La guerre des tuques 3D fait honneur au classique québécois

Le passage à l'animation n'a pas trop altéré... (PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE)

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Le passage à l'animation n'a pas trop altéré l'ode à l'imaginaire de l'enfance et à l'amitié, l'âme hivernale et la fraîcheur de La guerre des tuques.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Reprendre un classique du cinéma, même 30 ans après sa sortie initiale, suscite forcément des interrogations. Est-il pertinent de refaire une oeuvre qui a touché une multitude de spectateurs? Pourquoi ne pas tout simplement la rediffuser?

La question est tout aussi légitime pour La guerre des tuques, le film qui a lancé la série des Contes pour tous et qui a atteint le statut de film culte pour tant de Québécois. D'autant plus qu'aujourd'hui, ce qu'on propose s'éloigne de l'original en ceci que c'est une version animée, et en 3D, en plus.

Il faut voir le résultat pour répondre à la question de la pertinence de cette initiative. Or, ce résultat est une éclatante réussite qui efface tout doute ou question sur la légitimité.

Les créateurs de cette nouvelle mouture ont retravaillé le film en profondeur. Ils ont gardé la trame de fond, repris presque à l'intégral plusieurs scènes du film original tout en remaniant tant le scénario que les dialogues pour les remettre au goût du jour. Mais surtout, surtout, on a gardé les répliques les plus célèbres du film, celles qui ont marqué l'imagination. Il aurait évidemment été impensable que «La guerre, la guerre, c'est pas une raison pour se faire mal» ne soit pas là. Profitant des possibilités que donne l'animation, les créateurs ont aussi donné de la corde à leur imagination pour ajouter non seulement une touche résolument plus moderne à ce classique qui, il faut bien l'avouer, a beaucoup vieilli et pas nécessairement pour le mieux. Et, ça confère à cette nouvelle mouture, un côté nettement plus éclaté qui est très agréable.

La beauté de la démarche, c'est que le réalisateur Jean-François Pouliot, à qui on devait déjà La grande séduction, n'a pas dénaturé l'original. Il l'a revampé avec respect et une attitude ludique très réjouissante. 

Pareil défi ne peut se relever avec autant de panache qu'avec une grosse équipe de créateurs travaillant en étroite collaboration. L'animation est particulièrement réussie. Que ce soit la conception des personnages, très juste, comme les arrière-plans, le mouvement, etc. Même le 3D, qui, comme d'habitude, n'apparaît pas essentiel, est utilisé avec intelligence et sans abus. Il n'y a que dans la séquence initiale du film qu'on utilise un hélicoptère télécommandé essentiellement pour attirer l'attention du spectateur sur le 3D. Cela dit, ce n'est pas inutilement lourd et plutôt sympathique.

Le film manifeste un souci esthétique qui n'apparaît ni vain, ni trop superficiel. Le plus bel exemple, ce sont les séquences qui évoquent le souvenir du décès du père de Luc, des séquences imaginées dans une superbe palette nostalgique qui tranche complètement avec le reste du film. Les séquences sont touchantes et d'une grande beauté. Cela dit, certaines scènes du film, les panoramas sur le village, font brillamment écho à celles du film original. C'est vraiment très joli.

Par ailleurs, la nouvelle version du film est enjouée comme l'était l'original avec un côté plus dynamique et ludique. Le fameux fort de neige, imaginé par François Les lunettes, est truffé de trouvailles technologiques invraisemblables et rigolotes. Il faut voir le tunnel de sortie d'urgence que les dessinateurs ont imaginé. Un manège de La Ronde! Puisqu'on n'est pas limité par les contraintes de la réalité, pourquoi pas?

Même si on prend des libertés avec le scénario original, on reste complètement dans les paramètres de l'histoire originale. Avec ses sourires et ses larmes. D'ailleurs, on joue avec doigté sur la corde de l'émotion.

Le film s'adresse forcément aux petits mais les adultes seraient bêtes de se priver du plaisir de cet excellent petit film. Pour la nostalgie, mais aussi pour le simple plaisir d'un bon petit divertissement. D'autant qu'on peut aisément cacher ses envies un peu coupables sous le prétexte qu'il faut bien accompagner les enfants.

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