Ces Britanniques qui nous ont conquis

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Du 18 août au 9 setptembre, le Britishow: le roadtrip musical prendra place à la salle Thompson les vendredis et samedis. Le directeur artistique Mike Gauthier, quatrième à partir de la gauche, est accompagné des quatre interprètes: Philippe Berghella, Renée Wilkin, Pascal Dufour et Yvan Pedneault.

François Gervais

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'été britannique de la salle Thompson prendra la forme d'un voyage musical en huit représentations les vendredis et samedis à partir du 18 août et jusqu'au 9 septembre. L'itinéraire du Britishow: le roadtrip musical couvrira la longue et florissante période de création qui s'étale de 1960 à 2015 au Royaume-Uni.

C'est à un intense et ludique exercice d'évocation que les spectateurs sont conviés pour chaque représentation d'environ 90 minutes à travers pas moins de 112 chansons. Nul besoin d'un calcul arithmétique pour comprendre qu'on n'interprétera pas les chansons dans leur intégralité; 85 % des titres sont présentés dans des pots-pourris qu'on identifie sous une multitude de thèmes.

L'idée même de ce nouveau spectacle s'est précisée lors de la présentation d'un autre voyage du même type: l'American Story Show qui a enflammé la salle Thompson au cours des deux derniers étés. «Dès la première du American Story Show à Montréal en 2015, entre nous, on parlait déjà du Britishow, relate Mike Gauthier, directeur artistique des deux revues musicales. Ça apparaissait comme une évidence qu'il nous fallait aussi faire un tour d'horizon du répertoire britannique. C'est donc ce qu'on fait et dans pas mal tous les styles.»

Gauthier se fait d'ailleurs une fierté d'avoir résolu un des écueils majeurs qui s'est dressé devant lui jusque dans les derniers mois: comment arriver à incorporer l'incontournable rock progressif avec ses longues chansons concepts caractéristiques et qui est si cher au public québécois? «On y est arrivé! jubilait-il en entrevue. Dans un medley de 7 minutes, on retrouvera du Emerson, Lake and Palmer, Jethro Tull, Yes et Supertramp. On savait qu'on ne pouvait pas passer à côté. D'ailleurs, le nom donné à ce tableau-là est ''Les amis du Québec''. Ça en dit beaucoup sur l'affection que les Québécois ont pour ce courant musical.»

Plus que les sentiers battus

Impossible, à l'entendre en discuter à foison, de ne pas convenir que Mike Gauthier a une connaissance encyclopédique de la musique contemporaine en provenance de la douce Albion. La chose marque le contenu même du spectacle qui ne se veut pas un simple défilement des plus grands succès qu'on doit aux Britanniques. On a fouillé un peu plus loin. «On s'était donné comme mandat de sortir un peu des sentiers battus pour éviter une formule un peu trop convenue. On veut réserver des surprises aux gens: ça fait partie du plaisir d'aller voir un spectacle comme celui-là. Bien sûr, on retrouve bon nombre d'incontournables mais aussi des chansons un peu moins connues que les gens vont quand même reconnaître. Ça montre à quel point la musique britannique a fait partie de notre vie à tous. Dès les premières notes, les gens vont reconnaître ces chansons moins évidentes et seront peut-être même surpris d'apprendre que c'est à tel artiste ou à tel groupe qu'on la doit.»

«Même dans le petit medley réservé aux incontournables Beatles, on n'a pas choisi She loves You ou I Wanna Hold your Hand, ajoute Yvan Pedneault, un des chanteurs du Britishow. On y va avec Ticket to Ride que tout le monde connaît aussi mais qui ne nous vient pas automatiquement en tête. Je trouve ça plus intéressant ainsi.»

«Ça fait 38 ans que je présente de la musique à la radio dont une année ici, à CJTR en 1982, raconte Mike Gauthier. Je sais qu'un paquet de chansons n'apparaissent pas en tête de liste d'une recherche Internet sur un artiste quelconque parce qu'elles n'ont pas forcément marché en Amérique du Nord. Ce qui ne veut pas dire qu'elles n'ont pas marché au Québec et ce sont celles-là que nous, nous avons conservées. La chanson Stop de Sam Brown en est un bel exemple. Aussi, Jethro Tull n'a pratiquement jamais été dans le Top 40 sauf pour Bungle in the Jungle mais ils ont énormément de fans ici. On a pris une autre chanson et je sais que les gens vont faire ''Wow! On ne s'en rappelait plus!''.»

Support visuel

On l'a dit, le American Story Show a servi de canevas pour élaborer ce spectacle-ci. Forts de cette expérience, les concepteurs ont conservé le principe du constant support visuel sur écran géant mais pas sous la forme des documents historiques qui caractérisaient le spectacle antérieur. «C'est Kim Richardson qui m'a fait remarquer que le public avait les yeux rivés sur l'écran géant pendant l'American Story Show et que les interprètes avaient l'impression de n'être qu'une trame sonore.» On maintient donc les références visuelles mais elles sont moins denses en informations. Chaque chanson sera identifiée sur l'écran comme les thèmes exploités mais sans monopoliser l'attention du public.

Il reste que le travail de recherche a été fait de façon rigoureuse et c'est la raison pour laquelle on n'entendra aucune des chansons de U2 qui seront pourtant attendues de plusieurs. «U2 est un groupe irlandais et non pas britannique! Bien sûr, on a pensé à les inclure mais je suis pointilleux et je voulais rester fidèle au concept. À quel point pointilleux? J'ai trouvé une Anglaise d'origine pour enregistrer certains commentaires pour qu'elle nous les présente avec l'accent juste.»

Le Britishow ne se veut en rien pédagogique mais le directeur artistique croit que la plupart des spectateurs, et même certains fans invétérés, y apprendront des choses. Cela dit, s'ils ne faisaient que danser comme des fous sur la musique, il n'en serait pas moins satisfait.

Le directeur artistique Mike Gauthier, à l'extrême gauche,... (François Gervais) - image 4.0

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Le directeur artistique Mike Gauthier, à l'extrême gauche, est ici accompagné des quatre interprètes du Britishow: le roadtrip musical. Ce sont, de gauche à droite: Philippe Berghella, Renée Wilkin, Pascal Dufour et Yvan Pedneault.-

François Gervais

Faire lever la salle

Concevoir une revue musicale est une chose, mais celle-ci ne prendra toujours son sens qu'en présence de ses interprètes. Renée Wilkin, Yvan Pedneault, Philippe Berghella et Pascal Dufour, qui partage son temps entre la guitare et le micro, donnent vie et âme à la musique britannique dans le Britishow: le roadtrip musical.

Or, ils clament tous avoir été profondément marqués par cette musique dans leur jeunesse. «Ce n'est pas compliqué: cette musique est tout simplement la raison pour laquelle je suis musicien aujourd'hui, insiste Pascal Dufour. Tout ce que j'écoutais, c'était Led Zeppelin, les Stones, les Beatles, etc. C'est ça qui m'a poussé à m'acheter une guitare et à apprendre la musique.»

«Cat Stevens et Radiohead ont été d'énormes influences dans ma vie, indique Philippe Berghella, nouvellement arrivé au sein du quatuor d'interprètes quand Marc-André Fortin s'est vu forcé de laisser tomber à cause d'autres engagements. Moi, c'est sur les chansons de Cat Stevens que j'ai appris la guitare.» 

Déjà, à la lumière de ces propos, se profile une difficulté inhérente à l'exercice: comment interpréter les chansons d'idoles qui ont eu un impact majeur dans notre vie tout en restant soi-même? «Il faut trouver la ligne, celle qui nous assure de rester fidèle à l'essence de la chanson originale tout en n'imitant pas, en gardant sa personnalité propre. C'est le résultat de beaucoup de travail», résume Pascal Dufour.

«Il faut s'approprier les chansons parce que c'est ça notre métier, plaide Renée Wilkin. Je veux évidemment que les gens pensent à la chanson originale en m'entendant, mais en trouvant la façon de rester moi-même. C'est d'autant plus difficile qu'on chante des chansons de plein d'interprètes différents. Dans mon cas, ça se joue beaucoup dans le timbre de la voix.»

«En même temps, ajoute Yvan Pedneault, comment chanter une chanson de David Bowie sans se rapprocher de sa façon unique de l'interpréter? On s'est aperçu que les Britanniques ont cette caractéristique d'être tous très originaux, parfois de façon subtile dans les inflexions de voix ou la rythmique mais ils ont tous un caractère qui leur est propre.»

«Ça m'a fait redécouvrir certaines chansons en apparence simple, dit Pascal Dufour. Comme Peace Train, de Cat Stevens, dans laquelle il n'est jamais complètement synchro avec la rythmique de base: toujours un peu en avance ou décalé. C'est son style à lui. C'est quand on doit l'interpréter qu'on s'en aperçoit et ça ajoute beaucoup à la difficulté. Mais c'est un beau défi musical.»

«En répétition, on savait qu'on possédait les chansons, indique Renée Wilkin, mais ce n'est que lors du spectacle devant public qu'on peut savoir si tout est vraiment en place. Sur scène, on les sent, ces réactions; on en a besoin. On a tous été très rassurés lors de la première à Sainte-Thérèse. Dès la huitième chanson, les gens étaient debout. À Trois-Rivières, notre défi, c'est que les gens se lèvent dès la deuxième!».




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