Conjuguer humour et amour avec bonheur

Autant chanteur qu'humoriste, François Léveillée présente aujourd'hui son... (Sylvain Mayer)

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Autant chanteur qu'humoriste, François Léveillée présente aujourd'hui son second album en quatre ans, et son quatrième en près de quarante ans en tant qu'auteur et compositeur. Ça s'intitule: La part des anges.

Sylvain Mayer

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le parcours professionnel de l'humoriste François Léveillée est unique par ses méandres aussi nombreux qu'inattendus qui sont autant de témoignages de l'étendue de son talent. Ils disent aussi quelque chose d'essentiel le concernant: c'est qu'il mène toujours avec la passion d'un artisan les projets qu'il entreprend.

À 63 ans, il lance un second album de chansons en quatre ans. Il y en avait eu d'autres avant, bien avant: il y a une bonne trentaine d'années. Léveillée n'a pas perdu la main. Il manifeste encore, avec La part des anges, un sens aigu de la chanson à texte avec des oeuvres aussi joliment que solidement ficelées. Il y est aussi drôle que tendre, un aspect de sa personnalité que sa carrière d'humoriste n'a guère révélé et c'est peut-être un peu dommage.

On s'étonne d'ailleurs que le virus de la chanson ressurgisse après trente ans de dormance. «Je n'ai jamais arrêté d'écrire des chansons pendant toutes ces années, plaide-t-il. Seulement, arrivé à ce stade de ma carrière et de ma vie, j'ai eu envie d'y revenir plus sérieusement. Avec l'album précédent, en 2012, j'ai monté le principe d'un spectacle qui mêle humour et chanson et ça a très bien marché, si bien qu'il y a une demande pour un autre spectacle et j'étais inspiré pour un autre album.»

Cet album, La part des anges, parle essentiellement d'amour, de ses multiples facettes. L'inspiration lui en est venue d'une source pour le moins inattendue. «Je travaille avec ma fille Sarah sur le développement de sa carrière de chanteuse en France. Je suis débarqué à Paris le lendemain des attentats du 13 novembre. Je me suis promené dans la ville pendant les jours suivants. On voyait malgré tout un véritable effort des gens pour reprendre une vie normale. On sentait dans leurs gestes et dans leur attitude énormément d'amour. Ça m'a beaucoup ému et j'ai eu envie de parler d'amour avec l'album. C'est aussi ce dont je vais parler dans mon spectacle à travers les chansons et les monologues.»

«Les mots, c'est fort en soi, mais ça peut l'être deux fois plus quand c'est aussi porté par de la musique. C'est pour ça que ça m'intéressait de faire un spectacle qui combine la parole seule et les chansons. Faire seulement de la chanson dans un spectacle, ce n'est pas dans ma personnalité. Au contraire, en mélangeant les deux, ça ouvre un grand nombre de possibilités. Je peux surprendre davantage, cabotiner, amener le public à un endroit avec de l'humour et l'amener complètement ailleurs avec une chanson. Le propos devient tellement plus efficace quand on déstabilise les gens de cette façon.»

Tous les visages de l'amour

Dans La part des anges, il donne à l'affection bien des visages et pas forcément ceux qui se dessinent d'ordinaire dans les ballades. L'amour qu'on refuse (Quand l'amour a franchi ma porte), l'amour qu'on cherche (Faut pas te décourager, C'est quoi le problème), celui qu'on a trouvé (Pas besoin de clavarder). «J'ai écrit l'album et le spectacle qui va suivre selon la formule des monologues humoristiques entrecoupés de chansons. C'est l'émotion qui porte les mots.»

Musicalement, l'album dessine la silhouette de François Léveillée avec le jazz manouche subtil des arrangements qui lui sont caractéristiques. Pas surprenant: il est fou de Brassens depuis toujours. «Brassens était très influencé par le jazz et c'est avec lui que j'ai appris à jouer de la guitare. J'adore le jazz manouche: je suis de cette époque et de cette école-là, soutient le sexagénaire. J'ai passé des années à faire assidûment des gammes manouches et aujourd'hui, c'est acquis: je n'ai plus qu'à me laisser aller dans l'interprétation.»

Il a surpris beaucoup de gens quand il a lancé son troisième album en 2012, un premier depuis 1983. Les fidèles de l'humoriste ignoraient pour la plupart qu'il avait d'abord été auteur et compositeur avant de bifurquer vers l'humour. La part des anges fait la démonstration qu'il sait écrire des chansons, un talent moins répandu qu'on le croit. Ici, les paroles sont simples mais le mariage avec la musique est toujours impeccable et les accents tombent, comme les rimes, avec aplomb. 

«Je ne réinvente pas le genre. C'est de la chanson française traditionnelle qui aurait pu être écrite de la même façon il y a vingt ans. C'est ce que j'aime et c'est ce que je sais faire. Les arrangements sont simples parce que je voulais pouvoir les interpréter intégralement en spectacle avec un minimum d'instruments.» 

Il semble toujours y avoir des explications aussi simples qu'évidentes aux choix que fait cet artiste dépourvu de prétention et pourtant fier de ce qu'il a accompli. «J'ai développé plusieurs volets dans ma carrière et c'est peut-être ce qui m'a permis de bien m'en sortir. J'ai travaillé fort et c'est dans ma personnalité de m'appliquer à faire ce que j'entreprends. Je suis de la vieille école. Je sais ce que je fais bien et je ne m'aventure pas dans ce que je ne connais pas.» 

Dans la liste des choses qu'il sait faire et qui incluent la rénovation domiciliaire au même titre que la musique et l'humour, il rajoute le travail de producteur guidé par un solide sens des affaires. «J'ai fondé ma propre maison de disque pour aider ma fille Sarah qui commençait dans le métier et j'agis comme producteur dans sa carrière. Elle est en train de percer tranquillement en France où elle connaît un certain succès et je m'en vais bientôt là-bas pour négocier la sortie de son prochain album et une tournée. J'aime ça.»

«Moi, je n'ai pas vraiment connu mon père décédé alors que j'avais trois ans. Ça m'a rendu très conscient de l'importance d'un père pour son enfant. Je me suis promis de tout faire pour être là et aider mes deux filles et je pense que je peux dire que j'ai été fidèle à ma promesse.»

C'est en entendant ces mots, à la fin d'une longue entrevue, qu'on comprend enfin que l'amour qui a inspiré La part des anges, c'est l'amour filial. François Léveillée est un homme et un père pudique. Old school.

L'amitié qui lie Pierre Jackson, à droite, à... (Sylvain Mayer) - image 3.0

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L'amitié qui lie Pierre Jackson, à droite, à l'humoriste François Léveillée date de quelques années déjà et les deux complices n'en seront pas, le 19 mai, à leur première collaboration dans un spectacle ayant l'humour comme axe central. 

Sylvain Mayer

L'humour qui scelle des amitiés

Quand Pierre Jackson a eu cette première folle idée de mettre sur pied un spectacle dont les profits seraient offerts à Leucan, en 2008, c'est François Léveillée qu'il a appelé. L'humoriste humaniste a accepté. Les deux sont demeurés amis depuis. Huit ans plus tard, les complices forment l'axe sur lequel tient un nouveau spectacle d'humour et de chansons.

François Léveillée est ce genre d'homme sur lequel on peut compter, surtout si c'est pour une noble cause.

«J'a toujours soutenu des causes charitables, admet-il le plus naturellement du monde. C'est notre devoir de citoyen que de donner un coup de main. Pour moi qui ai reçu beaucoup, je le vois comme une simple responsabilité sociale. Dans notre monde du divertissement, je ne suis pas le seul qui le fait, loin de là. Ça crée une sorte de confrérie, une gang de gens qui se connaissent et quand un de nous a besoin de l'aide d'un autre, on s'appelle. On a monté je ne sais combien de spectacles de cette façon en se rendant service les uns aux autres et en servant chacun une cause qui nous tient à coeur.»

Pour le spectacle du 19 mai au cabaret trifluvien Le Satyre, François Léveillée va faire un numéro d'humour à la façon stand up et il va chanter quelques chansons d'Aznavour, une de ses grandes idoles avec Brassens, bien sûr.

Léveillée a aussi contribué à la mise en scène du spectacle de son ami Pierre Jackson. Une mise en scène astucieuse qui permet d'intégrer humour et chanson dans un tout homogène.

«J'ai eu une idée qui permet de tout inclure de façon naturelle, explique le Trifluvien. J'ai beaucoup travaillé le concept, avec l'aide de François, notamment, et là, je peux dire que chaque chanson a sa raison d'être à l'intérieur du spectacle.»

«Je dirais que ça rappelle un peu l'idée d'un bien-cuit, d'expliquer Léveillée. Ça commence comme une sorte de souper entre amis où Pierre se dit qu'il préférerait savoir avant de mourir ce que les gens pensent vraiment de lui. Il veut le savoir? Il va le savoir», rigole l'humoriste en laissant planer suffisamment d'inconnu pour suggérer le pire. Ou, plus probablement quand on connaît le moindrement Pierre Jackson, le meilleur.»

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