Saloon acrobatique à Saint-Tite

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Le Cirque Éloize explore le Far West dans son nouveau spectacle Saloon, présenté en première mondiale au Festival western de Saint-Tite.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) Après avoir exploré des univers oniriques et d'autres, plus concrets, campés dans l'urbanité, le cirque Éloize plonge dans l'ambiance western avec sa plus récente création, Saloon - Cavale au coeur du Far West, qui sera présentée en première mondiale au Festival western de Saint-Tite à compter du 9 septembre.

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Jeannot Painchaud, président et directeur artistique du Cirque Éloize.

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Il s'agit de la dizième production de la compagnie de cirque contemporain fondée en 1993 par Jeannot Painchaud, Daniel Cyr et Claudette Morin. La troupe s'était formée en novembre 1991, dans le cadre du 10e anniversaire de la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine, alors que les sept membres originaux étudiaient à l'École nationale de cirque.

Le Cirque Éloize est déjà familier avec la Mauricie. Au port de Trois-Rivières, il avait proposé ses spectacles Cirque Orchestra avec l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières à l'été 2000, et Excentricus l'été suivant, et il était revenu à la salle J.-Antonio-Thompson pour deux séries de représentations de Nomade en 2002 et 2003. Les tournées de Rain (2004), Typo (2005) et Nebbia (2008) s'étaient aussi arrêtées à Trois-Rivières, et celles de Nomade (2004) et Nebbia (2008) avaient fait escale à Shawinigan.

Le retour d'Éloize en Mauricie est marqué d'une pertinence particulière, puisque le nouveau spectacle, inspiré du Far West, sera présenté dans un environnement on ne peut plus désigné, soit le Festival western de Saint-Tite. Quand il parle de la genèse du spectacle, son concepteur, Jeannot Painchaud, aussi président du Cirque, évoque deux moteurs: celui de la musique, combiné à une ambition d'exportation aux États-Unis.

«D'abord moi, je suis toujours très inspiré par la musique. Là, j'avais envie de revisiter nos racines, j'étais un peu nostalgique des fêtes familiales aux Îles-de-la-Madeleine», commence M. Painchaud en mentionnant aussi son désir de travailler avec son cousin Éloi Painchaud, connu comme membre du groupe Okoumé mais aussi comme compositeur et réalisateur.

«L'idée est de deux sources: la source musicale, et l'envie de faire un spectacle en pensant au marché américain», résume M. Painchaud en racontant comment Saloon est né. Le lieu du saloon s'est imposé comme axe de développement créatif, en tant que lieu de rassemblement au grand potentiel artistique.

«Quand on fait du cirque, on cherche d'abord un environnement scénographique, un beau terrain de jeu pour les acrobates. Le saloon, entre l'escalier, le piano et le balcon, c'est inspirant au niveau acrobatique. Et il y a une belle batterie de personnages: c'était le lieu ou les voyageurs arrivaient, où on pouvait trouver un charlatan, un journaliste, le cow-boy solitaire, le barman, les filles...», décrit-il.

Le président du cirque aime bien varier les thèmes, surprendre. «On se souvient de notre trilogie du ciel (Nomade, Rain et Nebbia) avec un univers italien, puis de iD, où on intégrait le hip hop, ce qui était très différent, tandis que Cirkopolis est inspiré de l'univers de Kafka, du monde de métropolis, et là Saloon...», énumère-t-il.

«Ce sont des univers qui a priori semblent très différents. Ils le sont, mais il y a toujours les mêmes caractéristiques propres au Cirque Éloize, où on met de l'avant un équilibre entre l'acrobatie, la poésie et l'humour avec beaucoup d'humanité», décrit-il en précisant que l'humour sera particulièrement présent dans Saloon. Évidemment, la musique tient un grand rôle dans le spectacle, et la présence de musiciens en direct constitue un autre aspect qui nourrit la fierté de Jeannot Painchaud.

«On avait le désir de ramener la musique très en avant, en partie la musique qui a bercé notre enfance à Éloi et moi, et la musique résolument américaine, mais dans des arrangements plutôt cinématographiques. Soixante pour cent de la musique a été composée par Éloi. Après ça, on emprunte à Patsy Cline, à Johnny Cash, à quelques traditionnels. C'est vraiment un voyage americana où on revisite les fondements de l'Amérique.»

Jeannot Painchaud décrit les spectacles d'Éloize comme étant accessibles et familiaux, et il promet une expérience particulièrement festive dans le cas de Saloon les 9, 10, 16 et 17 septembre à Saint-Tite.

Le cirque contemporain: un retour à l'intégration des arts

Le concept du cirque traditionnel avec défilés d'éléphants, tigres bondissant à travers des cerceaux de feu ou magiciens sciant leur assistante dans une boîte s'est peu à peu évanoui pour faire place à un cirque qualifié de contemporain. Au Québec, le Cirque du Soleil a ouvert la voie au renouvellement de cette forme de divertissement dans les années 1980, et le Cirque Éloize a officiellement été créé en 1993.

«C'est phénoménal le développement du cirque contemporain. Quand on a commencé au Cirque Éloize, on a été la première troupe à proposer des spectacles de cirque dans les théâtres. Les seules choses qu'on voyait dans les théâtres, des fois, c'était des troupes d'acrobates chinois. Mais pour des spectacles vraiment mis en scène avec le cirque comme élément central mais très théâtralisé, on a été précurseurs», raconte le président et cofondateur du Cirque Éloize Jeannot Painchaud, en précisant que le Cirque du Soleil avait auparavant réinventé le cirque de chapiteau.

Aux clowns jongleurs, cracheurs de feu et dompteurs de lions ont succédé les acrobates nouveau genre, qui ont mené à d'autres niveaux les disciplines au sol (contorsion, main à main, mât chinois), les aériennes (cerceaux, cordes, tissus, trapèzes), d'équilibrisme et de jonglerie. Dans Saloon, présenté à Saint-Tite en première mondiale, les sept acrobates puiseront dans plusieurs de ces disciplines, et expérimenteront la planche coréenne («extrêmement spectaculaire», qualifie Jeannot Painchaud), un inédit dans les productions d'Éloize.

«Il n'y a pas beaucoup de compagnies aujourd'hui qui peuvent dire qu'elles inventent des techniques. Nous, on a inventé la roue Cyr, par Daniel Cyr, et on est bien fiers de ça», affirme M. Painchaud, qui mise sur l'originalité de la mise en scène pour se distinguer et considère que l'avenir de l'art du cirque passe par la créativité.

Il croit aussi que le cirque a démocratisé l'art de la scène en mariant le théâtre, la danse et l'acrobatie: «Dans les années 50, c'était l'époque glorieuse des comédies musicales où les comédiens étaient à la fois des chanteurs, des danseurs, et on voyait même un peu d'acrobatie. Dans les années 70 et 80, on a vu une spécialisation de chacune des disciplines; on ne mêlait pas les formes. Dans le théâtre, un des précurseurs du mélange des formes avec l'apport des technologies a été Robert Lepage.»

«Quand nous on est arrivés en théâtre et qu'on a proposé ce mariage-là entre le théâtre, l'acrobatie et la danse, ça a créé un courant auquel on a donné le nom de cirque contemporain», analyse Jeannot Painchaud.

Voguant à travers l'évolution du cirque et la multiplication des troupes, le Cirque Éloize tient aux deux mots-clés à la base de sa direction artistique: impressionner et toucher. «On veut toujours que ce soit accessible, très impressionnant acrobatiquement, et on veut toucher le spectateur. On va toujours rester dans l'humanité, dans la proximité», conclut M. Painchaud.

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