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Serge Croteau, de Val-Alain, en était hier à... (Photo: Stéphane Lessard)

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Serge Croteau, de Val-Alain, en était hier à sa première expérience de pêche blanche sur le lac Saint-Pierre.

Photo: Stéphane Lessard

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À louer, à la journée, joli studio. Intérieur rustique. Situé sur un magnifique terrain classé Réserve mondiale de la biosphère par l'UNESCO. Vue imprenable sur le lac Saint-Pierre dans toutes les directions. Chauffé. Nourriture fournie si vous pêchez comme du monde. Toilettes communes. Les voisins sont nombreux au sous-sol mais silencieux. Contactez le Centre de pêche le Martin Pêcheur, à Yamachiche.

C'est le temps de réserver: la glace est plus épaisse qu'une chanson de Normand L'Amour, ça mord et les brochets s'en viennent. C'est que je me suis laissé dire que les brochets perdent leurs dents au début de l'hiver mais qu'elles sont en train de repousser et qu'en février, ils vont se remettre à mordre comme un pitbull dans un mollet de facteur. Dois-je le croire? Je ne sais pas mais j'aime l'idée que l'eau soit si froide que des poissons en perdent leurs dents. Pour l'instant, donc, les brochets se contenteraient de manger mou: privilégiez les cubes de Jell-O comme appâts.

Pour votre information, la fin d'avant-midi, c'est l'heure de la perchaude et du brochet. Tôt le matin et tard en après-midi, ce sont les shifts du doré. Un groupe de quatre joyeux lurons trifluviens ont sorti deux perchaudes pendant que je discutais ressources halieutiques avec eux. Dodues, les deux petites gueuses, qui ont, bien sûr, immédiatement repris le chemin des profondeurs.

Le leader de la bande des quatre a refusé de me dévoiler son nom mais douillettement blotti dans son anonymat, il m'a affirmé qu'il se prend nettement moins de perchaudes depuis quelques années. Par contre, cet hiver, elles sont particulièrement grosses. Preuves à l'hameçon. «Il y a quelques années, on pouvait prendre jusqu'à 125 perchaudes dans une journée», m'a affirmé anonymement l'informateur secret au nom inconnu.

Plus courageux, Paul Landry, de Trois-Rivières, s'est identifié. Vingt-neuf ans de pêche blanche au même endroit l'amène au même constat: moins nombreuses, mais plus grosses, les perchaudes modèle 2013. Je n'en dirai pas plus sur cet épineux dossier. Je préfère les histoires de pêche aux débats scientifiques.

Son plus gros brochet en carrière, Paul Landry ne peut même pas en estimer la longueur parce qu'il n'a jamais pu le sortir de l'eau: il ne passait pas dans le trou qui, mine de rien, a une trentaine de centimètres de diamètre. Il a simplement coupé le fil. Histoire de pêche tant que vous voudrez, moi, je le crois: le monsieur a une tête d'honnête homme et il est de fort agréable compagnie. Si vous pêchez un brochet avec un hameçon et un fil qui lui sort de la gueule, ce n'est pas un accident de soie dentaire et vous seriez gentil de le rapporter à M. Landry.

Entre vous et moi, vous ne risquez rien: il vous le laissera, votre brochet, parce qu'il ne mange pas de poisson. Il aime la pêche, c'est tout. Au point de cultiver ses propres menés dans un gros aquarium, à la maison, c'est vous dire.

Un autre passionné avec lequel il a fait bon discuter, c'est Serge Croteau, de Val-Alain. Un mordu, M. Croteau. Le genre à avoir son chalet à Forestville pour un voyage annuel à la truite mouchetée ou à s'organiser des excursions à la Baie James pour trouver des bêtes marines dignes de sa canne. La pêche blanche sur le lac Saint-Pierre, c'était une première.

Après quelque temps de minutieuse observation de ses brimbales, il n'avait toujours au compteur qu'une loche. Vingt pouces, quand même, mais une loche. C'est laid, une loche. Il me semble qu'on pourrait faire un petit effort pour les visiteurs et leur réserver quelques beaux gros dorés bien en chair. L'amabilité, ça n'a jamais tué personne. Je dis ça mais probablement que la brunante l'a comblé de ses bienfaits.

Dans le pire des cas, il a le temps de revenir: à moins que les Mayas aient calculé comme le ministère des Finances quand vient le temps de prédire le déficit du pays et que la fin du monde arrive un mois ou deux plus tard que prévu, la pêche blanche ne se terminera qu'à la mi-mars. Quand les brochets auront des dents.

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