Tant de chemin parcouru pour Laurence Jalbert

C'est forte de 40 ans de carrière et...

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C'est forte de 40 ans de carrière et d'une attitude de battante qui lui a permis de traverser de grandes et nombreuses épreuves que Laurence Jalbert présente son nouvel album et la tournée de spectacles liés à celui-ci.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y avait dix ans que Laurence Jalbert avait offert un album de chansons originales. Pas une décennie de silence puisque pendant ces années, elle a chanté, constamment, sur toutes les scènes, mais dix ans à attendre le déclic qui a pris la forme de Ma route, son 11e album, tout frais sorti des presses ou des ordinateurs, selon les préférences.

Ce qu'elle attendait, pendant dix ans? Un son. «Je suis une grande consommatrice de musique, explique-t-elle. En tournée, sur la route, j'écoute de la musique et je fais des recherches. À un moment donné, je suis tombée sur l'album de Yoan et j'ai tout de suite su que c'est ce son-là que je voulais. Dès que j'ai entendu ça, je savais que j'avais un album à faire parce que pour moi, le son, c'est l'âme d'un disque.»

Elle a communiqué avec le réalisateur de cet album de Yoan, Rick Haworth. Il ne demandait pas mieux que de se lancer dans l'aventure. Restait à trouver les chansons. «Comme je suis constamment en tournée, je ne me donne pas le temps d'écrire; c'est un peu dommage. Par contre, je reçois constamment des chansons d'amis qui en écrivent en pensant à moi comme interprète.»

Elle a choisi à travers une quarantaine de chansons dont six des siennes. De ces six, elle en a retenu trois. De Bourbon Gauthier, un bon ami, elle en a pris quatre, puisant les autres chez Dany Bédar, Catherine Durand, Pol Sareault et Danny Boudreau. Toujours avec la même exigence: que la chanson habite son coeur. «Pour être capable de chanter correctement l'album en spectacle, à la télé, partout, il faut le ressentir au plus profond de soi. Il faut croire à chacune des chansons.»

Avec un titre comme Ma route, en plus de la constante et folle quête d'authenticité qui la caractérise, elle arrive à assumer totalement chaque chanson même si elle n'en est pas l'auteure. «Tu prends la chanson de Dany, Je te laisse partir, raconte-t-elle. Elle lui a été inspirée par le décès de Guy Rajotte un ami qu'on avait en commun et dont j'étais extrêmement proche. La chanson est magnifique et Dany me l'a envoyée. Elle est à moi cette chanson-là. Elle n'aurait pas été plus sincère si c'est moi qui l'avait écrite.»

«Juste là, qui raconte la peine d'amour d'une femme trompée, c'est moi qui l'ai écrite. Même si j'essayais de faire croire que c'est inspiré par ce qui est arrivé à une amie ou l'amie d'une amie, ce n'est pas vrai et je ne tromperais personne en le disant. C'est à moi que c'est arrivé: c'est mon histoire. C'est pour ça que je peux l'écrire et la chanter.»

Peut-être est-ce le fait de la maturité, de 40 ans de métier ou de sa viscérale sincérité dans le processus de création, Laurence Jalbert affirme qu'elle n'a jamais connu une production plus facile. «On a tout fait en 20 jours. Tout a fonctionné à merveille. Quand j'ai voulu chanter accompagnée de Guylaine Tanguay sur Une minute à moi, je l'ai appelée et non seulement elle a accepté tout de suite mais elle était disponible au moment où je le souhaitais. Tout a marché comme ça. C'était incroyable!»

Tout assumer

Évidemment, quand un album naît d'une conviction inébranlable, quand on sait ce qu'on veut et qu'on y croit dans son ventre, ça doit aider. «Oui, je suis arrivée à des certitudes mais leur prix, ce sont d'innombrables doutes, des remises en question fondamentales et difficiles à vivre. Le doute, c'est le propre de l'être humain qui s'écoute mais il arrive un moment où les choses finissent par se placer comme des évidences. Il faut juste accepter de passer par cette douloureuse étape.»

Aujourd'hui, elle peut affirmer que Ma route, c'est elle, intégralement. «L'album fait partie de ma route de femme.» C'est la condition pour qu'elle puisse l'interpréter sur scène. «Pour moi, un spectacle, c'est se livrer totalement. Je ne me ménage pas sur une scène, les gens le savent. Chacune des nuances exprimées est ressentie dans mon corps. C'est pour ça que les gens retrouvent sur scène exactement la même femme que celle qu'ils ont vue en entrevue à la télé. Je suis entière et ils répondent merveilleusement à ça en me donnant tellement d'amour. Je me sens choyée.»

«Je suis habitée par la scène. J'y suis complètement moi-même. Souvent, je suis décousue, j'oublie des paroles, je me trompe, je recommence. Les gens comprennent: je suis comme ça et c'est ce qu'ils aiment. Pour faire de la scène, ça prend de la modestie et de la générosité. Tu fais le show parce que ça te fait du bien mais tu l'offres aux gens. S'il n'y a pas de vrai partage, ça ne marche pas.»

Après avoir frôlé la mort par trois fois, avoir vécu une dépression majeure, avoir donné naissance à un fils grand prématuré, elle a beaucoup à partager. «Avec tout ce que la vie m'a crissé dans la face, excusez l'expression, j'ai appris à faire le deuil de ces douleurs-là. Les gens sentent que je ne me pose jamais en victime et que j'assume tout. Et je suis encore là pour en témoigner. Ils sentent que j'ai foi en la vie et parfois, ça les inspire.»

Un seul spectacle est présentement programmé dans la région: le 5 novembre 2016 à la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan.

Malgré les épreuves, Laurence Jalbert demeure une amoureuse... (La Presse) - image 3.0

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Malgré les épreuves, Laurence Jalbert demeure une amoureuse de la vie, de son métier et de son public. 

La Presse

À la recherche d'une communion

Il y a un an, Laurence Jalbert a exploré une nouvelle avenue dans sa carrière en écrivant un ouvrage autobiographique à la facture originale: elle présente douze chansons dont chacune correspond à un chapitre de sa vie. Le bouquin l'a amenée à présenter des conférences où elle parle de sa vie et de la résilience qui a permis qu'elle soit encore là, à poursuivre une route qui n'a pas manqué d'épreuves.

«Je suis une personne très ancrée dans la vie, raconte-t-elle. Grâce à mes racines familiales, j'ai hérité d'une façon de voir la vie. Ça m'a aidée tout au long de mon existence. Je ne l'ai pas réalisé étant jeune mais je sais aujourd'hui que j'avais des racines profondes qui m'ont permis de tenir le coup. J'ai côtoyé des gens dans ce métier qui sont tombés dans la drogue jusqu'à se retrouver à la rue. Comment ça se fait que moi, imparfaite parmi les imparfaites, j'ai tenu le coup pendant 40 ans? C'est parce que j'avais mes racines bien plantées et que je suis quelqu'un d'honnête, je pense.»

«Les gens viennent me voir en spectacle ou en conférence et me disent combien je les ai touchés. C'est un maudit beau privilège que d'avoir ce contact-là avec le public. Je me souviens avoir présenté une conférence ici à Trois-Rivières devant un Cercle de femmes. Elles étaient 600 à y assister: c'est extraordinaire! J'adore communiquer de cette façon-là.»

Pour éviter la surexposition, les conférences sont devenues rares parce que la chanteuse est en pleine tournée du spectacle de son nouvel album. «Je fais un métier où on ne peut pas se permettre de s'éloigner trop longtemps de la scène parce que c'est très difficile de retrouver son public par la suite. Par contre, après la tournée, je prévois reprendre et peut-être même écrire un autre livre. Les conférences me permettent une sorte de partage unique parce que lors de ces rencontres-là, les gens interviennent, me parlent d'eux, de leur vie. C'est ça qui me donne le goût d'écrire un autre livre.»

Les conférences sont émaillées de chansons qui, dans le contexte, prennent tout leur sens. «Je n'en reviens toujours pas du pouvoir que peut avoir une chanson. Comment, parfois, elle peut littéralement changer des vies. Je me souviens de cette femme qui s'est levée une fois dans une conférence pour me dire qu'après avoir entendu Au nom de la raison à la radio, elle s'est levée et elle a dit à son mari: ''Tu ne me traiteras plus jamais de même!'' Et elle est partie.»

«La conférence, c'est comme une offrande que je reçois des gens. Un spectacle de chansons, c'est autre chose: c'est physique et extrêmement puissant. C'est un moment où je suis carrément habitée.»

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