Marc Labrèche derrière la caméra, pour une fois

Marc Labreche est passé derrière la caméra pour... (La Presse)

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Marc Labreche est passé derrière la caméra pour 9 le film.

La Presse

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le travail de Marc Labrèche à la télévision a toujours laissé l'impression aux téléspectateurs qu'il avait tout le potentiel voulu pour être scénariste ou réalisateur. Il l'est désormais grâce à 9 le film dont il est non pas LE réalisateur mais un des réalisateurs.

Le film est un regroupement de neuf court métrages de neuf réalisateurs différents. Marc Labrèche est l'un d'eux. La chose qui surprend, quand on savoure le moindrement son imagination et son humour décalé, c'est qu'il se contente ici de mettre en images un des sketches que Stéphane E. Roy a écrit pour le théâtre.

«Je n'ai pas hésité longtemps quand on m'a proposé de réaliser ce court métrage, indiquait-il en entrevue au Nouvelliste la semaine dernière. Ça m'excitait de tenter l'expérience de la réalisation. Je l'avais déjà fait à la télévision pour des épisodes des Bobos mais le cinéma, c'est une toute autre dynamique.»

Un film de quelque six minutes tourné en un seul lieu et en une seule nuit, voilà une plate-forme idéale pour se faire les dents. «Ce n'était pas assez complexe pour que je sois submergé par les complications. Je savais aussi que je serais bien entouré. Comme je partais d'un texte déjà écrit, ma seule préoccupation était de le personnaliser quelque peu, lui donner ma vision singulière. J'ai abordé tout ça très sincèrement et humblement.»

L'idée de départ est fort simple: on retrouve un intellectuel dans un magasin d'électronique qui veut s'acheter un lecteur DVD. S'ensuit une étrange interaction avec le vendeur. «Déjà, dans cette prémisse de départ, il y avait quelque chose qui m'intéressait: un décalage des personnages. La relation qui s'installe est hyper maladroite mais le client persiste à demeurer là. Ça m'a charmé. J'ai tout de suite vu la possibilité de pousser l'écart entre les deux personnages de plus en plus loin.»

Personne ne sera surpris d'apprendre que Marc Labrèche a été interpellé par le côté grinçant et même désespérant qui émane du texte original. «On ne va pas souvent dans ce genre de zones dans le cinéma québécois mais moi, ça me plaît. Il faut quand même préciser que le but est de faire rire et que nos personnages versent dans la caricature. Mais je trouve qu'il y a une deuxième couche derrière les dialogues qui est intéressante.»

«Au cinéma comme ailleurs, j'aime les univers décalés, un certain surréalisme. Le style de Wes Anderson, ça me plaît beaucoup. En même temps, le film, c'est la conversation de deux êtres qui n'arrivent pas à se comprendre. C'est la solitude, l'incompréhension. Il n'y a rien de plus triste. C'est un cauchemar pour moi.»

Il a été fasciné par l'expérience et estime avoir pu donner une respiration, une personnalité à son petit film dans lequel il interprète le rôle de l'intellectuel. Il se refuse à porter un jugement sur son oeuvre mais n'est pas non plus inquiet de la réaction. «Je ne me sens pas attendu par les critiques ou le public. J'ai fait ce travail au mieux de mes capacités et comme ce n'est qu'un petit morceau de six minutes dans un long métrage, ça ne peut avoir de grosses conséquences. Est-ce que j'ai réussi à créer une unité qui fonctionne? Est-ce que j'ai eu la vision globale nécessaire? Ce sera au public de se prononcer. Je crois avoir été personnel et honnête.»

Ce qui est certain, c'est qu'il a eu beaucoup de plaisir à le faire. Il se permettrait peut-être même un jour d'en écrire un, un film, s'il était convaincu d'être en mesure de faire comprendre son approche à ceux à qui il devra faire lire son scénario. Pour l'heure, il ne manque pas de boulot. Il revient à la télé comme animateur cet automne avec Info, sexe et mensonge sur ICI Radio-Canada télé et ICI ARTV. Il entreprendra cet automne le travail sur un documentaire qu'il réalisera et qu'il compte tourner au printemps 2017.

Pour un comédien qui vient de terminer une tournée internationale de trois ans avec la pièce Des aiguilles et l'opium de Rober Lepage, il est indéniable qu'il est choyé par sa carrière. «Trois ans de théâtre, c'est extraordinaire! Par ailleurs, non seulement j'arrive à gagner ma vie avec mon métier mais je le pratique avec des gens que j'aime. Plus ça va, plus j'ai envie de travailler avec d'autres sur différents projets. Il me semble qu'en vieillissant, je suis plus à l'écoute des gens avec qui je travaille.»

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