Six minutes d'excuses

Marcel Aubut a fait une première déclaration publique,... (Photo André Pichette, La Presse)

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Marcel Aubut a fait une première déclaration publique, vendredi, depuis que des allégations de harcèlement sexuel ont mené à sa démission de la présidence du Comité olympique canadien.

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Je ne crois pas aux excuses qui viennent trop vite. Les excuses doivent venir à la toute fin, quand on a pris conscience du mal qu'on a fait à l'autre, et qu'on le regrette sincèrement. Forcément, ça prend du temps et de la réflexion pour en arriver là.

Alors quand Marcel Aubut dit qu'il s'excuse, je ne le crois pas une minute. «En 45 ans de vie professionnelle, j'ai toujours vécu à 200km/h, et ce, sans arrêt. Jamais je ne me suis posé de questions sur mon comportement en société», a-t-il déclaré hier.

Pour moi, il est là, le hic.

L'ancien président du comité olympique canadien me semble plus ébranlé par l'obligation de ralentir son train de vie olympique et sa carrière florissante que par son comportement passé à l'endroit des personnes qu'il a blessées. D'ailleurs, il n'a pas employé le mot «femme» dans son laïus malgré les allégations de harcèlement sexuel.

Alors non, ça ne sonne pas exactement comme des excuses sincères. Ça ressemble plus à une opération de relations publiques savamment orchestrée. Six minutes au lutrin et puis tu t'en vas, sans répondre aux questions des journalistes. Tant qu'à faire, il aurait pu envoyer un communiqué.

S'il tenait tant à s'excuser, Marcel Aubut n'avait pas besoin de convoquer une conférence de presse. Des excuses sincères et véritables, ça se fait en privé. Il faut être au moins deux. Une personne qui fait ses excuses et l'autre qui les reçoit. Faire de véritables excuses, c'est être capable, après avoir demandé pardon à l'autre, de le regarder en face et d'encaisser la réponse qu'il va nous servir. On le sait tous pour l'avoir vécu un jour ou l'autre, cette réponse-là n'est pas toujours facile à avaler. Il faut passer par là pour devenir «une meilleure personne», comme dit Marcel Aubut.

S'excuser pour vrai, ça demande une sacrée dose de courage.

Et une sacrée dose d'humilité. Pour un homme de pouvoir comme Marcel Aubut, je soupçonne que ce doit être difficile. Pas mal plus, en tout cas, que de lire un discours devant les caméras avant de tourner les talons sans répondre à la moindre question.

Tout le monde a le droit à une seconde chance. Marcel Aubut aussi.

Mais il lui faudra plus qu'un air contrit et des promesses d'introspection pour convaincre de sa sincérité les femmes qui avaient développé une «alerte Marcel» pour se protéger de ses commentaires disgracieux et de ses becs mouillés.

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