Chronique

Chocolat noir, thé vert, poivre rose

Comment résister?... (Photo: Stéphane Lessard)

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Comment résister?

Photo: Stéphane Lessard

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François Houde
Le Nouvelliste

Les circonstances qui ont mené à l'association du chocolat avec la Saint-Valentin demeurent floues. Cupidon aurait rencontré Laura Secord dans une compétition de tir à l'arc un 14 février.

Ils se sont immédiatement aimés mais comme Cupidon était toujours sur la route pour sa business de coups de foudre, Laura s'est mise à fabriquer des coeurs en chocolat pour tromper son ennui et à les manger pour tromper sa libido. C'était avant 50 nuances de Grey.

En 2012, au Canada, on a vendu pour environ 100 millions de dollars de chocolat pour la Saint-Valentin. Véniel fines gourmandises fait sa part. La broue dans le toupet de la proprio, lundi, parlait d'elle-même. Mais pour discuter chocolat, Jocelyne Grondines était prête à tout laisser en plan.

Chez Véniel, la Saint-Valentin, c'est gros. Le Super Bowl du chocolat, admettons-le, c'est Pâques, mais la Saint-Valentin, c'est au moins la Coupe Grey. Il n'y a rien de mal à terminer deuxième, d'accord?

En début de semaine, ce sont surtout des femmes qui magasinent leurs valentines gâteries. Aujourd'hui, jour de fête, ce seront des hommes. Les madames élaborent un assortiment personnalisé en fonction des saveurs. Les monsieurs arrivent avec un prix à payer et une aveugle confiance dans la conseillère en cacao. La Saint-Valentin ne changera jamais qu'ils viennent de Mars et les femmes, de Vénus.

Là où ils se rencontrent, c'est dans le raffinement. Madame broue-dans-le-toupet a vu sa clientèle évoluer avec les années. Le chocolat est plus noir, les saveurs demandées plus exotiques, les produits plus fins. Les gros vendeurs? Le chocolat au poivre rose et l'autre au thé vert. La Caramilk n'est plus dans le coup.

Ce qui est bien avec ma Madame cacao, c'est qu'elle n'est pas raciste: chocolat noir, blanc ou au lait, pour elle, c'est tout bon. Le chocolat, c'est d'abord affaire de matière première. Après bien des flirts, c'est un Belge qui a gagné son coeur. Et pour soigner ses inévitables rages de chocolat, pour elle, rien ne vaut le noir à 70 %.

D'accord, il y a la matière première, mais aussi la chocolatière. Si le chocolat n'est pas fait avec amour, ça ne vaut pas la peine. Allez vendre des rouleaux Schtickys ou des thermopompes. Il faut de l'instinct, de l'âme, pour faire du bon chocolat. Ça part de la technique, évidemment.

Rigoureuse, implacable, la technique, mais il faut aller au-delà. Sentir, dans la confection, quand la matière première est mûre pour l'étape suivante, que la température est parfaite, l'onctuosité, optimale. Les machines ne disent pas tout. «C'est capricieux, le chocolat», résume la chocolatière dans un sourire plein de sous-entendus.

Consciencieux jusqu'au bout des papilles, j'ai dégusté.

Je précise en partant que je n'aime pas le poivre. Quel moléculaire phénomène s'est produit pour que je craque pour le chocolat au poivre rose? Le petit piquant des grains dans lesquels on croque et qui vient donner un coup de pied au derrière du chocolat qui paresse sur la langue: ouch! j'ai adoré. Mariage incongru au premier abord mais très réussi. Comme celui de René Angélil avec cette obscure chanteuse pop dont j'oublie le nom.

Celui au thé vert est un peu moins spectaculaire mais onctueux à plein et ça bourdonne d'antioxydants là-dedans: chaque bouchée rallonge votre espérance de vie d'une minute ou deux. Il y a celui au gingembre qui ferait sourire même un dirigeant politique chinois.

Et que dire de celui au grain de café, dans le top deux de mon classement. Quand on atteint le grain de caoua, alors que le chocolat noir se liquéfie langoureusement sous le palais, ça vous crounche une détonation de torréfaction dans la bouche, mes amis. Appelez la police!

Malgré ses indicibles douceurs, l'amour n'est pas un long fleuve tranquille. «Oh! il y a parfois de mes clients qui avouent m'avoir trompée, être allés voir ailleurs, sourit ma chocolatière. Mais s'ils viennent me l'avouer, c'est parce qu'ils sont revenus. Comment pourrais-je leur en vouloir?»

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