Vivre dans un tourbillon

Kevin Bazinet... (La Presse)

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Kevin Bazinet

La Presse

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il faut, paraît-il, battre le fer pendant qu'il est chaud. Dix mois après son triomphe à l'émission La voix, le fer est encore brûlant et Kevin Bazinet se lance dans une tournée pan-québécoise qui l'amènera à la salle J.-Antonio-Thompson le 3 mars avec son nouvel album Talk to Me sous le bras.

Catapulté vedette de la chanson par l'émission, il est aujourd'hui plongé dans la vie de star. «C'est un véritable tourbillon médiatique, avouait-il en entrevue téléphonique, justement, avec Le Nouvelliste. J'aime ça, par exemple. Je me souviens pendant mon parcours à La voix, je m'imaginais que ma vie allait se poursuivre simplement comme avant. Je me suis aperçu assez vite que ce n'était pas évident de continuer à être serveur chez Saint-Hubert. J'ai dû laisser mon emploi et la musique est devenue un travail à temps plein.»

Un travail plus prenant et certainement moins routinier que de servir du poulet. «Je suis surpris à chaque jour de tout ce que j'ai à faire. C'est certainement plus prenant qu'on peut l'imaginer. À certaines périodes, je me suis aperçu que je faisais même moins de musique qu'avant à cause des tournées de promotion, des heures passées sur les routes, etc. Il n'y avait peut-être que 1 % de mon temps consacré à la musique comme telle. À un moment, j'ai même eu des doutes et je me suis demandé si c'est vraiment ça que je voulais faire de ma vie. J'avais hâte de pouvoir enfin me lancer dans la tournée de spectacles.»

«J'ai finalement compris ce qu'est mon travail et je le fais avec plaisir mais quand je monte sur scène, je suis plus conscient qu'avant que c'est un privilège incroyable. Je trippe à fond. Je n'ai jamais autant aimé chanter.»

Son album, confectionné avec ses compositions, est sorti à la mi-novembre. Trente-cinq mille copies vendues plus tard, il estime que les chansons auront changé quand il les interprétera devant le public trifluvien. «D'abord, j'apprends tous les jours en côtoyant des professionnels comme Tino Izzo qui a réalisé l'album. De plus, je veux que ce spectacle permette au public de mieux me connaître comme personne alors, je me donne de la marge de manoeuvre pour lui faire découvrir différentes facettes qu'ils n'ont pas encore vues de moi.»

À ce titre, il a une bonne inspiration. «J'admire la carrière de mon frère Bobby et c'est un modèle. J'ai appris de lui qu'on ne peut pas plaire à tout le monde et qu'il vaut mieux faire ce qu'on aime et être fidèle à soi-même que d'essayer de se changer pour plaire aux gens. C'est toujours plus facile de défendre ses idées et sa propre façon de faire les choses.»

Un party de famille

Sa façon à lui, c'est de se laisser porter par la musique et la passion qu'il ressent à la jouer. «En spectacle, je me laisse emporter par l'énergie que me donne le public. Les gens me disent que je ne suis pas le même gars sur la scène qu'en-dehors. Après seulement quelques représentations de mon spectacle, je me sens super à l'aise en scène. C'est comme un party de Noël en famille!»

«On a conçu une mise en scène bien structurée, que j'ai apprise par coeur mais à partir de là, je me donne de la marge de manoeuvre pour faire ce dont j'ai envie. Je prends toutes sortes de détours dans le déroulement du spectacle, je vais solliciter un solo de batterie quand ça me tente ou improviser une blague selon mon humeur. Tout ça dépend de la réaction du public qui est différente à chaque soir.»

La seule chose qui ne semble pas vouloir changer, du moins jusqu'ici, est l'enthousiasme des spectateurs. «C'est fou à quel point la réaction des gens est bonne. Ils trippent et moi aussi! En huit ou neuf représentations jusqu'ici, on n'a eu que des succès avec des ovations debout. On termine le spectacle et on dirait que les gens en voudraient un autre au complet. Je suis vraiment surpris que ça marche aussi bien.»

«Honnêtement, j'ai eu des doutes dans les mois qui ont précédé la première. Je me demandais comment j'arriverais à gérer mon premier vrai spectacle solo devant un public qui paie strictement pour me voir. Les attentes étaient élevées et j'en étais très conscient. Là, je suis rassuré. Je souhaite seulement que les choses continuent à ce rythme.»

La tournée se poursuivra jusqu'au mois de mai avant une autre étape incontournable: les festivals d'été. L'automne pourrait être la saison des supplémentaires mais ça, c'est le succès du spectacle aux guichets qui en décidera.

Kevin Bazinet avoue qu'il a eu un petit vertige quand il a vu la série de spectacles s'étendre le long des mois à venir mais il s'est fait à l'idée qu'une grande partie de son temps appartient au public qui le réclame. Il n'est pas dépaysé pour autant puisqu'il a, en quelque sorte, été entraîné à ça. «Ce n'est pas un hasard si Bobby et moi faisons de la musique. Quand j'étais jeune, mon père jouait dans un petit groupe et il était en spectacle toutes les fins de semaines. Il nous traînait avec eux et on se couchait tard. On aimait ça!»

«Les soirs de semaine, le groupe répétait jusque tard le soir alors on s'endormait sur leur musique. On ne le savait pas mais on avait une vie de rocker avant d'en avoir l'âge!»

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