Déjà une 11e saison pour Jacques Lacombe à l'OSTR

Le directeur artistique et chef attitré de l'OSTR,... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le directeur artistique et chef attitré de l'OSTR, Jacques Lacombe.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Je me souviens très clairement de mes premières répétitions avec l'OSTR. Il y avait beaucoup d'émotions, parce qu'on ne s'attendait pas à ce que nos chemins se recroisent», confie Jacques Lacombe en évoquant son retour dans sa ville natale, en 2007, pour en diriger l'orchestre symphonique. Inaugurant sa 11e saison au podium de l'OSTR ce samedi, le chef dresse un bilan très positif de la décennie qui a vu évoluer non seulement l'orchestre comme tel, mais aussi sa relation avec le public.

D'ici la fin de la saison 2016-2017, le... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

D'ici la fin de la saison 2016-2017, le chef de l'OSTR effectuera une quinzaine d'allers-retours entre l'Europe et l'Amérique du Nord.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

«L'orchestre a énormément évolué au cours des 10 dernières saisons, où j'ai pu transmettre ma pensée sur la musique symphonique et ma vision d'un orchestre symphonique idéal. On a aujourd'hui un orchestre qui démontre beaucoup de flexibilité et de rigueur», analyse Jacques Lacombe, nommé directeur artistique et chef attitré de l'OSTR en avril 2006, après une certaine période de turbulence au sein de l'organisation.

Diplômé en orgue du Conservatoire de musique de Trois-Rivières et de Montréal, le nouveau chef avait poursuivi ses études en direction d'orchestre et direction chorale à Vienne, et occupait la fonction de premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal avant son arrivée à Trois-Rivières.

En prenant la direction de l'OSTR, le Trifluvien retrouvait des musiciens qu'il avait côtoyés par le passé, et en a découvert d'autres avec lesquels il a développé la relation de complicité et de confiance qu'il chérit particulièrement.

«Les musiciens se sont adaptés aux standards que je m'étais fixés. Les musiciens qui viennent jouer avec nous savent aussi à quoi on s'attend d'eux», observe le chef qui jouit d'une excellente réputation au sein du milieu de la musique symphonique et de la musique en général, comme en ont témoigné en entrevue plusieurs artistes invités par l'orchestre à travers les années, autant dans les genres classique que populaire.

Une complicité s'est aussi instaurée avec le public, notamment grâce à des initiatives comme les causeries qui précèdent chaque concert, pendant lesquelles maestro Lacombe s'adresse au public en démystifiant les oeuvres au programme. Par ailleurs, des concerts commentés ont déjà fait partie de la programmation tout comme, plus récemment, des répétitions ouvertes au public.

«Ça dépend de la personnalité des chefs, mais pour moi, c'est important de démocratiser la musique et de communiquer mes connaissances et ma passion pour la musique. C'est important de descendre du piédestal et de communiquer avec les gens», considère ce fils de cordonnier qui a commencé par jouer du piano avant de s'intéresser à l'orgue.

En 10 ans, en renforçant constamment le calibre de son orchestre, le chef a aussi élargi le répertoire proposé en se permettant d'introduire des oeuvres plus complexes, et en explorant d'autres genres dont l'art lyrique et l'opéra, qu'il affectionne particulièrement.

D'ailleurs, après avoir dirigé les musiciens de plusieurs maisons d'opéra dans le monde, Jacques Lacombe a été nommé chef principal de l'Opéra de Bonn en Allemagne en août 2015, et y a fait ses débuts en mai dernier. Ce nouveau mandat à Bonn coïncide avec la fin de celui qu'il avait accepté à la tête du New Jersey Symphony Orchestra en 2009.

En dressant le bilan de sa décennie comme directeur artistique et chef de l'OSTR, Jacques Lacombe mentionne aussi les musiciens: «En dix ans, plusieurs musiciens ont quitté l'orchestre, et j'ai dû en recruter beaucoup de nouveaux. Je suis fier, parce que le niveau de l'orchestre continue de monter grâce à ce sang neuf.»

Autour du monde

Parallèlement à ses fonctions de chef attitré, Jacques Lacombe se déplace sur pratiquement tous les continents comme chef invité. Seulement au cours de la dernière année, alors qu'il juxtaposait déjà les calendriers de ses orchestres de Trois-Rivières, du New Jersey et de Bonn, il en a entre autres dirigé au Pérou, à Taiwan, en Australie et aux États-Unis. Jusqu'en juin prochain, il devrait effectuer 15 allers-retours entre l'Europe et l'Amérique du Nord pour honorer ses engagements.

En plus de ses rendez-vous à Trois-Rivières et à Bonn, cette saison-ci, il dirigera l'Opéra et l'Orchestre symphonique de Marseille, ainsi que l'Opéra national du Rhin à Strasbourg et à Mulhouse.

Comment gère-t-il cet horaire pour le moins occupé, et surtout, géographiquement étalé? «C'est une question de planification. Ça demande beaucoup d'organisation et de discipline. Le calendrier est fait jusqu'à deux ans d'avance. Un an d'avance, à la demi-journée près, je sais où je serai et ce que je ferai», répond-il, en ajoutant apprécier avoir la chance de ne pas être affecté par les effets potentiels du décalage horaire.

Programme américain pour l'inauguration de la saison

Le directeur artistique et chef attitré de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières Jacques Lacombe a choisi de lancer la 39e saison de l'orchestre, ce samedi à la salle Thompson, en puisant dans le répertoire des comédies musicales de Broadway.

Le concert intitulé New York! New York! présentera West Side Story: Symhonic Dances de Leonard Bernstein, et Porgy and Bess: A Symphonic Picture, de George Gershwin. La première audition canadienne du concerto pour percussions The Wounded Healer, du new-yorkais Richard Danielpour, interprété par Lisa Pegherm, figure aussi au programme.

«C'est un programme de musique américaine, concentré surtout sur Gershwin et Bernstein, que j'aime beaucoup. Cette combinaison du jazz et du symphonique m'a toujours fasciné», commente Jacques Lacombe en décrivant le menu proposé aux mélomane mauriciens pour l'inauguration de la saison.

«Gershwin est tellement un grand mélodiste! On n'a qu'à penser à des thèmes comme Summertime... Sur le plan musical, c'est de très grande qualité», ajoute-t-il en parlant de cette pièce mythique devenue un standard jazz, extraite de l'opéra Porgy and Bess, créé en 1935.

Le chef trifluvien a également de bons mots pour Leonard Bernstein, à qui l'on doit la production de théâtre musical West Side Story, inspirée de Roméo et Juliette de Shakespeare et offerte sur Broadway dès 1957.

«Bernstein est un autre de mes modèles. C'était un compositeur, un chef, un pianiste et un communicateur. Ce sont des qualités que j'admire», indique Jacques Lacombe, qui a eu l'occasion d'assister Bernstein peu avant son décès en 1990, dans la direction de la Neuvième symphonie de Bruckner à Vienne.

Enfin, en évoquant la pièce plus contemporaine présentée samedi, soit le concerto pour percussions de Richard Danielpour, maestro Lacombe confie: «Richard est un ami. J'ai déjà créé trois de ses oeuvres, dont le concerto pour percussions en janvier dernier au New Jersey. Devant la qualité de l'oeuvre et la réception du public, j'ai trouvé qu'il serait approprié de la présenter à Trois-Rivières. Et Richard sera dans la salle, ce qui sera spécial».

La pièce sera enregistrée pour une éventuelle parution sur disque. «C'est de la très grande musique, mais aussi une musique très accessible», ajoute le chef, en qualifiant la percussionniste invitée, Lisa Pegher, d'«impressionnante à voir».

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer