Kathy Reichs ranime sa tueuse en série québécoise

Cette année, Kathy Reichs sera retenue en Espagne... (Crédit Photo: Marie-Reine Mattera)

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Cette année, Kathy Reichs sera retenue en Espagne à l'occasion du Salon du livre de Montréal, mais elle sera au Québec pendant trois jours cette semaine, dont un passage à Trois-Rivières jeudi pour une entrevue publique à la Librairie Poirier.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'auteure américaine Kathy Reichs sera de passage au Québec cette semaine pour la sortie de son tout dernier roman intitulé Macabre retour, le 17e de sa série mettant en vedette son alter ego, l'anthropologue judiciaire Temperance Brennan.

Or, la célèbre romancière fera un petit détour spécial par Trois-Rivières jeudi, le temps de livrer ses confidences à l'animatrice Patricia Powers lors d'une rencontre publique qui se tiendra à midi 15, à la Librairie Poirier.

Kathy Reichs s'entretiendra, entre autres, de ce dernier ouvrage dans lequel elle reprend un personnage qu'elle a utilisé dans le passé et qui sévissait à Montréal. On parle ici d'Annick Pomerleau qui, en fait, constitue le seul personnage dans la totalité de son oeuvre à avoir échappé à la justice, précise l'auteure.

Pomerleau avait sévi dans son 7e roman Monday Mourning (Meurtres à la carte, en français), publié en 2004, un thriller dans lequel on interpellait les autorités après la découverte de trois squelettes dans le sous-sol d'une pizzeria. Or, comme elle le fait souvent dans ses romans, Kathy Reichs a utilisé une histoire vraie en guise de point de départ, elle qui a véritablement analysé des ossements retrouvés sur les lieux d'une pizzeria dans l'Est de Montréal, lorsqu'elle oeuvrait pour le Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale du Québec. Or, ceux-ci étaient tellement secs qu'on avait dû se rendre à l'évidence qu'ils dataient de plus de 50 ans, donc impossibles à identifier, explique-t-elle.

Les choses diffèrent toutefois dans sa fiction puisque dans le sous-sol de sa pizzeria montréalaise fictive, les ossements sont passablement plus récents, permettant à l'anthropologue Brennan et aux enquêteurs de remonter jusqu'à la tueuse Annick Pomerleau, criminelle québécoise qu'elle ranime donc ici dix ans plus tard, et qui récidive sérieusement. La tueuse sévira d'ailleurs désormais tout près du domicile de Brennan à Charlotte, en Caroline du nord, patelin où vit précisément Kathy Reichs.

Ce retour dans le passé avec Annick Pomerleau permet à l'auteure un nouvel exercice. «Lorsque j'avais écrit Monday Mourning, j'aimais l'idée d'essayer quelque chose de différent en faisant en sorte qu'elle ne soit pas arrêtée. Ça me donnait la possibilité de ramener la tueuse et c'est ce que je fais dix livres plus tard. Je trouvais qu'après toutes ces années, c'était le bon moment pour régler ce cas...», sourit-elle.

La source de son inspiration est souvent issue d'une vérité qui lui permet de plonger ensuite dans son imaginaire. «Je commence avec un petit fait réel et je me pose la question: que serait-il arrivé si... Et si...» Trois-Rivières a d'ailleurs été une source d'inspiration pour elle puisque c'est à Kathy Reichs que l'on avait fait appel lors de l'exhumation du policier Louis-Georges Dupont, à la demande de la famille qui ne croyait pas en un suicide de cet homme, retrouvé mort dans son véhicule en 1969.

L'anthropologue avait prêté ses services pour étudier le corps et elle s'est inspirée d'un élément pour son roman Bones of The Lost (Un os à ronger, en français). «Dans le livre, il s'agit d'un soldat qui est accusé d'avoir tiré sur deux civils afghans, mais j'avais utilisé l'élément de Louis-Georges Dupont pour l'analyse de la trajectoire des projectiles, leur entrée et leur sortie du corps.»

La principale complexité de son écriture, dit-elle, repose sur l'aspect technique de son travail d'anthropologue, sur la vulgarisation de cet univers. «Je crois que mes lecteurs aiment la portion scientifique qui se retrouve dans mes livres, mais je dois garder ça simple, divertissant et sans trop de terminologie spéciale pour garder le tout compréhensible», dit-elle. «J'ajoute aussi des humeurs dans mes romans, ce qui est très délicat du fait que mes livres, comme la série télévisée, traitent de morts violentes. Il faut faire attention pour ne pas être offensant. Je dois garder toujours un équilibre et ça, c'est un grand défi.»

Après l'anthropologue judiciaire, la détective privée

Après avoir consacré 17 romans à Temperance Brennan, Kathy Reichs visite un terrain de jeu tout à fait différent ces jours-ci, plongée qu'elle est dans la rédaction de son prochain roman qui mettra en scène un tout nouveau personnage principal. Son héroïne inédite sera une détective privée, une femme forte et brillante de la Caroline du Sud qui pourrait faire l'objet elle aussi d'une série et qui, comme Brennan, pourrait éventuellement être appelée à évoluer à Montréal, révèle l'auteure.

La romancière souhaite publier ce roman dès l'automne 2016 et ne veut pas trop en dire pour le moment, sinon que son nouvel univers versera davantage dans le genre thriller psychologique. Elle révèle aussi que ses fidèles lecteurs ont déjà été en contact avec son héroïne, il y a plusieurs années. On la retrouvait en fait dans son deuxième livre Death du jour, qui se déroulait à Montréal et à l'Ange-Gardien, tout près de Granby, dans le milieu d'une secte à l'image du Temple solaire. «Dans mon roman, c'est une femme forte, mais elle a des difficultés à cause de son enfance qui est liée à cette secte», suggère-t-elle.

C'est la toute première fois que Kathy Reichs s'aventure au-delà de l'univers de Terrence Brennan, qu'elle a créée au milieu des années 1990 avec son roman initial, Déjà Dead. Ses débuts dans le monde du suspense sont survenus alors qu'elle enseignait l'anthropologie à l'Université de Charlotte, à un moment où elle était lasse d'écrire des livres scientifiques. «Je voulais essayer quelque chose de différent et je venais de terminer un cas de tueur en série. J'avais l'idée centrale du tueur qui utilise le démembrement des victimes... J'ai donc essayé d'écrire un roman policier», raconte-t-elle.

Son univers a trouvé rapidement preneur. «À cette époque, peu de monde connaissait le métier d'anthropologue judiciaire. Je me disais que si j'écrivais un livre fictif, les gens pourraient comprendre davantage mon domaine. Et, en arrière-pensée, je voulais écrire une histoire avec une héroïne féminine forte qui oeuvre dans un domaine mené largement par les hommes et encourager ainsi les jeunes femmes à étudier les sciences.»

À cette époque, elle ne se doutait absolument pas du tournant qu'elle prenait. «Mon seul but était d'écrire un roman assez intéressant pour qu'ils soit publié et lu...» Ce qui survint plus rapidement que ce quelle avait cru. Kathy Reichs estime que, sans le savoir, son «timing» était parfait. «Le premier éditeur à qui j'ai envoyé mon manuscrit l'a acheté... Ça s'est fait en deux semaines», rigole-t-elle. «C'est très inhabituel. Les thrillers commençaient juste à être populaires. J'ai été très chanceuse d'arriver à ce moment précis.»

Or, la dame s'est fait prendre à son jeu. Avec une discipline de fer, l'écriture a meublé ses journées, la menant à créer un roman par année, et même davantage puisque depuis 11 ans, elle prête aussi son héroïne à la série télévisée Bones. Chaque année, elle écrit le scénario d'un épisode de cette série en compagnie de sa fille aînée Kerry, avocate de formation. Mais encore, une série de cinq romans pour jeunes adultes se sont ajoutés à son oeuvre, ceux-là mettant en vedette la nièce de 14 ans de Brennan, série jeunesse qu'elle co-écrit avec son fils Brendan, qui est lui aussi avocat, au rythme d'un livre par année.

Désormais, elle écrit trop pour poursuivre son emploi d'anthropologue. Après avoir évolué pour le FBI et le Pentagone, entre autres, elle se rend désormais disponible pour les cas les plus complexes, en Caroline comme à Montréal, où elle a notamment travaillé sur le cas de Jolène Riendeau ces dernières années. Sur la scène internationale, elle a également oeuvré à l'analyse des ossements des victimes du 11 septembre 2001 et sur ceux issus du génocide du Rwanda.

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