La touche trifluvienne de Stone

Rémi Francoeur et Samantha Bérubé... (Stéphane Lessard)

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Rémi Francoeur et Samantha Bérubé

Stéphane Lessard

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Depuis le tout premier spectacle de la série Hommages que le Cirque du Soleil a créé à Trois-Rivières, les concepteurs ont voulu donner aux productions une touche trifluvienne. Dans les deux premiers, la volonté était officielle et manifeste avec la présence d'artistes et organisations d'ici. Cette année, elle est un peu plus discrète mais bel et bien là par la participation de deux comédiens locaux qui se sont immiscés parmi les personnages de Stone.

Samantha Bérubé et Rémi Francoeur font partie de la galerie de six personnages qui entourent acrobates et danseurs que le spectacle met en vedette. La première incarne un personnage androgyne qui représente un des alter ego du maestro qui mène le spectacle par sa recherche de la voix parfaite. «Chaque maestro s'est fait attribuer un caractère particulier et moi, je fais la p'tite baveuse androgyne qui est à la recherche de la note parfaite. Et elle est très difficile à satisfaire.» Le second prend la forme de la version vivante de Zoltar, ce diseur de bonne aventure mécanique niché dans une vitrine qu'on retrouve dans certaines fêtes foraines et que le film Big, avec Tom Hanks, avait fait connaître il y a quelques décennies. 

Deux personnages iconiques ou imaginaires, sortis des cerveaux étrangement connectés des créateurs artistiques du Cirque, donc. Ils constituent le premier contact des spectateurs avec l'univers de Stone puisqu'ils assurent l'animation à l'arrivée du public sur l'esplanade de l'Amphithéâtre Cogeco les soirs de spectacle en plus faire partie intégrante de la représentation, sur scène, dans un numéro humoristique dont on laisse la surprise à ceux qui ne l'ont pas vu.

Hors de l'ordinaire

Pour les spectateurs, le Cirque du Soleil représente une entreprise quasiment mythique. Quand on bosse avec eux, la vision change-t-elle? «C'est assurément une organisation hors de l'ordinaire, clame d'emblée Rémi Francoeur. C'est un honneur incroyable que de travailler avec eux mais il faut avouer que ça vient avec une certaine pression. Pas question de se planter ou de faire les choses à peu près!»

«Le seul nom de Cirque du Soleil est accompagné d'un immense prestige, plaide Samantha. Mais quand arrive le moment de travailler à l'intérieur de pareille organisation, tu as forcément le goût de te dépasser pour être à la hauteur de cette réputation. Faire partie du spectacle est quelque chose d'inimaginable. Je peux dire cependant que je me sens à la hauteur dans ma performance mais ce qui m'étonne, c'est que tous les gens avec qui on travaille nous font sentir qu'ils aiment ce qu'on fait.»

«J'avoue, poursuit-elle, que j'avais une petite appréhension en abordant ce défi. Je me disais que j'arriverais dans un monde un peu corporate avec des échelons, une lourde hiérarchie mais ce n'est pas du tout le cas. Les gens sont tellement humains, ça n'a pas de sens! Les gens sont constamment souriants, gentils, sympathiques; chacun a totalement confiance en l'autre. On a l'impression d'entrer dans une fratrie professionnelle très conviviale. Moi, je ne me suis jamais sentie stressée. On ne m'a jamais imposé une pression particulière. J'ai ressenti de la fébrilité, bien sûr, mais jamais les gens autour de nous ne nous ont fait sentir de pression. Tout le monde est extrêmement professionnel.»

Les comédiens expliquent cette atmosphère sereine par le professionnalisme qui émane de toute l'organisation. «La compétence de tout le monde est telle qu'on a vraiment l'impression que chaque élément de l'échiquier est là, bien à sa place, et qu'il n'y a nulle part de maillon faible, propose Rémi comme explication. Personne ne stresse à se demander si son voisin va bien faire son travail. On n'a qu'à se concentrer que sur notre propre performance.»

Les gens qui ont vu le spectacle ont sans doute été happés par l'univers onirique difficilement descriptible que les créateurs ont mis sur pied. Les deux comédiens trifluviens n'ont pourtant pas été surpris de la forme, pourtant aussi éclatée qu'étonnante, qu'a prise Stone. «Je n'ai pas été surprise parce qu'avec le Cirque du Soleil, je m'attendais à tout, rigole Samantha. En fait, les lignes directrices que Jean-Guy Legault nous a données quand on l'a rencontré à Montréal étaient si claires que j'avais une bonne idée de ce qu'il allait faire. Il a été très fidèle à son imagerie initiale.»

La force du Cirque du Soleil, c'est d'avoir les ressources pour réaliser les concepts les plus fous des créateurs. «Les gens aux costumes et aux maquillages arrivent à procéder à des transformations magiques, alors, ils ont été capables de réaliser les images que les créateurs avaient en tête», explique Rémi.

À ces mots, Samantha est incapable de réprimer un «ah!» d'admiration. «Par exemple, Sébastien Dionne, aux costumes, est absolument incroyable! Il nous a taillé des costumes sur mesure selon son inspiration du moment. C'est une splendeur de simplement le voir travailler, de le voir s'abandonner à son inspiration. Tout ça contribue à l'expérience unique qu'est le Cirque du Soleil. On nous crée un costume spécifique pour nous, SUR nous. Même chose pour le maquillage. En plus, les gens sont super ouverts. Combien de fois des gens de l'équipe nous ont dit que si on avait des idées, de ne pas se gêner pour les proposer pour qu'ils l'incorporent.»

«C'est une des plus belles surprises en ce qui me concerne, opine Rémi. Le spectacle est tellement complexe qu'on pense arriver dans un concept bien établi dans son cadre rigide mais non seulement tout le monde est très accueillant mais ils adoptent volontiers les bonnes idées et les incorporent. Ils sont complètement ouverts. La moitié des éléments de mon costume viennent de mes propositions. Si ce que je propose peut m'aider dans mon travail, ils vont le faire. J'ai travaillé dans plusieurs organisations et je n'ai à peu près jamais vu un tel respect et une telle écoute envers les artistes.»

Des frissons

Plus que de travailler pour une des plus prestigieuses organisations de divertissement au monde, la grande récompense des deux comédiens trifluviens, ce sont les frissons que leur procure constamment ce spectacle. «On sent que le public arrive au spectacle avec une ouverture exceptionnelle, dit Rémi. Ils sont totalement disponibles à l'émerveillement. C'est la première fois de ma carrière où j'ai 3000 personnes qui, en même temps, me disent «Bravo!». Au-delà des conditions de travail géniales qu'on a, le fait d'avoir un public aussi réceptif, c'est extraordinaire.»

«Je pense que Plamondon touche tout le monde, ajoute Samantha. Les gens sont à la recherche des liens entre ce qu'ils voient et son oeuvre. Pendant le spectacle, la réception est tout simplement incroyable. Il y a des moments où les gens se mettent spontanément à chanter à l'unisson et ça, c'est tellement beau... J'en ai la chair de poule à chaque fois!»




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