Chanteur ou conteur, le même Fred

Fred Pellerin débarque à Shawinigan pour deux soirs.... (Le Droit)

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Fred Pellerin débarque à Shawinigan pour deux soirs.

Le Droit

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «On en a neuf de faits. Il nous en reste 40.» Fred Pellerin égrène consciencieusement les représentations de sa tournée du spectacle Plus tard qu'on pense qu'il présente au Centre des arts de Shawinigan samedi et encore dimanche.

Ce n'est pas par anticipation d'en voir la fin. Ce serait plutôt l'inverse, en vérité. Il a décidé d'un nombre limité de représentations auquel il ne dérogera pas. Chacune porte un numéro comme les exemplaires numérotés d'un livre à tirage exclusif parce que chaque représentation est unique, un moment dans le temps. Parce que chaque spectacle est pour lui quelque chose de précieux et qu'il veut qu'il en soit de même pour les spectateurs.

Fred Pellerin aime les symboles.

Un spectacle de chansons, c'est nouveau pour le conteur et neuf représentations, c'est assez pour savoir si ça marche. «Ça va bien pis c'est l'fun», clame-t-il dans une évaluation certes claire mais un peu succincte.

«On a eu le temps de prendre un peu nos aises avec les chansons; la levure commence à faire effet. Entre autres, on a trouvé le ton du spectacle. C'était pas évident parce que j'ai beaucoup de chansons assez graves. Il fallait trouver une façon de bâtir un spectacle qui garde les gens sur le qui-vive. Surtout que moi, je deviens très insécure sur scène quand le rythme est lent trop longtemps. Là, on a établi la courbe du spectacle et en plus, on le maîtrise de plus en plus.»

«Ça, ça veut dire que quand je fais un accord un peu croche, je ne me remets plus en question et je n'ai plus besoin de courir voir mon psy. On se dit que j'ai fait un accord croche, on sourit, on continue pis on a du fun. Cette sécurité-là fait qu'on peut ajouter un peu de crémage et on savoure les tounes.»

Ce partage de clins d'oeil et de sourires en coin, il se fait à quatre sur scène: Jeannot Bournival, éternel compagnon de route, Daniel Lacoste, aux différentes guitares, Alexis Dumais, au piano et à la contrebasse et un certain Frédéric Pellerin aux cordes vocales et à la parlure.

L'écoute

Quand on lui demande quelles sont les réactions du public jusqu'ici, il répond: «Beaucoup de vêtements déchirés, beaucoup de pertes de connaissances, des chutes de pression!»

Fred Pellerin aime déconner.

«Sérieusement, il y a une écoute assez hallucinante. Je pense que c'est établi par mes spectacles de contes alors qu'une bonne écoute est nécessaire. Avec les chansons, c'est juste qu'on le remarque plus: le silence est plus fort à nos oreilles. L'autre chose, c'est qu'il y a des claques au moment où on entame certaines chansons que les gens sont contents d'entendre. Je suis complètement désarçonné quand ça arrive comme quand les gens chantent en même temps que moi. Je trouve ça ben l'fun.»

Fred se doutait évidemment que certaines chansons plaisaient plus que les autres mais ce ne sont pas toujours celles qu'il attendait. «Pour Mommy, on a eu plusieurs claques jusqu'ici et je n'aurais jamais pensé. Même qu'en élaborant le spectacle, on l'avait enlevée puis à la dernière minute, on l'a remise. Et là, elle provoque des claques! En plus, on la fait pesante, quasiment comme une marche funèbre. Ça empêche pas le public d'embarquer. Je pense que les gens ont non seulement acheté les albums, mais on dirait qu'il les ont bien écoutés. Ça fait qu'il y a une charge émotionnelle supplémentaire dans les chansons.»

Le village

Shawinigan, ce n'est pas Saint-Élie mais en comparaison avec les autres escales de la tournée, c'est la maison. Fred en convient, surtout parce que ce sont les spectacles à Shawinigan et aussi à Trois-Rivières, que les gens de Saint-Élie viennent voir. Ils ont toujours de bons billets qui leur sont réservés. 

Fred Pellerin aime ses voisins.

«Quand les gens du village y sont, c'est particulier pour moi. Quand on va chanter Ovide et que sa veuve Carmel va être dans la salle, c'est sûr qu'il va se passer quelque chose. On n'est pas dans le Caxton accoté comme dans les spectacles de contes mais j'ai écrit une intro pour le spectacle qui parle de la place de la musique dans notre village et je sais que ça va aller chercher un écho chez les gens du village qui vont assister au spectacle, ça c'est sûr.»

Neuf représentations, c'est peu, mais assez pour savoir comment il se sent, sur scène, dans des godasses de chanteur. «J'aime ça. La seule chose, c'est que je n'explose pas comme je le fais avec les contes où il ne peut pas y avoir de temps mort. Là, il faut que j'apprenne qu'il y a des temps morts et que c'est correct. C'est aussi un autre spectre d'émotions. Ça reste proche du conte mais je descends plus dans le poétique, le chuchoté et je vois que ça passe. J'aime les artistes qui prennent des risques. Nous, on a pris un risque avec ce spectacle et je suis content du résultat.»

«Je ne chuchote pas moins dans le micro en spectacle que je le faisais en studio. Je chuchote juste un peu plus fort. Même si c'est de la chanson, l'aspect de la rencontre, de l'échange avec le public, ça se passe. C'est encore là avec les chansons. Le plaisir est encore bien présent.»

Fred Pellerin aime le plaisir.

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