La liberté et ses défis

François Lachance a lancé son deuxième album Histoires... (Francois Gervais)

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François Lachance a lancé son deuxième album Histoires vraies.

Francois Gervais

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De la détermination et un peu de confiance. La plateforme de sociofinancement Kickstarter et une bonne équipe. Voici quelques éléments qui ont mené François Lachance vers la concrétisation de son deuxième album. Il y a aussi les souvenirs qui tapissent cet opus d'une piste à l'autre.

Passionné mais visiblement réaliste, l'ex-académicien avait plusieurs défis devant lui pour mener à bout ce projet. D'abord, il n'était plus dans le giron des Productions J. Défi 1: voler de ses propres ailes. 

«Dès la fin de mon contrat avec les Productions J, j'avais le gérant que j'ai aujourd'hui. J'ai tout de suite commencé à produire mes spectacles puisque j'avais une liberté que je n'avais pas avant. Quand j'ai vu que ça marchait super bien, et que ça allait même mieux qu'avant, je me suis dit que je pourrais faire la même chose avec l'album.»

Bien entouré, il a participé à toutes les étapes de la réalisation de son album. «J'avais une belle équipe. Guy Tourville était à la réalisation et les musiciens qui étaient là donnaient leurs idées aussi. Plus l'équipe est grosse et plus il y a d'idées et plus tu t'y perds un peu. C'est certain que j'ai essayé de mettre mes idées de l'avant, les idées à Guy (Tourville, le réalisateur) aussi. On a fait beaucoup d'essais-erreurs. Les brainstorms qu'on a eus ont donné de meilleures idées en bout de ligne. C'était un processus qui était vraiment, vraiment gratifiant.»

Pour donner un nouveau souffle à ce nouveau chapitre de sa jeune carrière, il a voulu miser sur la maturité qu'il avait acquise au fil du temps. «J'ai voulu me détacher de l'image du préado rapidement. Je voulais avoir l'air de l'âge que j'ai. Au niveau de l'image, je voulais faire un détachement. Au niveau des chansons, ce n'était pas vraiment si différent puisque le premier album regroupait toutes mes compositions aussi. Sauf que les textes ont évolué, ce sont des chansons que j'ai écrites quand j'avais 19-20 ans alors que certaines chansons du premier album, je les avais écrites à 16 ans.»

Du haut de ses 24 ans, le jeune homme originaire d'Alma puise notamment dans ses souvenirs personnels et dans ses expériences pour créer ses chansons. D'où le titre, Histoires vraies. Mais pour donner vie à ce matériel, il fallait de l'argent. Défi 2: financer le projet.

«C'est sûr que ça ne se trouve pas en un claquement de doigts et quand tu vas à la banque pour demander un tel prêt, ce n'est pas naturel de te le donner avec un grand sourire», rigole-t-il. Au départ, il n'était pas chaud à l'idée de recourir au sociofinancement, une suggestion de son gérant. «Je n'étais même pas capable de vendre des oranges au secondaire pour financer mon voyage de fin d'année», raconte-t-il en riant. La plateforme Kickstarter lui permettait non seulement de récolter de l'argent mais surtout de remettre aux contributeurs quelque chose en retour. Cette perspective lui plaisait bien. «J'étais réaliste, je ne pensais pas arriver à ramasser cet argent (25 000 $ étaient nécessaires) en un mois. Quand j'ai vu qu'en une journée on avait atteint les 5000 $, ça m'a donné un bon boost pour continuer.»

Les gens qui ont participé financièrement via Kickstarter pouvaient se procurer différents forfaits allant du téléchargement de l'album deux semaines avant la sortie au show privé moyennant une contribution variant de 10 à 1500 $. Donc, plusieurs albums ont été vendus avant la sortie. Est-ce qu'il appréhende un impact sur les ventes après le lancement? «C'est un couteau à double tranchant», avoue-t-il. 

«À partir de la première copie, tu commences à avoir des sous. Dans mon cas, je me préoccupe moins des ventes parce que je ne pars pas endetté. Oui, il y a un danger d'en vendre moins mais je n'ai pas encore la réponse. Le but de cet album était de partir en tournée et d'en vendre, c'est un bonus.»

Tout en poursuivant ses études en éducation physique, François Lachance parcourt le Québec avec ses 12 nouvelles chansons et celles de son premier album. Quelques dates sont déjà au programme notamment au Grenier du Magasin général Le Brun en mars. Une salle qu'il a déjà visitée et qu'il adore. 

«C'est un environnement le fun. C'est un des plus beaux shows que j'ai faits! Le décor est fou! Pour les artistes émergents, c'est une salle parfaite parce que quand tu réussis à remplir ça, tu passes tellement un beau moment, c'est vraiment intime. On n'a pas besoin d'être plus que deux pour faire un bon show. Ça permet également de jaser avec le monde et de raconter ces histoires-là.»

40 minutes pour un succès

De son propre aveu, François Lachance n'est pas très organisé. L'inspiration n'est pas une question de discipline mais de feeling. 

«Quand j'ai des idées, un flash, une phrase, un thème que je veux aborder, je l'enregistre sur mon cellulaire. Juste la phrase. Quand j'arrive chez nous, je me mets dans mes trucs, mon piano, mon café, ma guitare et j'essaie plein d'affaires. Quand je commence une chanson, j'aime la finir rapidement. Ça peut durer longtemps et ça peut finir tard», lance-t-il sourire en coin. Parfois, ça va très vite. Son plus grand succès, Je suis là, il l'a écrit à l'âge de 17 ans... en 40 minutes! Paroles et musique. 

Rarement, il laisse une oeuvre inachevée mais, à l'occasion, il faut du temps pour trouver la bonne formule. «Pour Une lettre (qui parle du suicide), ça me touchait particulièrement et je me suis mis dans la peau de quelqu'un à qui ça arrive. J'ai rapidement créé la première version de la chanson mais elle n'était pas convaincante. Je l'ai tassée et je l'ai réécoutée un mois plus tard, ce que je ne fais pas souvent. Je suis revenu dessus, j'ai changé quelques petites choses et je me suis aperçu que ça pouvait être une toune intéressante.»

«Si je laisse des pièces de côté, c'est que je ne les trouve généralement pas bonnes. Parfois, par contre, il en ressort des trucs intéressants. Les paroles sont complètement à côté mais la mélodie est intéressante, je change les paroles et ça devient une bonne chanson.» Peu importe le statut que se voit attribuer une chanson, il les conserve toutes. «Des fois, je prends des journées pour passer au travers tout mon ''vieux'' matériel et tenter d'en faire du neuf.»

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