Bon Cop, Bad Cop 2: un divertissement qui s'assume ***

Dans Bon Cop, Bad Cop 2, le duo...

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Dans Bon Cop, Bad Cop 2, le duo formé de Martin Ward (Colm Feore), à gauche et David Bouchard (Patrick Huard) fonctionne toujours mais cette fois sur la base de la complicité dans une suite qui, somme toute, vaut bien le premier film.

Le NouvellisteFrançois Houde 3/5

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En écrivant et en produisant Bon Cop Bad Cop 2, Patrick Huard n'avait pas d'autre intention que d'offrir un gros divertissement populaire susceptible de plaire au plus grand nombre et de réaliser des profits comparables au premier film sorti il y a onze ans. Ou faire mieux, pourquoi pas? et ainsi devenir le plus grand succès canadien de l'histoire au box-office national. Y arrivera-t-il? C'est bien possible.

Huard n'aura assurément pas le regret de ne pas avoir essayé. Il a adapté la recette du premier film sans subtilité mais habilement. Il mise cette fois sur la complicité qui unit ses deux personnages principaux: David Bouchard, qu'il interprète et Martin Ward (Colm Feore) devenus de grands amis que la vie et le métier avaient séparés.

Ils se retrouvent par hasard sur une même enquête visant à coincer les dirigeants d'un gros réseau de voleurs de voitures. Bouchard l'a infiltré comme voleur alors que, de son côté, Ward dirige le groupe d'enquête de la GRC qui s'occupe de l'affaire. Bouchard devient le subalterne de son ami pour lever le voile sur ce qui apparaît comme bien plus qu'un simple réseau de vols de bagnoles bien que les flics ne puissent se douter de tout ce que cela cache.

Cette fois, ils ont des moyens technologiques élaborés et l'aide d'une collègue, une crack de l'informatique (Marianna Mazza), qui vient ajouter un volet technologico-comique à l'enquête.

Huard-le-scénariste connaît les codes du genre et les exploite avec efficacité. Son récit est bien tricoté et a le mérite non négligeable de nous amener là où on ne s'attend pas d'aller. David Bouchard est toujours aussi tête brûlé et casse-cou alors que Martin Ward conserve la retenue et la classe qui font son personnage. À la différence du premier opus, le scénariste utilise l'émotion comme moteur pour son récit et ça fonctionne plutôt bien tant que c'est Colm Feore qui la porte. Ce brillant acteur arrive à donner une humanité aux clichés que lui fournit le scénariste alors que quand la recette s'applique à Huard-l'acteur, ça ne fonctionne tout simplement pas.

Colm Feore est un bien meilleur interprète, tout simplement. Quand il doit donner un tant soit peu d'émotion à son personnage, Huard est lourd et caricatural. Comme si son personnage se transformait soudainement. Il télégraphie grossièrement ses intentions et est inefficace. Sur des dialogues pas tellement plus brillants, Colm Feore arrive à émouvoir avec un jeu nettement plus fin que son vis-à-vis. Dès lors, la manoeuvre scénaristique prend son sens et n'a pas l'air d'une vulgaire trappe à émotions pour les spectateurs.

On s'entend que Bon Cop Bad Cop 2 n'a mission ni d'émouvoir profondément, ni de réinventer le langage cinématographique. Il reste que certains scénaristes arrivent à faire de films d'action voués au simple divertissement, des oeuvres intelligentes, touchantes et édifiantes. Ce n'est pas le cas ici.

Bon Cop, Bad Cop 2 est une machine distributrice de divertissement avec des méchants vraiment méchants, des bagarres, de l'humour, des poursuites en voiture, de la technologie sur une histoire pas bête. Huard met à profit son bagage d'humoriste pour envoyer plusieurs répliques qui font franchement sourire. Quelques gags visuels font également mouche. On en retrouve quelques-uns dans la bande-annonce, malheureusement, mais on découvre quand même d'assez heureuses trouvailles.

Pour l'introduction d'une nouvelle complice en la personne de Marianna Mazza, on a joué sans surprise le cliché de la geek informatique caractérielle. Mazza offre un personnage complètement déjanté mais pas drôle du tout. Sans compter qu'on ne croit pas une seule nanoseconde qu'elle puisse être une sorte de surdouée de la programmation informatique.

Tout ça n'empêche pas le film de constituer un divertissement dont va se régaler un très vaste public. Ça devrait être le succès québécois de l'été aux guichets. Le public n'est pas toujours exigeant, grand bien lui fasse. Patrick Huard a très bien compris ça et il a visiblement travaillé fort à donner aux spectateurs ce qu'ils aiment. En Alain Desrochers, il a déniché le réalisateur efficace dont il avait besoin.

Dans le genre, on a vu mieux, c'est vrai, mais la facture technique de l'ensemble est assez impeccable et comme c'est un simple divertissement qui s'assume pleinement, ça vaut bien trois étoiles.




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