Le père Noël et moi

Le type en compagnie de François Houde, c'est... (Émilie O'Connor)

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Le type en compagnie de François Houde, c'est le père Noël.

Émilie O'Connor

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) J'avais, en poche, ma liste avec tout ce que je veux pour Noël: la paix dans le monde, la fin des disparités entre les pauvres et les riches, la fin du lock-out dans la LNH...

«Veux-tu te présenter au concours de Miss Univers?», m'a demandé le père Noël en rigolant. J'ai dit non et je lui ai conseillé de faire changer la puissance des verres dans ses lunettes.

Non, c'est pas vrai. Je n'ai rien demandé au père Noël. D'accord, je me suis assis sur ses genoux mais comme il y avait un embouteillage de petits qui attendaient pour le voir au centre commercial Les Rivières, je me suis seulement fait photographier puis j'ai quitté le royaume. Au moins 250 000, ils étaient, les petits. Aussitôt ma photo prise avec le barbu, ils se sont mis à me lancer leurs bottes de Ski-Doo et tout ce qu'ils avaient sous la main pour que je leur cède la place. Même que la plupart me huaient avec véhémence. En regardant bien, j'ai vu qu'en réalité, il s'agissait de parents qui m'avaient reconnu et qui me donnaient leur appréciation de mes textes dans le journal.

Je m'en fous: le père Noël et moi, on est «buddy buddy». D'abord, il est super fin. Notez, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi détestable que Denise Bombardier mais quand même, il était particulièrement gentil. Et beau comme tout, aussi. Sans botox, sans chirurgie: une beauté naturelle. Comme Michèle Richard, quoi. Il partage aussi avec la chanteuse un goût pour les décors chargés, un peu criards ainsi qu'une certaine démesure.

Aux Rivières, il est installé dans un cadre grandiose, avec des dorures, des gros sapins, un trône majestueux et des éléments mobiles un peu partout. Pensez à la scène d'un spectacle de Madonna. Seulement, au lieu d'être entouré des danseurs à moitié nus, ici, ce sont des jouets qui tournent autour de la scène comme autant de judicieuses propositions, des fois que certains parents manqueraient d'inspiration. Ça arrive, il paraît.

Malgré son âge, il a encore énormément de succès auprès des jeunes, le rougeaud. En plus de provoquer une congestion de circulation monstre au milieu du mail, hier, il était plus sollicité qu'un entrepreneur en construction dans un congrès de parti politique municipal. Il est conseillé de s'y prendre à l'avance auprès de la responsable de son agenda pour le rencontrer. Et je rappelle qu'on est à plus d'un mois de la fête. J'ai entendu hier des parents s'inscrire pour le 7 décembre. Je n'ai pas bien saisi de quelle année.

Comprenez-moi bien: je ne dis pas qu'on ne peut pas trouver un trou quelque part dans son carnet de rendez-vous de la journée. Ce n'est pas un médecin de famille, quand même.

Quand j'étais petit, si je me souviens bien, le père Noël s'arrêtait chez Dupuis, rue Notre-Dame, et l'équipe se résumait à une fée des étoiles. Même que c'est probablement elle qui prenait la photo avec un Polaroid. Aujourd'hui, autour du photographe, il y a des ordinateurs, des gens pour les faire fonctionner, des écrans, des imprimantes, des flashes avec parapluies pour peaufiner l'éclairage ambiant, une responsable d'agenda et une madame lutin qui fait rigoler les tout-petits qui ont encore une face de beu après avoir reçu une canne en bonbon et un toutou. Les photos, forcément impeccables, sortent imprimées dans un album couleurs en quelques minutes.

Je ne veux même pas savoir combien ça coûte: je cherche encore l'être humain qui peut éviter de se liquéfier en voyant l'expression faciale de certains petits sur les genoux du vieux bonhomme. À part Denise Bombardier, évidemment.

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