Godro, tel qu'en lui-même

Jean-Marc Gaudreault ou Godro dans sa jeunesse. La...

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Jean-Marc Gaudreault ou Godro dans sa jeunesse. La photo est tirée du film que lui a consacré son ami Gilles Roux et qui sera lancé officiellement dimanche.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jean-Marc Gaudreault a laissé énormément de lui au moment de son départ définitif en 2012. C'était à l'automne, d'ailleurs. Il restera désormais de lui une incontournable trace avec la sortie officielle du documentaire de Gilles Roux Jean-Marc Gaudreault, le peintre ce dimanche, 14 h, au Centre d'exposition Raymond-Lasnier.

On connaît Gilles Roux davantage comme photographe mais il est également cinéaste. Il a réalisé ici un document particulièrement touchant et juste sur son ami. «C'est plus un film sur une personne que sur un peintre», commente-t-il. Il y prouve pourtant que les deux font plus que cohabiter, ils se nourrissent mutuellement.

Il a tourné le film, constitué principalement d'entrevues avec son ami, au cours de la dernière année de la vie de Godro, alors que celui-ci connaissait l'échéance finale. Le peintre raconte des épisodes de sa vie, son implication dans la vie artistique de Trois-Rivières, émaillant le tout de sa vision singulière de son métier et de la vie. Gilles Roux a enrichi le tout de documents d'archives qui donnent une assise à son film tout en lui octroyant la nécessaire rigueur.

Plus que tout cela, on retient la touchante humanité du peintre et le regard tendre que pose sur lui son ami. «J'ai filmé quelque chose comme quatre heures d'entrevue mais ça m'a pris deux ans après son décès avant d'être seulement capable de regarder tout ça. Je me suis dit que ce serait l'fun qu'il ne reste pas de tout ça qu'un disque dur. Je le connaissais depuis plus de 40 ans et pour moi, c'était une personne vraiment intéressante.»

«J'ai fait les choses à l'ancienne, poursuit-il pour résumer son approche. J'ai pris toutes ses caisses d'archives et je les ai numérisées, classées. J'ai même lu du Jack Kerouack parce que je considère que Jean-Marc était un beatnik. Par la suite, j'ai exploré plusieurs façons de faire le film pour finalement n'avoir que Jean-Marc qui parle; lui laisser toute la place, en somme.»

Il ne laisse pas qu'à l'individu le soin de se raconter: ses oeuvres parlent autant sinon plus que lui. Des tableaux qui couvrent sa carrière entre 1968 et 2012 et que le cinéaste présente toujours avec, pour support sonore, la musique que Jean-Marc Gaudreault écoutait à tue-tête chez lui, dans son atelier. De l'opéra, le chant des Petits Chanteurs de Trois-Rivières ou de Vocalys. De la musique magnifique qui confère majesté et solennité aux oeuvres du peintre. Une façon d'aborder la spiritualité de l'artiste qu'il n'exprimera lui-même que vers la fin du film et des entrevues comme une coquetterie que sa pudeur lui aurait interdit de révéler avant. 

«Il y avait du mystique dans sa personnalité, admet le cinéaste. Au départ, je n'étais pas sûr que le choix musical fonctionnerait mais je me suis aperçu au montage à quel point c'était juste.» 

Il fallait un ami comme Gilles Roux pour percer le masque de cet homme très public et pourtant intensément privé. Il le fait avec pudeur et délicatesse dans une mise en scène particulièrement pertinente dans son dépouillement. Ce qui n'exclut évidemment pas l'émotion. Gilles Roux a privilégié la vérité qui l'exacerbe.

Comme documentariste et comme ami, il voulait qu'il reste des documents témoignant de l'être unique qu'a été Jean-Marc Gaudreault. Il a fait infiniment plus en réalisant un film profondément humain. 

«J'étais tellement proche de Jean-Marc que ce n'est pas seulement un document sur lui mais c'est aussi mon film; je m'y retrouve. J'ai trouvé particulièrement intéressant l'approche qu'il avait de sa propre mort. Ça en dit beaucoup sur lui, sur son sens de l'organisation derrière l'apparent désordre. Je suis vraiment content d'avoir documenté ça, pour que ça reste.»

Le film, d'une durée de 27 minutes, sera présenté en grande première dimanche au Centre d'exposition Raymond-Lasnier de la Maison de la culture. «C'est à 14 h, l'heure où avaient lieu les vernissages à la Galerie Hébert-Gaudreault, à l'époque. Je vais réunir plusieurs vieux amis de Jean-Marc qui vont se retrouver pour la première fois depuis longtemps. Ça va faire un party l'fun, je pense.» 

Jean-Marc aurait apprécié.

L'entrée est gratuite mais on suggère de réserver sa place auprès du CER-L. Dès après le lancement, le film sera disponible gratuitement sur Youtube en haute définition.

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