L'art de Lorie Hamel: pour ceux qui ont tout vu

Diplômée du programme d'Arts plastiques à l'UQTR en... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Diplômée du programme d'Arts plastiques à l'UQTR en 2011, Lorie Hamel s'est tracé un chemin à travers les plus grands dans le domaine des effets spéciaux et du bodypainting.

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Situation plutôt rare dans son domaine, la jeune Trifluvienne Lorie Hamel n'avait pas encore terminé son baccalauréat en arts à l'UQTR qu'elle remportait déjà une troisième place mondiale en bodypainting d'effets spéciaux et qu'elle gagnait déjà sa vie dans le maquillage artistique. Cinq ans plus tard, non seulement elle peut toujours vivre allègrement de son art, mais son coup de pinceau la fait voyager un peu partout à travers le monde, du côté des clientèles les plus riches du globe.

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Lorie Hamel considère que dans son domaine, tout est une question d'attitude.

«Je travaille surtout dans le domaine de l'événementiel haut de gamme, pour l'esthétisme de ces événements», explique-t-elle. «Je suis ''l'effet wow'' des gens riches et souvent blasés qui ont tout vu. On m'appelle pour organiser l'événement qui va leur laisser un souvenir indélébile.» Au-delà de ses créations sur certains plateaux de cinéma, de vidéoclips (Corneille, Mister Valaire, etc.) ou de courts-métrages, le domaine de l'événementiel constitue aujourd'hui la majeure partie de son travail, dit-elle, puisqu'elle honore des contrats du genre à chaque semaine, jusqu'à devoir en refuser.

Avec certains créateurs des milieux de la musique et du cirque, Lorie Hamel fait partie d'un petit groupe d'artistes qui se retrouvent souvent en demande ensemble et qui sont capables de travailler sous haute pression. «Comme on est souvent avec les mêmes, on est tous devenus des amis, ce qui fait en sorte que je suis payée pour être avec mes copains et pour voyager avec eux», se réjouit celle qui assure la portion maquillage artistique du groupe, mais qui a aussi étendu son expertise avec le temps.

Aujourd'hui, on lui confiera volontiers la responsabilité des costumes, des coiffures, des parures de tête, voire de la direction artistique complète. «Souvent, les producteurs qui m'engagent n'ont même pas d'idée à quoi ça va ressembler. Ils me donnent la thématique de l'événement et, ensuite, j'ai carte blanche.»

Lorie Hamel et son clan de créateurs évoluent fréquemment dans les casinos à la grandeur du Québec, notamment dans les événements spéciaux organisés pour les hautes mises, tout comme ils peuvent être appelés aux Émirats arabes, histoire de se produire devant une clientèle réunie pour le dévoilement d'un nouveau modèle de jet privé, donne-t-elle en exemple. «Nous, on est là pour mettre un peu de piquant dans l'événement.»

Que ce soit pour participer à des concours internationaux qui la classent parmi les meilleures au monde ou qu'elle voyage pour ce type d'événements, la jeune femme a roulé sa bosse à un rythme effréné ces dernières années, évoluant aussi bien en Autriche qu'au Qatar, en Nouvelle-Zélande ou partout à la grandeur des États-Unis, souvent du côté de Las Vegas, de Los Angeles, de Fort Lauderdale ou Atlanta.

Actuellement, elle a un pied à terre à Montréal où elle laisse une partie de ses effets personnels, une autre partie se trouvant toujours au domicile de ses parents à Trois-Rivières, et le reste demeurant dans des valises qu'elle ne défait pas si souvent, finalement. «Je suis aussi peu à Montréal qu'à Trois-Rivières. Je travaille à droite, à gauche, je n'ai même pas encore défait une valise que je prends du stock pour le mettre dans une autre valise. Je suis très souvent en déplacement.»

Sur ces pas, la jeune artiste est à même de constater qu'à travers le monde, les créateurs québécois ont la cote. «Au Québec, nous sommes vraiment reconnus partout pour la qualité de nos artistes, que ce soit dans les arts du cirque, parmi les musiciens ou les chanteurs et même pour l'animation.»

Son terrain de jeu est devenu vaste au fil des dernières années. Au-delà du «bodypainting», elle utilise aussi beaucoup ses aptitudes en couture, histoire d'habiller davantage ses modèles. «Selon le contexte de l'événement, la nudité est parfois moins appropriée», dit-elle. «Souvent, les responsables de l'événement sont fiers de montrer mon travail alors on nous annonce et mon modèle va se promener dans le monde, parmi des femmes qui peuvent porter des robes à 3000 $. Il ne faudrait pas que le maquillage les tache en passant... J'ai donc eu à me rapprocher du costume.» Et elle aime beaucoup, «car même si le corps est peint avec une infinie de détails impressionnants, le tissu apporte toujours une belle richesse au bodypainting».

Et dans le monde du tissu, elle s'y retrouve tout autant. «Ma mère était couturière et j'ai reçu ma première machine à coudre à l'âge de 3 ans. Enfant, je confectionnais déjà les robes de mes Barbies, alors tout se rejoint!», sourit-elle. «J'ai toujours aimé le tissu, j'ai grandi là-dedans, mais il reste que la peinture vient me chercher aux tripes. Travailler avec des gens et peindre carrément la peau, c'est vraiment mon médium. Le costume est un ajout qui me permet de joindre mes deux passions.»

Pour l'année à venir, Lorie Hamel compte plusieurs projets, aussi bien pour des expositions que pour des contrats sur la scène internationale, avec possibilité de prendre part au spectacle du nouvel An en Égypte, et à un autre spectacle à Shanghai, entre autres.

Maquillage de luxe pour l'Halloween

Même si elle se retrouve dans les événements les plus sélects, Lorie Hamel demeure une référence par excellence pour la journée de l'Halloween. Voilà des semaines déjà que son agenda est rempli à ras bord pour cette journée spéciale, l'artiste se faisant un devoir de réaliser les maquillages les plus originaux pour ses clients, qu'ils souhaitent avoir le look d'une princesse ou qu'ils optent pour les effets les plus «gore», dit-elle. «Il y a même des gens qui payent la totale pour que je leur fasse une conception originale.»

Tous ses rendez-vous sont pris longtemps d'avance, qu'ils soient clients à Montréal ou à Trois-Rivières, avec préséance pour sa liste d'ancienneté.

«Je donne la priorité à ceux qui m'encouragent depuis le début, quand j'étais jeune maquilleuse», sourit-elle. «C'est une façon pour moi de redonner.»

Ce type de contrats la distraient d'un quotidien qui se fait parfois pas mal plus stressant, confie-t-elle. Or dans son domaine, tout est question d'attitude. «T'as beau être la meilleure au monde, si tu n'as pas l'attitude requise dans la loge ou sur le plateau, ça ne peut pas bien aller.»

Règle numéro un: «Ne jamais pourrir la vie de l'équipe de tournage, sinon t'oublie ça...», sourit-elle, enchaînant avec la règle numéro 2: «Ne jamais s'en faire avec rien car tout le monde est déjà sous pression constamment», affirme-t-elle. «Même si ça ne va pas bien, il n'y a jamais de problème... Tout va se régler. Tout va bien aller...»

De son propre aveu, elle correspond souvent à cette image du canard qui semble calme et serein à l'extérieur de l'eau, mais qui pédale à toute vitesse en dessous. «Quand tu entres dans une loge, il y a tellement de gens sous pression, qui vivent leur propre stress, qu'il faut être fine, patiente, diplomate et compréhensive. Toujours», appuie-t-elle, ajoutant qu'elle s'en est fait une habitude de vie. «C'est mon quotidien. Il y a un problème? Il n'y en aura plus!», clame-t-elle, sourire en coin.

Lorie Hamel concède que la pratique demande tout de même un certain caractère, aussi bon que fort. Ce même caractère qui l'a guidée à faire son chemin rapidement et qui l'a aidée à se révéler avec une signature forte et singulière, avec des lignes de pinceau qui se détaillent en dentelles symétriques et un choix de couleurs personnel, pour lequel elle crée ses propres mélanges plutôt que de prendre la couleur du fabriquant comme tout le monde. «Je pense que c'est mon baccalauréat en arts à l'UQTR qui me permet de me différencier», dit-elle. «C'est l'endroit où j'ai fait beaucoup d'expérimentation, à la recherche de ma propre démarche artistique. Ce milieu m'a permis de développer ma palette de couleurs et ça aide.»

Dernièrement, on a d'ailleurs salué son excellence au Gala des Pythagore de l'UQTR, là où elle figurait à côté des Richard Legendre (Impact de Montréal), Luc Bellerive (Le Trou du Diable) Martin Thibodeau (RBC Banque Royale) et Éric Myles (Comité olympique canadien), entre autres. «C'est vraiment un honneur de recevoir un prix à côté de gens de cette qualité. Je ne sais pas qui a soumis ma candidature puisque c'est anonyme, mais je le remercie!»

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