Les expériences, nourriture de Caroline Dhavernas

Caroline Dhavernas a vécu une expérience dure mais... (François Gervais)

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Caroline Dhavernas a vécu une expérience dure mais gratifiante lors du tournage de Chasse-galerie: la légende qui prendra l'affiche la semaine prochaine.

François Gervais

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Professionnellement à cheval entre le monde et le Québec, Caroline Dhavernas ne cherche même pas son équilibre. Peut-être parce qu'elle l'a bien inscrit en elle, dans sa personnalité. Peut-être aussi, diront certains, parce qu'elle a été chanceuse. Mais il serait étonnant qu'on puisse être aussi chanceuse sans y être soi-même pour quelque chose.

C'est comme pour sa beauté. Bien des actrices aussi séduisantes - la plupart serait-on porté à croire - en sont devenues prisonnières. Pas elle. «Je n'ai jamais senti que mon casting m'empêchait de faire certaines choses. J'ai toujours joué toutes sortes de rôles. En fait, j'ai l'impression d'avoir eu la chance de constamment me réinventer grâce à la variété des rôles qu'on m'a offerts.»

«Ça fait longtemps que je travaille ailleurs qu'au Québec mais toujours pour mieux revenir ici. Je n'ai jamais eu l'impression d'avoir quitté le Québec professionnellement. J'ai fait mon petit bonhomme de chemin et ce n'était pas un chemin qui était tracé d'avance. Je suis allée voir ailleurs si j'y étais. J'étais bien entourée, c'est vrai, mais en bout de ligne, on est toujours seule quand on fait des démarches semblables.»

«À ce titre-là, je trouve qu'il y a un lien avec le personnage de Liza Gilbert que j'interprète dans Chasse-galerie: la légende: c'est une fille déterminée qui fait son propre chemin sans se soumettre bêtement aux conventions.»

Elle ne pouvait trouver rôle plus ancré dans la culture québécoise avec ce film qui se base sur la légende populaire de la chasse-galerie qui a meublé l'imaginaire de générations de Québécois. «La légende de la chasse-galerie, je ne la connaissais pas alors je l'ai découverte à travers le scénario du film. Après, je suis allé lire les textes d'Honoré Beaugrand et je l'ai trouvée particulièrement belle. Je sais que c'est une histoire qui a été racontée autour des feux de camps par des générations et des générations de gens alors, c'est touchant pour moi de contribuer à perpétuer une tradition semblable grâce au cinéma.»

Il y a, de plus, de la matière dans laquelle la comédienne a pu mordre à belles dents. «C'est une belle et forte histoire d'amour. C'est aussi l'histoire de nos ancêtres qui ont été des géants extraordinaires. On l'a répété souvent dans les médias mais le tournage s'est fait dans des conditions très rigoureuses qui nous ont fait prendre davantage conscience de l'immense courage et de la force de ces gens-là. J'ai aimé l'approche de Jean-Philippe (Duval, le réalisateur) de raconter cette époque sans chercher à l'embellir pour susciter une nostalgie mais en la montrant telle qu'elle était.»

Or, les conditions de vie telles que décrites ne sont pas qu'anecdotiques. Elles servent aussi le propos, assure la comédienne. «Dans des conditions de vie aussi dures, en mode survie, la chaleur humaine devenait d'autant plus importante et prenait une place cruciale. Quand les hommes partaient cinq mois loin de leur douce, c'était vécu comme un drame. C'est d'ailleurs ça qui a donné naissance à cette légende. Dans les chantiers, en plein hiver, les hommes rêvaient passionnément de passer ne serait-ce que quelques heures en compagnie de leur amoureuse.»

Sans révéler trop d'éléments du scénario, il convient de dire que ce couple que Caroline Dhavernas forme avec Francis Ducharme est damné et qu'ils affrontent non seulement une vie dure mais les forces du mal qui s'acharnent contre eux. «C'est aussi un couple de jeunes un peu rebelles qui bousculent un peu les conventions. Ils ne cachent pas leur relation et leur désir même s'ils ne sont pas mariés. Liza, de son côté, a perdu ses parents, elle a appris à se débrouiller seule. Elle n'attend pas après un homme pour la faire vivre. Ces femmes fortes ont aussi contribué à bâtir le pays et c'est l'fun de jouer une femme de caractère et de passion qui ne s'en laisse pas imposer.»

Les conditions adverses du tournage - l'équipe a tourné en extérieur lors du mois de février 2015, un des plus froid de l'histoire - auraient pu décourager la comédienne, or, elles l'ont stimulée. «J'aime l'action, les défis physiques alors l'idée de tourner dans le bois en extérieur et en hiver m'attirait. C'est vrai que je ne pensais pas qu'il ferait jusqu'à -38°! Ça amenait chacun à se dépasser ce qui nourrissait nos personnages et ça a eu pour effet de souder l'équipe. Ç'a été une très belle expérience, un souvenir qui va rester très précieux pour moi.»

Pour ce qui est de la suite de sa carrière déjà riche, elle la veut sans frontière. «J'espère aller avec des gens qui osent raconter des histoires hors du commun qui ne cherchent pas nécessairement à plaire à tous. J'aime ces créateurs audacieux, que ce soit au Québec, dans le reste du Canada, aux États-Unis ou en France où je tourne aussi à l'occasion.»

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