La candeur d'une cowgirl fringante

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Marie-Annick Lépine est maman de deux filles de 8 mois et 4 ans.

La Presse

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En 2007, Marie-Annick Lépine avait commis une petite infidélité envers ses fringants cowboys pour donner libre cours à sa créativité sur un album de son cru, Au bout du rang. La porte alors ouverte ne semble jamais s'être totalement refermée si bien qu'elle présente aujourd'hui un nouvel album: J'ai brodé mon coeur.

Celui-ci est d'une facture toute particulière puisqu'il s'agit d'un album pour les enfants. En fait, il est destiné aux jeunes enfants et à leurs parents. «La naissance de mon premier enfant, il y a quatre ans, m'a beaucoup inspirée. Je ne m'attendais pas à vivre autant d'amour et en même temps, j'ai ressenti une grande tendresse envers les autres parents. J'ai commencé à écrire des chansons qui s'adressaient, me semble-t-il, aussi bien aux petits qu'aux parents sachant que les chansons seront perçues différemment par les uns et par les autres.»

À travers une forme toute simple, marquée par une poésie en prise directe avec l'émotion pure qui habite un parent devant la vie qui se déploie sous ses yeux, la musicienne n'en a pas moins plongé dans un processus créatif plus exigeant que ce qu'on s'imagine. «J'ai appris avec les Cowboys l'importance des textes et je sais combien les mots peuvent être porteurs et interpeller les gens. C'est vrai dans ce cas-ci également. Je tenais à bien écrire des textes simples. J'avoue que ça prend beaucoup d'honnêteté et de franchise pour aborder des chansons pour les petits mais si tu peux avoir cette attitude-là, ça se transmet directement sur le papier.»

Une honnêteté qui se manifeste notamment sur la pièce Je suis humaine qui traite de la propension à être trop touchée par l'opinion qu'ont les autres sur soi. «La difficulté à s'apprécier soi-même est quelque chose que je connais bien parce que je le vis mais je pense que c'est pertinent pour beaucoup de monde aussi. Je pense que ça peut vraiment faire du bien de se faire dire que ce n'est pas grave de ne pas être parfaite. Présenté de façon assez simple et directe pour interpeller un jeune enfant, ça passe encore mieux.»

Trop intense?

Comme dans tout processus créatif digne de ce nom, la violoniste a connu sa part de doutes. «Un des aspects qui m'a dérangée, c'est que j'ai eu peur que les gens perçoivent mon album comme trop vrai ou intense pour être destiné aux enfants. Les deux dernières chansons composées ont été Ourse noire, ours blanc et Albert la plume qui sont plus imagées pour les enfants parce que je trouvais qu'il me manquait globalement de l'imaginaire enfantin. Mais je me suis aperçue que l'interprétation était aussi très importante: j'ai fait attention à ce que ma voix soit toujours lumineuse, enjouée et surtout pas triste parce que j'ai facilement la voix triste quand je chante. J'ai interprété toutes les chansons avec le sourire aux lèvres et de façon enjouée et je pense que ça s'entend, peu importe le propos.»

Marie-Annick Lépine fait donc le même constat que d'autres avant elle à savoir qu'on peut dire toutes sortes de choses aux enfants tant qu'on s'y prend bien. «Je prends ma plus grande fille de quatre ans: sa chanson préférée, c'est Le p'tit bonheur de Félix Leclerc qui n'est certainement pas une chanson pour enfant. Comme quoi les enfants sont prêts à entendre ce qu'on veut bien leur offrir. Je pense que mon album est un beau cadeau que des parents peuvent faire à leur petit chou parce que chaque chanson contient sa petite leçon de vie mais qui passe tout en douceur.»

Preuve que c'est sans arrière-pensée vénale que la jeune maman d'une seconde fille âgée aujourd'hui de huit mois a conçu ce projet, il n'y a aucun projet de spectacle lié à cet album mis en vente à la mi-mars. «Ce n'est pas prévu, mais si jamais il y a une demande, on verra. Ce qui me tenterait davantage, ce serait peut-être d'écrire une pièce de théâtre pour enfant dans laquelle on retrouverait des chansons. Quand je vais voir du théâtre jeunesse avec ma plus vieille, je trouve ça très inspirant. On ne sait jamais... Si jamais la famille et les Cowboys fringants m'en laissent le temps, ça me tenterait.»

Les Cowboys fringants sont en spectacle samedi à... (Le Quotidien) - image 3.0

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Les Cowboys fringants sont en spectacle samedi à la salle J.-A.-Thompson.

Le Quotidien

Contre vents et marées

Dans une industrie de la musique malmenée par des vents contraires et qui peine à se maintenir à flot, le bateau des Cowboys fringants poursuit allégrement sa route. Ils seront d'ailleurs à la salle J.-A.-Thompson samedi soir pour présenter le spectacle en lien avec leur dernier album, Octobre, lancé l'automne dernier.

Bien sûr, les Cowboys présentent moins de spectacles qu'il y a 15 ans mais ils montent encore sur la scène plus d'une centaine de fois par année, un succès auquel d'autres ne peuvent désormais plus que rêver.

L'accueil pour le dernier album a été, encore une fois, excellent. «On avait forcément des doutes et des incertitudes comme au moment de lancer chacun de nos albums, mais la réponse est encore très bonne, dit Marie-Annick Lépine. Nous sommes extrêmement chanceux et nous en sommes bien conscients.»

«Les chansons de l'album sont au coeur de ce nouveau spectacle, évidemment, parce qu'on est content d'avoir du nouveau matériel à offrir aux fans et parce que ça nous fait toujours du bien de nous renouveler après vingt ans de carrière. Sur 24 ou 25 chansons qu'on va interpréter dans leur spectacle, il y a forcément des demandes spéciales, des chansons un peu incontournables de nos différents albums. Ce n'est pas qu'on se sent obligés de le faire parce qu'on a toujours autant de plaisir à les chanter. De plus, sans vouloir nous vanter, on a quand même pas mal de hits parmi lesquels choisir. Si on fait le calcul: neuf albums, avec douze ou treize plages chacun, ça nous fait un grand éventail de choix!»

Quant à savoir ce qui permet aux Cowboys fringants de conserver une telle cote de popularité auprès du public et, conséquemment, de vendre encore autant de billets et d'albums, la violoniste et arrangeuse du groupe ne sait trop que répondre. «C'est embêtant parce que ce n'est jamais l'artiste qui choisit si les gens vont le suivre ou non. Notre avantage, c'est peut-être qu'on ne présente jamais deux spectacles semblables d'un soir à l'autre. On laisse toujours une bonne place à l'improvisation, à l'humour. Certains soirs, franchement, c'est pas mal n'importe quoi et les gens trouvent ça drôle. C'est vraiment la fête quand on vient voir un spectacle des Cowboys et ça, ça fait du bien au moral de tout le monde. Notre longévité s'explique en partie par ça, je crois, mais aussi au fait que nous avons nous-mêmes du plaisir sur scène et qu'on le partage. Si on se contentait de faire nos chansons sans le souci d'avoir un vrai contact avec le public, je ne pense pas que nos spectacles auraient autant de succès.»

«On a toujours dit qu'on est des adolescents et malgré qu'on ait désormais nos propres familles, les gars du groupe demeurent des rigolos. Je peux même dire qu'en vingt ans, on n'a jamais eu une période de profonde remise en question de notre attitude, de ce qu'on avait envie de faire.»

Chaque album apporte son propre lot de remises en question quant au contenu de l'album, aux arrangements, aux sujets à traiter mais certainement pas quant à l'orientation du groupe. «Il faut dire que contrairement à un artiste solo, nous sommes toujours les mêmes musiciens à travailler sur chaque album, ce qui favorise la continuité, plaide celle qui est responsable des arrangements des chansons que Jean-François Pauzé, le guitariste, écrit alors que Jérôme (Dupras, le bassiste) s'occupe de la section rythmique et que Karl Tremblay en est l'interprète. Ça fait qu'il n'est pas toujours évident de se renouveler mais je pense qu'on a fait du bon travail jusqu'ici. En tout cas, on a été chanceux de connaître assez de succès pour poursuivre l'aventure.»

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