Rose-Marie Perreault: à un train d'enfer

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Rose-Marie Perreault

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au départ, on pouvait parler de chance, mais depuis environ un an qu'elle est sur les rails, la carrière de la Trifluvienne d'origine Rose-Marie Perreault a maintenu une vitesse aussi inhabituelle que spectaculaire. La jeune femme sans la moindre expérience de jeu n'a pratiquement pas cessé de tourner depuis son apparition dans le film Les démons à l'automne 2015.

Ça a commencé avec son rôle de Maya une élève de l'école du Vieux havre dans la quotidienne 30 vies à l'hiver dernier. Pour une femme de vingt ans sans la moindre formation en interprétation, c'était déjà très bien. L'expérience a été formatrice et lui a donné une visibilité enviable qui l'a sans doute aidée à décrocher des rôles dans deux autres téléséries dont Mes petits malheurs qui prendra l'affiche cet automne puis Ruptures 2 pour laquelle elle tourne présentement et qui est programmée dans la saison hiver 2017.

Parlons d'abord de 30 vies, sa première école de télévision. «C'est certain que j'y ai beaucoup appris, commentait-elle en entrevue plus tôt cette semaine. C'est une école extraordinaire, notamment à cause du rythme très rapide de production. Le réalisateur n'avait pas tellement le temps de nous corriger parce qu'on tournait pratiquement tous les jours, quatre à cinq fois par semaine. On n'avait pas tellement le choix: il fallait bien faire du premier coup.»

«Ça m'a appris à avoir de la rigueur dans le travail. Dans pareille production, tu n'as pas le choix de connaître ton texte avant d'arriver sur le plateau, il faut que tu sois assidue, concentrée; pas question d'être celle qui fait des blagues avec les techniciens et qui perturbe le plateau.»

Par la force des choses, elle a été amenée à analyser elle-même son jeu. «On a tous des tics mais il n'y a rien comme de se voir pour en prendre conscience. Comme je n'avais pas fait d'école d'interprétation, j'ai beaucoup analysé mon travail pour y déceler ce que je faisais bien et ce que je faisais mal. Ça m'a donné une base sur laquelle construire mon jeu.»

Travailler dans l'intensité, l'urgence, lui a aussi appris à se lancer dans le vide, à se faire confiance. «J'avoue que depuis, je me sens un peu plus sûre de moi en audition. J'ai encore le syndrome de l'imposteur mais moins qu'avant. Je pense que c'est nécessaire d'entretenir certains doutes parce que ça te pousse à t'améliorer constamment mais il faut aussi prendre de la confiance pour livrer la marchandise.»

Mes petits malheurs

La recette doit être efficace puisque Rose-Marie Perreault a décroché le rôle de Myriam dans une toute nouvelle comédie qui prendra l'affiche sur ICI Radio-Canada télé à l'automne. Sur le fil des souvenirs d'un adulte d'aujourd'hui, on y ramène le public trente ans en arrière, au cours de l'été 1986. On est alors témoin des péripéties de la vie de Jeffy, un jeune adolescent qui découvre la vie à travers diverses expériences et rites de passage. Rose-Marie Perreault interprète sa grande soeur Myriam. «C'est vraiment un beau personnage. C'est l'aînée de trois enfants dont deux garçons. Elle a 18 ans, elle est frondeuse, provocatrice; c'est le meneuse dans la famille.»

«Je trouve qu'elle n'est pas si proche de ce que je suis dans la vie. En même temps, pour m'imprégner du rôle, je me suis plongée dans mes souvenirs d'adolescence à cet âge où on commence à se permettre des choses par rapport à l'autorité. Quand j'ai décrit le personnage à mes parents, eux, ils ont trouvé que ce n'était pas du tout loin de moi!»

Se retrouver sur un plateau avec des comédiens chevronnés comme Catherine Proulx-Lemay, qui interprète sa mère et Jean-Michel Anctil, son père, aurait de quoi intimider une comédienne déutante. La jeune interprète bénit l'atmosphère très conviviale qui a régné sur le plateau pendant les mois de juillet et août au cours desquels on a tourné les treize épisodes de trente minutes qui constituent la première saison.

«Il régnait vraiment une ambiance familiale, sur le plateau. On tournait sur le bord d'un lac à une heure de Montréal et on a passé beaucoup de journées complètes ensemble. Ça nous a soudés. On travaillait fort mais à la différence de 30 vies, on avait plus de temps pour travailler les rôles, prendre du recul. On échangeait beaucoup et tout le monde s'entraidait.

Une anecdote de tournage résume bien l'ambiance qui régnait. «Jean-Michel et moi, on était en voiture pour tourner une scène mais pendant qu'une remorqueuse traînait l'auto vers le lieu de tournage, sans avertissement, il s'est mis à improviser sur la base de la scène qu'on devait jouer. J'ai embarqué avec lui et on s'est amusé pendant quelques minutes sans savoir que la caméra roulait pour l'équipe de production. Quand on a terminé, toute l'équipe a applaudi. C'était cool! Plus tard dans la semaine, j'ai croisé Jean-Michel qui m'a suggéré de refaire ça parce qu'il m'avait trouvée comique. Se faire dire ça par Jean-Michel Anctil, ça m'a indiqué que j'étais capable d'être drôle.»

Comme à 21 ans, elle est trop jeune pour avoir connu les anées 80, la jeune femme a regardé les films 1981 et 1987 de Ricardo Trogi qui emprunte une forme ayant des similitudes avec la série.

«C'était du bonbon, j'ai adoré ça! J'ai aussi écouté la série américaine The Wonder Years qui a un peu inspiré le scénariste Jean-François Léger. Pour ce qui est de se mettre dans l'ambiance des années 80, tout sur le plateau nous plongeait dans cette époque. Ça n'impliquait rien de particulier dans mon jeu. Il m'a simplement fallu m'ajuster au fait que mon personnage devait attendre des heures un appel téléphonique plutôt que de juste texter son amie. C'était compliqué, dans les années 80!»

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Rose-Marie Perreault, que l'on voit ici avec les comdéiens de la télésérie Mes petits malheurs, carbure aux défis.

Déjà accro aux défis

Le tout jeune parcours de Rose-Marie Perreault comme comédienne n'a pas été qu'intense, il a aussi été assez peu conventionnel. La jeune femme a d'abord été recrutée comme mannequin au sein d'une agence montréalaise, volet qu'elle poursuit quand les plateaux de tournage ne la sollicitent pas.

«Je continue de faire des contrats comme mannequin à l'occasion. J'ai fait une campagne pour Simon's récemment qu'on devrait voir sur des panneaux publicitaires bientôt. J'ai profité d'une petite période de disponibilité pour faire ce contrat. Je suis contente d'avoir cette option en à-côté mais je n'envisage pas de faire carrière comme mannequin. Je trouve que ça manque un peu de profondeur. J'ai décidé d'aborder le métier de comédienne sans plan B. Ça m'insécurise un peu parce qu'on ne peut pas planifier à long terme mais ça me va.»

Il ne fait plus de doute qu'elle aime les lentilles mais celles des caméras plus que des appareils photo. Elle carbure particulièrement aux défis qui se présentent aux comédiennes. «J'aime beaucoup les grosses charges de travail; je trouve ça super motivant. Les 25 jours de tournage pour Mes petits malheurs étaient extraordinaires. J'aime beaucoup le travail qui est fait en répétition, en amont d'un rôle, la découverte du personnage. Jouer un personnage trop près de moi pour lequel je n'ai qu'à apprendre ses lignes des dialogues, ça m'intéresse moins.»

«À l'automne, je vais tourner dans le premier long métrage de Pascal Plante. C'est un beau personnage mais ce que j'aime particulièrement, c'est qu'il comporte des défis. Par exemple, en plus de simplement incarner un des deux personnages principaux, je dois apprendre une chanson à la guitare que je vais chanter dans le film. De la même façon que j'ai dû apprendre à jouer au tennis pour Mes petits malheurs. Je n'aurais aucun intérêt à jouer au tennis dans ma vie mais le défi de l'apprendre parce que le rôle l'exige, ça m'excite et ça me stimule énormément. Autre intérêt de mon prochain rôle, c'est qu'il est très loin de ma véritable personnalité. C'est celui d'une fille de mon âge mais punk avec des tatouages. C'est un beau défi.»

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