Le cinéma sourit à Paul Rousseau

L'auteur Paul Rousseau verra son roman Haine-moi! gagner... (Stéphane Lessard)

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L'auteur Paul Rousseau verra son roman Haine-moi! gagner le grand écran en 2016.

Stéphane Lessard

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Son roman s'intitule Haine-moi!, il a été publié il y a 18 ans, a connu une belle vie chez Lanctôt Éditeur, si bien qu'en moins de deux ans, il tombait dans l'oeil de Jacques Laberge (frère de Marie Laberge) qui en a écrit un scénario pour en faire un film.

La volonté était bien présente à cette époque, mais encore fallait-il une bonne dose de patience pour continuer à y croire toutes ces années avant que l'intention se matérialise. Voilà 15 ans que ce projet de film tentait d'obtenir l'aval de Téléfilm Canada. On y est parvenu cet automne. 

Jusqu'à tout récemment, Paul Rousseau ne croyait plus tellement à cette possibilité de voir s'animer un jour au cinéma les protagonistes de son univers, et pourtant, le film se tourne bel et bien ces jours-ci avec sortie prévue quelque part à l'automne 2016.

C'est le groupe Vélocité International (Les Pee-Wee 3D) et la productrice Valérie Bissonnette, de Québec, qui chapeautent le tout. À la réalisation, le jeune Samuel Matteau en fera son tout premier long métrage sur une scénarisation de Guillaume Fournier, le tout avec une distribution elle aussi très jeune, tout en nous réservant une collaboration spéciale de Claude Robinson et de Robert Lepage.

Paul Rousseau a été ravi d'apprendre qu'au bout de toutes ces années, ce projet obtenait enfin son financement. «Je suis extrêmement content. C'est fantastique pour un auteur d'avoir la chance de voir l'univers qu'il a imaginé prendre forme à l'écran», dit-il. «Quand on écrit, on ne le fait pas en pensant que ça va faire quelque chose, et surtout pas en pensant que ça va devenir un film...»

Au moment où il a écrit cette histoire, il était chef de pupitre à Québec et n'avait pas encore été appelé à diriger Radio-Canada Mauricie, un transfert qui l'a ramené dans son patelin, lui qui est natif de Grand-Mère.

L'inspiration de Haine-moi! provient donc de Québec, plus précisément de la petite banlieue où il demeurait. «Il y avait là des jeunes qui habitaient proches de chez moi, des jeunes que je connaissais assez bien et qui étaient en difficulté. J'essayais de les comprendre», raconte-t-il. 

Dans ses fonctions à Radio-Canada, il était aussi aux premières loges pour voir passer les faits divers concernant les frasques des gens de cette génération, dit-il. «Ça me touchait, je prenais des notes et cette histoire s'est construite peu à peu dans ma tête.»

L'histoire est celle de TV (Thierry Vézina, 15 ans) qui, pour sauver son meilleur ami Samuel après un important drame familial, accepte de fuguer de sa banlieue aisée, une cavale à travers laquelle ils tenteront d'éviter à la fois policiers et adultes, et qui mènera les deux adolescents au beau milieu d'un groupe de squatteurs du Vieux-Québec. La rencontre avec ces jeunes de la rue transformera leurs valeurs et mettra leur amitié à rude épreuve, dit l'auteur. Paul Rousseau avait dédié son roman à quatre jeunes qu'il connaissait à cette époque. Deux d'entre eux se sont suicidés depuis. 

Au tout départ, le scénariste Jacques Laberge avait été interpellé par le côté «coup de poing» de ce roman qui décrivait le mouvement punk du milieu des années 1990. Pour les besoins du film, on a remanié le tout au goût du jour. «Les punks qu'il y avait dans le temps ont été remplacés par des «gothiques» punk, des jeunes de la rue qui gravitent aujourd'hui autour du Vieux-Québec», explique M. Rousseau.

Une série de versions ont été écrites, sans qu'il ne s'en mêle, l'auteur préférant s'en remettre totalement à ceux qui adaptent son histoire au grand écran. «Ils ont enlevé des choses, ils en ont ajouté, mais l'essentiel, c'est que ça respecte l'esprit du livre», apprécie M. Rousseau. «Je trouve important que quelqu'un qui a lu et aimé mon roman l'interprète à sa façon et qu'on respecte sa vision. D'ailleurs souvent, les adaptations amènent l'oeuvre beaucoup plus loin, à des endroits où l'écrivain ne serait pas allé lui-même.»

Avec ce film, il y a par ailleurs de fortes chances pour qu'il y ait une réédition de son roman ainsi qu'une version numérique, toujours chez Lanctôt, maison qui a été rachetée depuis par l'éditeur Michel Brûlé. Enfin, il est déjà aussi acquis qu'en 2018, Télé-Québec diffusera le film qui, pour le moment, porte le titre de travail SQUAT.

Le roman Haine-moi! publié en 1997 était le... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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Le roman Haine-moi! publié en 1997 était le troisième bouquin de Paul Rousseau, après un recueil de poésie publié aux Écrits des Forges et un roman pour adultes publié chez Québec-Amérique sous le titre Yuppi Blues.

Stéphane Lessard

La preuve que les écrits restent

Cinq ans après avoir pris sa retraite de la direction des Services français de Radio-Canada Mauricie, Paul Rousseau a écrit un roman jeunesse intitulé Un perce-oreille à l'oreille, publié il y a un an et demi aux Éditions Z'ailées, mais sans plus. «L'écriture était en dormance depuis trois ans», dit-il. «J'ai même eu certains doutes à savoir si ça valait la peine de continuer.»

Paul Rousseau et sa conjointe ont vécu deux ans et demi dans la campagne du Centre-du-Québec sur une petite fermette avec chevaux, poules, dindons et compagnie. Puis il y a eu tous ces voyages qui, en quatre ans, leur ont fait voir la Russie, la Chine, le Japon, la Mongolie, l'Égypte, la Jordanie, Israël, l'Espagne et la Grèce. 

«Le matériel littéraire était devenu comme moins important», dit-il, «mais avec la belle nouvelle du film, il y a comme un dégel. J'ai repris dernièrement des projets que j'avais commencés, je les remanie et je suis assidu devant mon ordinateur tous les matins. Une nouvelle du genre, ça donne de l'énergie à un auteur.»

Aujourd'hui, il est permis de croire qu'un jour peut-être, il aura aussi sa chance avec un autre scénario de film (coécrit celui-là) qui repose sur les tablettes, une saga historique qui se déroule dans le Montréal des années 1885, qui a été adopté depuis un bon moment déjà par une maison de production, et pour lequel on avait approché le réalisateur Francis Leclerc. «C'est une production à grand budget. Ils attendent des années de vaches grasses pour le soumettre et ce genre d'année, il n'y en pas eu depuis longtemps...» 

Mais encore, trois autres dossiers son ouverts sur son écran d'ordinateur, dit-il. Un roman jeunesse qui est presque terminé et qui s'adressera aux 9 à 12 ans, un autre à moitié chemin , et un roman pour adultes qui s'inspire de son expérience à la campagne. «Aujourd'hui j'ai 17 publications, j'aimerais bien me rendre à vingt», sourit-il. 

Et pour le reste, on ne sait jamais quel tour du destin peut surgir. «Aujourd'hui, ce que je vis est la preuve que tout ce qu'on écrit, ça reste. On ne sait jamais si après des années, ça ne pourrait pas renaître sous une nouvelle forme...»

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