Le chemin parallèle de Manon Brunet

À 51 ans, Manon Brunet respire le bonheur... (Stéphane Lessard)

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À 51 ans, Manon Brunet respire le bonheur et la confiance.

Stéphane Lessard

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Manon Brunet respire le bonheur et la confiance. Elle l'avoue elle-même. Pourtant, avec une trentaine d'années de métier, sur les sentiers les plus arides, on comprendrait son découragement et on excuserait son amertume. Mais il n'en est rien. «À 51 ans, je n'ai jamais été aussi épanouie et heureuse. Je suis vraiment dans une belle période de ma vie.»

À l'ombre des grosses machines telles La Voix et Star Académie, elle garde vivante sa passion. Non sans embûches. La route parallèle, c'est celle que Manon Brunet a choisie. En fait, est-ce que c'en est un choix?. «Ç'a peut-être l'air d'un choix vu de l'extérieur mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas envie. Mais ça n'arrive pas, alors un moment donné on continue notre chemin.»

L'expérience, elle l'a accumulée au fil des années. Les opportunités, elle les a saisies quand elles se présentaient, une à une, en espérant qu'il y en aurait d'autres. Alors comment garder le moral et la motivation quand tout ce travail peut être court-circuité en gagnant un concours? «C'est vraiment difficile, je ne peux pas te dire le contraire», admet-elle sans ambages avant de prendre une pause. «Ce que je trouve difficile, c'est ce que ça transmet au public, parce que moi j'essaie de transmettre complètement autre chose.... mais bon, il faut vivre avec», se résigne-t-elle.

Manon Brunet ne cache pas avoir tenté sa chance. «J'ai toujours essayé pareil d'y aller et toutes les fois que j'essaie, ça ne marche pas. À toutes les fois je me dis: ''Je pourrais y aller moi aussi dans la gang''», lance-t-elle. «C'est sûr que c'est décourageant, mais faut juste mettre nos énergies ailleurs.»

Et de l'énergie, il ne fait nul doute qu'elle en a beaucoup. À la tonne. Mais malgré ses efforts et son acharnement, certaines portes lui restent inaccessibles. «J'ai beaucoup de difficulté à jouer dans les radios commerciales, je joue à Radio-Canada mais les radios commerciales n'ont jamais embarqué. Je ne faisais pas partie d'une grosse équipe avec ma maison de disque. J'avais quand même une bonne distribution mais je dois y aller différemment.»

Voir le côté positif et accepter que le chemin est différent lui permet de continuer à avancer. «J'ai une relation spirituelle avec moi-même qui est très importante, je suis très disciplinée. Je me parle beaucoup. Je n'ai pas d'enfant alors j'ai beaucoup de temps à passer avec moi-même», ricane-t-elle.

Vivre sa passion c'est très louable, mais il faut quand même payer les factures. «J'ai la chance de travailler au Théâtre du Nouveau monde depuis plus de cinq ans, donc ça me donne l'opportunité de m'asseoir et de ne pas avoir à courir après les contrats. Je peux choisir mes combats.»

En plus d'être une chanteuse d'expérience, Manon Brunet flirte aussi avec le métier de comédienne en plus de donner des ateliers dans les écoles. «J'aime avoir plusieurs projets en même temps, parce que si tu as un refus, tu te vires de bord et tu continues.» Ayant connu plusieurs problèmes de gérance au cours de sa carrière, elle se réjouit de son nouveau partenariat avec Renée Cloutier qui lui permet, selon elle, de mettre de l'avant toutes ses facettes artistiques. «Il faut essayer d'exploiter ce que je suis.» 

Dans cet ordre d'idée, Manon Brunet avoue rêver d'un projet qui lui permettrait de faire connaître ses multiples facettes artistiques. «Je rêve d'avoir un rôle de chanteuse. Mario Pelchat qui a eu le flash de faire un spectacle hommage à Joséphine Baker (avec Joe Bocan), ça c'est un maudit bon flash. J'aimerais ça aussi avoir un éclair de génie mais j'arrive pas à en trouver. Qui est-ce que j'interpréterais, le rôle de qui? Est-ce que ce serait une nouvelle histoire? Je ne sais pas, mais c'est quelque chose que j'aimerais beaucoup, pouvoir mélanger les deux passions.»

Le cadeau de l'humilité

Pour tenir tête aux nombreux revers du métier, il faut être tenace, certes, mais également très modeste. «Le fait de travailler au Théâtre du Nouveau monde, d'être dans ce monde-là, me donne plus d'humilité quand je me retrouve sur scène», explique Manon Brunet qui trace une ligne très claire entre sa carrière artistique et son travail au TNM. 

La sympathique chanteuse a beau être énergique et extravertie, elle a vite compris que l'humilité serait une alliée importante dans son long parcours. «Lorsque j'ai obtenu ma première bourse, j'ai viré une grosse brosse! Je jouais à Drummondville et j'étais vraiment faite le lendemain et je me disais: ''Comment je vais faire!'', Et quelque chose s'est produit. J'étais tellement vulnérable... Ce soir-là, j'ai compris que le charisme réside dans l'humilité. Et maintenant, je le sens. Je ne monte pas sur la scène souvent mais quand je le fais, je suis tellement contente! Il y a quelque chose de très naturelle et aucune prétention.»

Justement, est-ce que ça ne devient pas une marque de commerce d'être si accessible? «Je pense que oui. Et je pense que c'est pour ça que ça ne marche pas dans les grosses machines.»

Est-ce que ça briserait la Manon qu'on connaît? «Oui. Je pense que oui... Finalement, c'est une bonne chose.» Vraiment? «Oui. Je suis à l'aise là-dedans. Je ne pense pas que je pourrais être une grande star», lance-t-elle pensive. «Quoique...»

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