Pour le plaisir de chanter: l'Orphéon célèbre ses 80 ans

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Le choeur de l'Orphéon célèbre cette année ses 80 ans. Il a mérité le Grand Prix de la culture pour saluer son apport à la vie culturelle trifluvienne.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Parmi les institutions culturelles trifluviennes qui se distinguent par leur longévité, le Théâtre des Nouveaux compagnons, formé en 1920, et le choeur de l'Orphéon, créé en 1936, demeurent des phares et des témoins d'un pan de l'histoire de la ville. Deuxième plus ancienne chorale d'adultes toujours en activité au Québec, l'Orphéon célèbre cette année ses 80 ans. Le choeur a mérité cette semaine le Grand Prix de la culture pour saluer son apport à la vie culturelle trifluvienne.

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Gilles Rioux, chef de l'Orphéon de 2005 à 2013, est l'assistant du chef actuel Paul-André Bellefeuille.

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L'Orphéon pendant la période où il était dirigé par Léo Carle, entre 1945 et 1972.

Photo: L'orphéon

En 1936, à une époque où les chorales paroissiales étaient particulièrement florissantes, un groupe de chanteurs se réunissait chez le garagiste Raoul Landry pour le plaisir de chanter ensemble. Une cinquantaine d'hommes ont ainsi constitué la base du choeur qui allait devenir l'Orphéon. Le pianiste aux répétions, Henri Hamel, dirigea le premier concert de la chorale au printemps 1937.

Les activités du choeur ont été ralenties pendant la guerre de 1939-1945, pour reprendre sous la direction de Léo Carle, musicien dans l'armée, à son retour du front. M. Carle a dirigé l'Orphéon pendant 27 ans et c'est pendant cette période que la chorale a connu ce qu'on peut qualifier de son Âge d'or. Le choeur a notamment chanté au mythique Carnegie Hall de New York en 1953, au cours d'une tournée américaine.

«À l'époque, c'étaient les années de gloire de l'Orphéon. Au fil du temps, sa réputation s'était bien installée. Il y avait une couleur qui était très ''voix d'hommes'', presque chorus, que peu de choeurs avaient. Il y avait peu de choeurs de voix d'hommes qui faisaient des concerts. Il y en avait dans les églises, mais peu dans les salles. On avait une bonne réputation au niveau de la province et même au-delà, puisqu'on était allé chanter à New York», résume Gilles Rioux, chef de 2005 à 2013 et assistant du chef actuel Paul-André Bellefeuille.

Au départ de Léo Carle en 1972, quelques directeurs se sont succédé jusqu'à l'arrivée de Marcel Roux en 1976, dans une période où le choeur était en mode survie. La chorale comptait moins d'une dizaine de membres quand il fut proposé qu'on y intègre des voix de femmes. L'Orphéon est devenu un choeur mixte en 1979, et a pu poursuivre son développement sous la direction successive de Marcel Roux (de 1976 à 1996), Yves Paul (de 1996 à 2005), Gilles Rioux et Paul-André Bellefeuille.

En 2013, Gilles Rioux et Paul-André Bellefeuille ont échangé leur poste respectif, le premier devenant assistant du second. Les deux chefs travaillent en équipe, un peu comme un entraîneur et son assistant, image Paul-André Bellefeuille, qui avait assisté Gilles Rioux pendant cinq ans.

«C'est un privilège que l'Orphéon a, présentement, d'avoir deux chefs. Je ne me sens pas comme le chef numéro 1 même si je le suis. À toutes les répétitions, on est deux en avant, Gilles et moi. Quand il y en a un qui a quelque chose à dire, l'autre se tasse et le laisse parler. Ça donne deux points de vue. Ça aide beaucoup au dynamisme général de la chorale. C'est un atout très important pour moi», apprécie M. Bellefeuille.

«D'année en année, je regardais Gilles aller et la vitesse de croisière s'améliorer au plan de l'apprentissage. Quand je l'ai prise en main, je trouvais que la chorale avait évolué d'une façon énorme, et qu'il fallait continuer dans cette tangente-là. Avec Gilles, on arrive toujours à amener un nouveau défi», constate M. Bellefeuille en énumérant le Te Deum de Mendelssohn, le Gloria de Rutter et le concert Musiques royales pour le 75e anniversaire du choeur, parmi les oeuvres qu'il considère comme «consistantes» et qui témoignent de cette progression.

MM. Rioux et Bellefeuille ont à coeur la diversification du répertoire abordé. Le sacré côtoie donc les airs de Broadway, la musique de films ou les chansons de Gilles Vigneault, pour ne donner que ces exemples. L'Orphéon compte actuellement une soixantaine de membres, dont la moyenne d'âge se situe autour de la fin cinquantaine, début soixantaine. Les Pauvres de Saint-François se joignent régulièrement à l'Orphéon et sont presque considérés comme des membres honoraires.

Un des points forts de l'Orphéon, pour son chef actuel, est l'ambiance qui règne au sein de la troupe. «J'en ai fait plusieurs chorales. Des fois c'est très sérieux, c'est pincé un peu. Mais là, tout le monde est content de se voir, tout le monde se parle... C'est de la bonne humeur. Les gens finissent la pratique et repartent avec le sourire. On est là pour avoir du fun. On est tous égaux. Quelqu'un qui a une moins grande expérience musicale et un talent plutôt limité a autant sa place que quelqu'un qui performe», observe-t-il.

L'héritage trifluvien

Pour souligner son 80e anniversaire, l'Orphéon présentera un concert qui témoignera de son enracinement dans la ville qui l'a vu se développer. Intitulé Hymnes à Trois-Rivières, le concert de ce dimanche 22 mai à la cathédrale sera entièrement basé sur des oeuvres écrites ou arrangées par des Trifluviens.

Deux pièces ont spécialement été créées pour l'événement, une de Gilles Rioux et l'autre de Raymond Perrin, entre autres directeur du choeur de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières et de l'ensemble Vocalys.

«C'est une pièce pour choeur, quintette de cuivres, timbale et orgues, dédiée à l'Orphéon pour son 80e anniversaire. C'est une pièce qui se veut festive, et en même temps intérieure. Le premier mouvement, c'est la joie. Le deuxième est une transition qui mène au troisième, qui lui a un thème plus intérieur, avec une écriture un peu plus savante. On revient avec le thème initial et une finale un peu plus jubilatoire», décrit Gilles Rioux en parlant de l'oeuvre Depuis hier, pour laquelle il a aussi composé des paroles.

«Le texte est venu un spontanément. C'est une ode au chant, que j'ai écrit. J'invite les gens à chanter, peu importe qu'ils soient choristes ou pas. Chanter, c'est la santé aussi. C'est bon pour l'âme, pour l'esprit et pour le corps», ajoute-t-il.

Cette pièce clôturera le concert qui proposera des titres soit composés ou arrangés par J.-Antonio Thompson, Claude Thompson, Claude Allaire, Robert Aubin, Gilles Bellemare, Philippe Bournival, Luc Darveau, Bernard Piché, Paul-André Bellefeuille, Michel Pilote, et l'abbé Joseph-Gers Turcotte. Né en 1887, ce dernier fut titulaire des orgues de la cathédrale et diplômé de la Schola cantorum de Rome.

La première partie du concert se concentrera sur le répertoire sacré. «Il y a énormément de musique sacrée dans le répertoire de chant choral; plus que de musique populaire. Tous les compositeurs trifluviens que je connais ont fait une messe. Je suis allé chercher des extraits de messes dont un Kyrie de J.-A. Thompson, un Gloria de son fils Claude, un Sanctus de Bernard Piché, qui a été organiste longtemps à la cathédrale, et un Agnus de Raymond Perrin. On touche à peu près à 150 ans de musique dans la même messe», détaille Paul-André Bellefeuille, en ajoutant que la deuxième partie sera plus «légère».

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