Douglas Blanchet, copropriétaire avec son épouse, Monique Deshaies, du Motel Des Haies situé sur l'avenue Nicolas-Perrot dans le périmètre urbain du secteur de Bécancour, s'est présenté en assemblée publique du conseil municipal, lundi soir, au nom de ces établissements et, après avoir longuement expliqué de vive voix sa requête, il a déposé sur la table des élus municipaux, une pétition dans laquelle il réclame l'assainissement de la situation de l'hôtellerie sur le territoire municipal.
Selon le requérant, il existe actuellement beaucoup de bâtiments qui offrent des services d'hébergement dans la Ville de Bécancour. Or il évalue à seulement 10% le nombre de ceux dont les propriétaires détiennent les permis obligatoires pour accueillir des touristes ou des travailleurs provenant de l'extérieur.
Il existe, à son avis, une dizaine d'établissements tout au plus qui offrent des services d'hôtellerie ou d'hébergement sur le territoire de la ville de Bécancour et qui détiennent les permis pour le faire. Il ajoute que de ce nombre, cinq l'appuient officiellement dans sa démarche. Et il identifie l'Auberge Godefroy, l'Hôtel-Motel le 55 à Saint-Grégoire, le Motel La place du Golf à Gentilly, le Manoir Bécancourt à Bécancour, et le gîte Regard sur le Fleuve à Saint-Grégoire.
M. Blanchet dénonce le fait que ceux qui offrent des services d'hébergement illégaux le font à des prix dérisoires et se trouvent ainsi à nuire financièrement aux gens d'affaires qui ont investi temps et argent pour faire fonctionner leur entreprise d'hôtellerie. Lui-même a fait construire, en 2007, un motel comprenant 12 chambres et il ne cache pas que si les choses allaient parfaitement bien, côté financier, il n'aurait pas eu besoin de prendre l'initiative de cette démarche pour faire en sorte que les choses changent.
«En bon français, a-t-il confié au Nouvelliste, je me botte le derrière pour aller chercher les clients. Et il faut que j'aille les chercher là où ils sont. Et une des situations qui m'a amené à entreprendre cette démarche, c'est que les clients me glissent entre les doigts. Ils sont ici, ils m'appellent mais ils sont interceptés par toutes sortes d'annonces au niveau de l'offre d'hébergement au noir qui existent aux alentours. Ces gens-là chargent moins cher parce qu'ils ne paient pas les taxes et permis. Et ça, ça me vide!»
Selon M. Blanchet, ceux qui offrent des services d'hébergement légalement possèdent tous les permis obligatoires et acquittent leurs taxes (TPS, TVQ, taxe d'affaires) et charges fiscales. Il considère donc que ceux qui offrent les mêmes services illégalement leur créent une concurrence déloyale. Or ce qu'il trouve particulièrement frustrant, c'est de voir ceux qui offrent les mêmes services de façon illégale, s'afficher librement dans tous les commerces et entreprises du territoire.
L'auteur de la pétition demande donc à la Ville de Bécancour d'inviter toutes ces personnes qui exploitent un lieu d'hébergement illégal à se procurer un permis d'exploitation d'hôtellerie et à acquitter leurs taxes tel que prévu dans la loi. Il suggère aussi à la Ville de faire un travail de sensibilisation dans le sens de la requête et d'entreprendre même une démarche officielle pour inciter toutes les entreprises qui accueillent de la main-d'oeuvre provenant de l'extérieur en leur accordant des frais de subsistance, de le faire en les dirigeant vers des établissements légaux qui émettent des factures détaillées.
Le maire de Bécancour, Maurice Richard, a indiqué que c'était la première fois qu'il entendait parler de cette problématique sur le territoire de la ville. «On va faire nos vérifications et on va vous revenir avec le fruit de nos réflexions», a-t-il réagi.