Charlebois, le résistant

Dans le monde déshumanisé qui est le nôtre,... (Sylvain Mayer)

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Dans le monde déshumanisé qui est le nôtre, Robert Charlebois estime que faire de l'art, créer de la beauté, est devenu un acte de résistance.

Sylvain Mayer

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En 50 ans de carrière, Robert Charlebois a survolé les modes, passé au-dessus des tendances, vu l'industrie musicale agoniser et se réinventer quelques fois. Comment voit-il le creux de vague actuel dans lequel tant de jeunes artistes se noient, luttant pour vendre des albums alors qu'ils n'arrivent même pas non plus à vendre des billets pour leurs spectacles?

«Quand j'ai commencé dans les boîtes à chansons, on était quelques dizaines d'auteurs, compositeurs qui alimentions le réseau des salles au Québec. Aujourd'hui, ce n'est pas de dizaines dont on parle mais de milliers. En France, il doit sortir mille chansons par semaine. Qui peut écouter tout ça? Pour attirer l'attention il faut qu'on offre un produit vraiment exceptionnel.«

«Autrefois, quand je mettais la main sur un disque, j'avais le cellophane entre les dents en sortant du magasin. J'étais à la recherche de quelque chose et je l'écoutais le plus vite possible dans l'espoir de découvrir quelque chose d'extraordinaire. Aujourd'hui, j'ai des disques qui traînent deux ou trois semaines sur mon bureau. Même ceux des copains. Prends le dernier album de Renaud: il me l'a donné à Paris il y a trois semaines, un mois, et je ne l'ai écouté qu'avant-hier. Maintenant, il y en a trop, tout simplement. Un nouveau disque chasse le précédent et on oublie rapidement.»

«C'est comme dans l'actualité: on est tellement bombardé de toutes parts par de l'information que tout passe à un rythme affolant. Quand j'étais petit et qu'un avion s'écrasait quelque part dans le monde, ma grand-mère se mettait à genou et récitait un chapelet au complet. Aujourd'hui, deux jours plus tard, on ne s'en souvient plus. On est en train de se déshumaniser.»

Le cirque, dans ce contexte, devient une sorte d'antidote à la désensibilisation.

«Faire de la beauté, de la poésie, de la musique ou du cirque aujourd'hui, c'est être un résistant.»

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