Nitro Rush: d'arbre en arbre, façon 2.0

Guillaume Lemay-Thivierge et Madeleine Péloquin se partagent l'affiche... (Les Films Séville)

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Guillaume Lemay-Thivierge et Madeleine Péloquin se partagent l'affiche dans Nitro Rush.

Les Films Séville

Le NouvellisteFrançois Houde 2/5

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le cinéma québécois n'est pas reconnu pour son exploitation du créneau des films de genre mais ça n'exclut pas qu'on s'y essaie à l'occasion. On l'a fait avec Nitro en 2007 avec suffisamment de succès auprès des fans pour justifier une suite. Et si Nitro Rush obtient la faveur de ces mêmes fans, il y en aura d'autres.

Nitro Rush se distancie du précédent en larguant le prétexte des compétitions de voitures modifiées. On plonge ici dans le monde de la drogue. L'idée, c'est qu'une nouvelle drogue a fait son apparition sur le marché. Une drogue accessible beaucoup plus puissante que l'ecstasy et qui risque de faire des ravages à l'orée de la présentation d'un grand party rave. Les forces policières veulent intervenir pour court-circuiter sa distribution mais il leur faut infiltrer la filière.

C'est ici qu'intervient Max (Guillaume Lemay-Thivierge), emprisonné depuis six ans pour le meurtre d'un policier dans l'épisode précédent. Pourquoi aiderait-il les autorités? Parce que son fils Théo (Antoine Desrochers), devenu adolescent, est entre les griffes de trafiquants de cette nouvelle drogue et Max peut peut-être le sauver et reprendre contact avec lui. Il rejoint l'organisation criminelle anciennement dirigée par l'Avocat (aujourd'hui incarné par Andreas Apergis après la pénible tentative de Martin Matte pour le même personnage dans Nitro) et aujourd'hui sous la coupe de Daphné (Madeleine Péloquin). L'organisation veut dérober une importante quantité de drogue aux fabricants, un duo de chimistes psychotiques et Max possède l'expertise unique permettant d'y arriver. C'est la seule façon pour Max de reprendre contact avec son ado.

Exit les voitures modifiées, on tombe dans le monde des cascadeurs et des athlètes de haute voltige qui s'organisent un gros party D'arbre en arbre pour violer le laboratoire clandestin des chimistes caché en forêt.

Notez, pour servir de canevas à un film d'action, ce prétexte vaut amplement les autos modifiées. Guillaume Lemay-Thivierge y semble même encore plus à l'aise. Le Tarzan 2.0 semble s'amuser comme un petit fou dans ce qui s'avère un divertissement tout à fait digeste. Avec un budget de moins de 6 M $, on est arrivé à s'offrir une mise en scène léchée, crédible, un écrin très bien adapté aux besoins du film.

C'est un film d'action et on ne s'ennuie pas une seconde. Par contre, le contexte est convenu, les clichés, nombreux et lourds et on évite les subtilités comme la peste. Les dialogues sont fins et léger comme un voyage de pierre concassée. Comme spectateur, il faut accepter de jouer le jeu pour goûter ce qui est, en bout de ligne, un honnête divertissement.

Peu de choses viennent trahir le budget plus restreint encore que celui de Nitro en 2007. Il nous vient quand même en tête une course avec des VTT vers la fin du film dont la chorégraphie la rapproche beaucoup plus d'un numéro de cirque que d'une poursuite. Par contre, on adhère plutôt bien à l'ensemble des cascades, plutôt plausibles, dans les arbres.

Il faut juger du travail des interprètes en fonction du genre du film. Malgré cela, Guillaume Lemay-Thivierge joue un peu trop gros. Son constant air renfrogné de taulard dur et désabusé apparaît vraiment trop insistant. Même avec un personnage unidimensionnel, on peut ajouter une couche qui lui donne de l'humanité et le rend intéressant. Le sympathique acteur reste en superficie.

Il aurait pu prendre exemple sur sa compagne de jeu, l'excellente Madeleine Péloquin qui surprend dans un contre-emploi. Elle construit avec application une Daphné qui combine tous les clichés de la méchante de service avec ce je-ne-sais-quoi de plus. Une fêlure dans l'armure, en fait. Preuve qu'on peut jouer les femmes fatales avec talent.

Reste que le film aurait sans doute bénéficié d'un second degré. De l'ironie, pour rendre plus digestes les clichés propres au genre et alléger le scénario. N'empêche, c'est un divertissement mieux ficelé que le premier Nitro et bien qu'il souffre un peu de l'inégale comparaison avec les films d'action américains qui inondent nos salles, il pourrait rejoindre un vaste auditoire. On le lui souhaite.

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