Une chance en or pour deux Trifluviennes

Camille Pétrod et Vanessa Roberge... (Sylvain Mayer)

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Camille Pétrod et Vanessa Roberge

Sylvain Mayer

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Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Camille Pétrod et Vanessa Roberge ne tiennent plus en place. Dans les prochaines semaines, les deux jeunes femmes se retrouveront sur la scène de la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts. C'est en remportant une place au concours Ma Première Place des Arts que les deux jeunes femmes ont obtenu ce privilège.

«C'est la première année que je participe. Je me suis dis: ''je ne suis pas très loin alors pourquoi pas''. Je me suis rendue dans un studio d'enregistrement, j'ai fait et envoyé mon démo et puis j'ai attendu...», affirme Vanessa Roberge qui travaille dans un bureau de comptables de Trois-Rivières. «J'avoue que je ne m'en attendais pas. Comme je suis difficile avec moi-même, je n'étais pas certaine de ma performance...»

Camille Pétrod, elle, s'est vu attribuer une place en charmant les membres du jury lors de la finale nationale de Cégeps en spectacle. «Je suis très énervée. Je ne suis pas compétitive, en tout cas je ne pense pas l'être», lance la jeune femme de 19 ans originaire de La Tuque. «Je vois toute cette aventure davantage comme un enrichissement et une belle expérience.»

«Je vais faire cette prestation pour me faire plaisir et pour faire plaisir aux spectateurs. Je ne veux pas nécessairement que tout soit parfait. Je suis une fille de scène et cet aspect je le maîtrise bien. Je vais donc tenter d'avoir le moins de stress possible et de m'amuser. J'ai fait des grandes et des petites salles. Je suis très à l'aise avec les deux publics», souligne-t-elle en notant le caractère convivial et chaleureux de la salle Claude-Léveillée.

Vivant sa passion pour la musique en parallèle de ses études, la jeune femme ne refuse pas une occasion de garnir sa feuille de route. «Chaque petit bout de vie où j'ai la chance d'interpréter des chansons me permet d'acquérir une nouvelle expérience. Même si je n'ai pas aimé ma performance, ça m'apporte toujours quelque chose de positif», philosophe l'étudiante en sciences juridiques.

Les chansons qui sont interprétées par les participants doivent être en français et récentes, une contrainte que ne redoute pas la jeune femme. «Ce n'est pas mon répertoire et ça me sort de ma zone de confort mais ça va également m'apporter un grand bagage», se réjouit la jeune chanteuse qui offrira sa performance le 18 janvier. «Quand je fais des festivals, je touche à tout. Je veux faire bouger le public et qu'il chante avec moi. Je dois rejoindre tous les groupes d'âge», affirme celle qui aime fouiller les répertoires blues et rock.

Le privilège d'être «dans la cour des grands»

De son côté, Vanessa Roberge a un amour brûlant pour la chanson mais elle ne souhaite pas mettre sa vie en veilleuse pour se consacrer à une carrière dans le monde de la chanson. «Ça fait partie de moi mais les études et le travail passent avant. Je prends toutes les expériences qui passent et un jour si ça débloque tant mieux!», raconte la jeune femme qui montera sur les planches le 15 février.

Elle se satisfait pleinement de garder bien vivant son intérêt, une étincelle à la fois. «Je prends tous les moyens pour entretenir ma passion et concilier travail, famille et musique.» À quelques reprises elle a alimenté cette passion en participant à des concours lui permettant de mettre en lumière son talent mais elle ne veut surtout pas brûler les étapes. «J'ai pris le temps de voir autre chose. J'ai pris de l'expérience avec le temps.» À 25 ans, Vanessa Roberge n'en est effectivement pas à ses débuts, elle a chanté dans les bars pendant cinq ans et fait partie du groupe On The Edge qui présente des reprises dans le cadre d'événements corporatifs.

Ma première Place des Arts lui offrira non seulement une vitrine de choix mais elle lui permettra d'accumuler un précieux bagage qui lui sera fort utile dans sa future carrière ou tout simplement pour nourrir sa soif d'apprendre. «Je souhaite parfaire mon habileté à interpréter. Je veux être capable de donner le sens à une chanson. J'ai longtemps chanté dans les bars et ça allait vite. Je veux prendre le temps d'incarner les chansons.»

Ce n'est certainement pas cette année donc que la passion de Vanessa Roberge et Camille Pétrod s'éteindra. En cette période de résolutions, Mme Roberge a l'intention d'apprendre la guitare et Mme Pétrod souhaite peaufiner ses compositions en vue d'un album. Deux belles manières de garder le feu sacré toujours bien vivant.

Un berceau pour le talent émergent

Un point de convergence. C'est ainsi que Jocelyn Ménard, le directeur général de la Société pour l'avancement de la chanson d'expression française (SACEF), résume le mandat du concours Ma Première Place des Arts. «Par exemple, pour les talents qui émergent des régions et qui viennent s'établir à Montréal pour faire carrière, on leur ouvre une porte d'entrée sur le milieu ainsi que l'opportunité de prendre contact avec l'industrie. On devient un point de chute, un passage.»

Les aspirants chanteurs ont pourtant l'embarras du choix en ce qui concerne les concours.

Dans cette marée, comment la SACEF trouve-t-elle sa place? «On demeure un joueur majeur notamment parce qu'on a toujours été largement médiatisé. De plus, on se démarque par la place privilégiée qu'on fait aux interprètes. On a encore une catégorie qui leur est dédiée. De plus, les solistes ont aussi une place de choix parce qu'il n'y a pas de groupes dans notre concours», souligne-t-il en ajoutant l'importance du soutien effectué auprès des participants sur une plus longue période, notamment par des rencontres de mentorat. Des liens se tissent et des contacts sont créés. Une richesse qui est recherchée par les participants.

La chanson francophone est au coeur de la mission de l'organisme qui a été créé pour en maintenir la «bonne santé». L'abondance et la qualité de la production québécoise émerveillent grandement M. Ménard. «Il y a énormément d'offres, résultat de la baisse des coûts de production et de l'arrivée d'Internet, entre autres. Il est de plus en plus difficile de se démarquer. Le bémol, c'est qu'elle n'est pas largement connue du grand public.» Du même souffle, il confie: «je rêve d'une radio spécialement dédiée à la chanson francophone du Québec», le contenu ne manquerait pas assure-t-il.

Ma Première Place des Arts est organisé depuis 1993 et regroupe chaque année 36 interprètes et auteurs-compositeurs-interprètes. Douze spectacles sont présentés à compter de janvier à la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts. Chacune des soirées permet à trois participants de se mettre en valeur. Au terme des douze soirées, six élus par catégorie passeront aux demi-finales desquelles seront sélectionnés trois finalistes par catégorie. Les demi-finalistes seront connus en avril.

Quelques participants des éditions antérieures

2013    Philippe Brach

2010    Klô Pelgag

2009    Salomé Leclerc

2008    Ingrid Saint-Pierre

2007    Stéphanie Boulay (Les soeurs Boulay)

2006    Chloé Lacasse

2005    Moran et Alexandre Désilets

2004    David Marin

2003    Corneille

2001    Ima

2000    Lynda Thalie

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