Octobre marque le retour des Cowboys fringants

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Les Cowboys fringants ont lancé vendredi Octobre, un neuvième album en 14 titres qui combine musique festive, propos engagés et quelques notes plus nostalgiques.

Le Quotidien

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il aura fallu un délai de quatre ans avant la sortie de leur 9e album en carrière, mais les Cowboys fringants sont de retour en proposant un matériel qui renoue avec l'essence de leur art. Lancé tout juste vendredi soir à Montréal sous le titre Octobre, ce nouvel opus propose une musique festive conçue pour la scène, une enveloppe joyeuse pour traduire une pléiade d'observations qui le sont parfois un peu moins, nourries de propos engagés, d'une critique sociale bien sentie et de certains portraits tout à fait évocateurs.

Si les Cowboys fringants ont pris quatre années à revenir avec un album original, c'est qu'entre 2011 et 2015, la formation a vécu un petit baby-boom qui s'est traduit par la naissance de quatre enfants chez les quatre membres du groupe, deux du côté du couple Karl Tremblay (chanteur) et Marie-Annick Lépine (violoniste et multi-instrumentiste), un dans le foyer du bassiste Jérôme Dupras et un autre chez le guitariste et auteur-compositeur Jean-François Pauzé, qui signe ici tous les textes de l'album, à l'exception de la dernière pièce.

L'auteur a repris la plume l'automne dernier pour produire ce qu'il détaille aujourd'hui en 14 chansons qui reflètent ses préoccupations personnelles, mais aussi celles de ses collègues puisqu'il veille toujours à communiquer d'abord et avant tout les sensibilités communes qui se vivent au coeur du groupe.

«On est tous pas mal sur la même longueur d'ondes, à différents degrés. En tournée, sur la route ou aux soupers, on discute beaucoup ensemble autant sur la société que sur la politique», note Jean-François Pauzé. Quand le parolier soumet ses pièces, il s'assure que chacun endosse les propos qui y sont véhiculés, à défaut de quoi on change le texte.

C'est ainsi qu'à travers ce neuvième opus, le groupe visite plusieurs préoccupations sociales, à commencer par la très verbeuse chanson La La La, qui traite de la corruption, sous l'inspiration de ce que l'on a vécu au Québec ces dernières années, mais aussi de «la désillusion de ce qui est annoncé comme du changement et qui, dans le fond, ne l'est pas du tout», fait valoir Jean-François Pauzé.

Dans la pièce So So, il appuie la note sur le manque de solidarité et d'engagement social que l'on vit, notant que même lorsque revendication il y a, «au lieu d'aller vers de véritables projets communs, les gens y vont souvent de revendications pour conserver leur propre chasse gardée».

Avec la pièce La Cave, il traite de la liquidation de nos richesses culturelles alors que dans sa chanson Les Vers de Terre, l'auteur fait ressortir les comportements des gens qui préservent un confort ronflant. «C'est un peu ma chanson in your face», décrit-il. «Remarque que je ne m'exclue jamais dans ces textes. On est tous dans ce monde-là. On sait tous qu'on s'en va vers un mur environnemental et économique et, pourtant, c'est souvent notre confort qui l'emporte», observe-t-il. «Avec notre fondation, on a planté 200 000 arbres depuis 2006 et encore aujourd'hui, je ne peux pas dire qu'en matière d'environnement, je passe toujours de la parole aux actes.»

S'il gagne allégrement sa vie aujourd'hui en façonnant des chansons tout en scrutant la société, il l'a déjà fait bien autrement il y a 15 ou 16 ans, dit-il, alors qu'il gagnait sa vie comme livreur de pizza, occupation qui a inspiré la pièce Pizza Galaxie. «Ça faisait longtemps que je voulais écrire sur cette période charnière de ma vie où je vivais dans une précarité totale et où je tentais de m'en sortir», note-t-il. «Le métier de livreur de pizza, c'est un peu une job de voyeur. Quand tu entres dans les maisons, tu peux ressentir rapidement les vibrations des gens. C'est un métier à travers lequel j'ai observé beaucoup», dit-il, une habitude qu'il cultive toujours. «J'ai toujours essayé de garder l'oeil ouvert.»

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Au début de 2016, les Cowboys fringants s'arrêteront tour à tour à Baie-du-Febvre, Shawinigan et possiblement Trois-Rivières.

Une tournée plus déjantée pour 2016

Après avoir commis quelques albums un peu moins politiques au fil des dernières années, les Cowboys fringants effectuent un retour sous leur profil plus engagé et le font sous un caractère festif qu'ils déploieront sur scène à travers une tournée qui débutera le 11 décembre à Joliette. Sur la trentaine de spectacles au menu jusqu'au printemps prochain, on compte d'ailleurs trois arrêts au sein de la région ou à proximité.

En 2016, le groupe se produira le 27 février au Théâtre Belcourt de Baie-du-Febvre, le 30 avril au Centre des arts de Shawinigan et possiblement à la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières à une date qui reste à être déterminée. Autant de scènes où ils ont hâte de faire vibrer leur nouveau matériel.

«Je crois qu'Octobre est l'un de nos bons albums et on est prêt à le défendre», se réjouit Jean-François Pauzé. «Au cours des dernières années, on a essayé des trucs plus intimistes alors que cette fois-ci, on revient aux chansons plus entraînantes et plus rock, des chansons qui sont conçues pour la scène, qui vont nous permettre de déplacer de l'énergie et de livrer des spectacles déjantés comme on les aime.»

En studio cet été, ils s'en sont donné à coeur joie avec un tout nouveau tandem à la réalisation, soit Gus Van Go et Werner F, qui ont fait vibrer la scène alternative des années 1990. «C'était la première fois qu'on travaillait avec eux et ça a été une collaboration très agréable. Ils nous ont sortis de notre zone de confort et nous ont amenés ailleurs. Ce sont des spécialistes des harmonies vocales et ça donne un album percutant, avec des voix chaudes et des harmonies parfaites», se réjouit Pauzé.

L'auteur-compositeur-interprète est conscient qu'en étant tous de nouveaux parents, les tournées seront peut-être un peu moins denses qu'elles l'ont déjà été. Le groupe vise toujours la France, qu'il visitera en février 2016, mais moins longtemps qu'avant. «On a une belle base de fans là-bas, qu'on veut aller voir deux fois par année. C'est plus exigeant pour nous et on est moins carriéristes qu'avant...»

Après plus de 15 années de vie de groupe, le quatuor se plaît toujours autant à partager la scène, la route et l'amitié. «On a eu nos chicanes, quand on était dans la vingtaine et qu'on était plus intempestifs, mais aujourd'hui, on se retrouve toujours avec un plaisir renouvelé», note Pauzé. «On se fréquente en dehors de la scène et on se respecte beaucoup en tant qu'humains et en tant qu'amis.»

Au tournant de la quarantaine, non seulement ils soignent leur amitié, mais ils se concentrent aussi sur leur famille. Sur ce nouvel album, Jean-François Pauzé livre deux titres où les couples sont dans le pétrin, à commencer par le premier extrait Bye Bye Lou, qui tourne déjà depuis deux mois et qui traite d'un couple qui s'est perdu en cours de route, alors que la chanson Marine Marchande décrit une véritable chicane de couple.

«Je ne sais pas si c'est le tournant de la quarantaine, mais il y a plusieurs couples qui ont éclaté autour de moi. Je me suis inspiré de ça pour Bye Bye Lou, mais Marine Marchande est un clin d'oeil humoristique. Je suis un fan des groupes irlandais, c'est un classique pour eux de composer une chanson de chicane de couple et c'était un fantasme pour moi d'en faire une. Elle a été écrite pour la scène.»

Maintenant que le lancement est fait, novembre sera réservé aux répétitions en vue de la tournée qui débutera en décembre et qui devrait s'échelonner sur quelques années.

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