoraux au Québec, tout peut arriver dans les quatre circonscriptions de la région, car les luttes y sont souvent à trois, parfois à quatre. C'est un suspense électoral vraiment inédit.

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