François Massicotte, l'homme de famille

L'humoriste François Massicotte.... (Le Droit)

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L'humoriste François Massicotte.

Le Droit

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) François Massicotte est un homme de famille. Avec l'adoption d'une fillette, il y deux ans, c'est plus vrai que jamais et l'humoriste n'a jamais été aussi comblé. C'est même devenu l'inspiration de son nouveau spectacle solo, Quelle famille! qu'il viendra présenter à la Maison de la culture de Trois-Rivières cet été. 

Le cinquantenaire, père de quatre enfants dont les âges vont de 16 ans pour son plus vieux à un an et demi pour la dernière, a eu envie de témoigner de sa réalité. «Quand, au mois d'août dernier, je me suis mis à l'écriture d'un nouveau spectacle, je savais que la vie de famille allait constituer au moins un numéro dans ce spectacle-là. Il me restait à voir quelle longueur il aurait. En fin de compte, ça a fait un spectacle au complet. J'ai écrit tout ce que j'avais à écrire là-dessus et j'ai rodé chaque morceau un par un au Bordel Comédie Club. C'est là que j'ai vu tout le potentiel que le sujet avait parce que les parents, on vit tous les mêmes choses.»

«J'ai trouvé ça intéressant, pour une fois, de prendre un seul sujet que je pouvais décortiquer à fond. Rendu à mon septième spectacle, j'avais envie de me donner ce défi-là. Je me demandais si ça ne serait pas limité mais je me suis aperçu que c'est extraordinairement vaste. Évidemment, je ne parle pas seulement de mes propres enfants mais des sujets qui sont soulevés: les lunches, les fêtes d'enfants, voyager avec les enfants, les sports avec eux, etc. Juste l'idée d'imaginer dans quel monde ils vont grandir, c'est un autre thème extrêmement riche qui demeure étroitement lié au thème.»

Le seul fait d'avoir un enfant à 50 ans c'est de la matière dense pour plus d'un numéro. «C'est clair, convient l'humoriste. Je pense à une blague qui marche toujours super bien dans le spectacle. Avoir un enfant à 50 ans, ça veut dire que quand mon enfant va avoir 18 ans, je vais en avoir 68! Au train où vont les choses, ça veut dire que je vais partir de la maison avant lui! Il va venir me visiter à la résidence et il va garder la maison. Le bout dont tous les parents rêvent quand l'enfant quitte la maison pour laisser ses parents enfin seuls, je ne le vivrai jamais.»

On voit déjà ce que le thème recèle de potentiel strictement humoristique mais aussi de réflexions pertinentes sur notre vie à tous. Traiter un sujet aussi personnel peut sembler particulièrement simple mais recèle aussi ses pièges. «Il faut prendre du recul pour savoir rire de soi. Ça, c'est quelque chose que mon expérience m'a aidé à faire. L'écriture n'a pas été trop difficile. Par contre, j'ai découvert que certains sujets étaient plus délicats. C'est dans les aspects moins personnels qu'il est plus difficile de faire rire. Je voulais faire la comparaison de notre système d'éducation avec celui de la Finlande, reconnu comme le meilleur au monde et ça s'est avéré difficile de déclencher des rires. Peut-être parce que ça devient trop didactique. Le truc, c'est de ne pas aller aussi loin que je l'aurais souhaité avec ces sujets ce qui permet de garder un bon rythme.»

Lui qui a toujours écrit en collaboration avec un autre Trifluvien d'origine, Jean-François Pedneault, a travaillé pratiquement en solo cette fois-ci. «C'est à ce stade-ci de l'écriture que j'ai recours à lui. Présentement, j'ai besoin d'un regard extérieur sur mon travail pour peaufiner le tout. Ce qui me frappe le plus, c'est que malgré toute l'expérience que j'ai, je suis encore déjoué par le public. J'ai écrit un gag que je trouve très drôle et qui concerne cet épisode où le gouvernement a fait appel à Ricardo Larivée pour planifier les écoles de demain. Je me demande ce que Riardo peut bien apprendre à nos enfants. Ceux-ci vont apprendre à faire un carpaccio à l'école mais ils ne sauront pas comment l'épeler! J'étais sûr que ça marcherait fort mais je n'obtiens pas les rires que je souhaite avec ce gag. J'y travaille encore. De toute façon, je vais constamment rajouter des gags et en enlever d'autres en fonction de l'actualité et ce, tout au long de la vie du spectacle.»

La cause

Depuis qu'il a avoué publiquement sa bipolarité, François Massicotte a trouvé le moyen d'intégrer des numéros sur le sujet très délicat de la santé mentale dans ses spectacles et ce, avec grand succès. Celui-ci ne fera pas exception mais il a choisi d'aborder le thème du suicide. «C'est sûr que c'est extrêmement délicat de faire des blagues là-dessus, mais il est clair que j'en parle dans l'optique d'expliquer pourquoi ça ne peut pas être une option. J'étais craintif quant à l'accueil mais le public rit tout au long du numéro. C'est primordial d'en parler ouvertement et en rire est aussi une façon de le faire. Je suis porte-parole de la campagne Bell cause pour la cause, notamment, et à la base de la démarche, c'est de dire qu'il importe d'en parler pour dédramatiser. Les punches de mes gags sont vraiment réussis et j'avoue que je suis très fier de ce numéro.»

«C'est l'fun de voir qu'on n'est pas seul quand on souffre de problème de santé mentale. J'ai reçu tellement de témoignages extrêmement émouvants de gens qui me remercient de sensibiliser le public à cette cause que ça me nourrit énormément.»

Une ville transformée

Plusieurs humoristes ont choisi Trois-Rivières comme lieu de résidence estivale au cours des dernières années et, connaissant son attachement pour sa ville natale, il est étonnant que jamais le Trifluvien d'origine François Massicotte ne l'ait jamais fait en vingt-cinq ans de carrière et sept spectacles solos. L'anomalie sera corrigée cet été avec six représentations les 28, 29 juillet ainsi que les 4, 5, 11 et 12 août à la Maison de la culture et ce, au grand plaisir du principal intéressé.

«Je suis tellement content de revenir ici. Honnêtement, je capote de voir ce que Trois-Rivières est devenu depuis que je suis parti il y a une trentaine d'années. En toute honnêteté, je reviendrais volontiers vivre à Trois-Rivières aujourd'hui. Surtout que je demeure à Rosemère et que je ne vais pratiquement jamais à Montréal désormais. C'est devenu tellement compliqué avec le trafic.»

«J'adore ce qu'il est advenu de la rue des Forges qui est vraiment festive. Pour moi, c'est une des plus belles et plus agréables rues de nightlife et d'animation au Québec. Il n'y a pas une autre ville où il y a autant d'animation tout juste à la sortie de la salle de spectacle, où tout est intégré comme ici. Pour avoir visité la province pas mal d'un bout à l'autre, je peux te dire qu'il n'y en a pas beaucoup de places qui se comparent à Trois-Rivières. J'aime l'ampleur que ça a prise avec l'amphithéâtre Cogeco notamment. C'est vraiment impressionnant.»

«Pour moi, le centre-ville, c'est plein de souvenirs. Le séminaire que j'ai fréquenté au secondaire n'est pas loin derrière. On venait se promener au parc Champlain certains midis.»

«Dans le milieu de l'humour, les gens tripent beaucoup sur la salle Thompson. C'est une salle qui a de l'âme et tout le monde s'entend là-dessus. Ça donne un cachet qu'on ne retrouve pas même dans une belle salle flambant neuve.»

Pour ce qui est du contenu de ce spectacle qu'il présentera aux Trifluviens, il admet qu'il constitue encore du rodage. «On travaille encore sur l'ordre des numéros et sur la longueur de certains, on ajoute encore des gags surtout centrés sur l'actualité. La grande première officielle du spectacle est à l'automne mais en même temps, ça fait un bout de temps que je fais du rodage, au Vieux clocher de Magog, notamment. La plus grande partie du spectacle est solidement rodée et très serrée alors, ce que les gens vont voir, c'est définitif. Ce sur quoi je travaille encore, ce sont les parties qui sont les plus délicates où j'ai encore besoin de bien voir la réception du public pour savoir où est le point ultime du gag. Jusqu'où je peux aller avec ce gag-là.»




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