«Quand le train passe, moi, j'embarque!»

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Il y a 30 ans avait lieu la sortie du film Le Matou. Ce film a changé la vie de Guillaume Lemay-Thivierge.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a 30 ans, pratiquement jour pour jour, avait lieu la sortie du film Le Matou. Si le film a laissé un souvenir plutôt ému et réjouissant à de nombreux spectateurs, il y a assurément une personne qui peut dire que ce film a carrément changé sa vie et c'est le comédien Guillaume Lemay-Thivierge.

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Cette photo publiée en 1985 montre Guillaume Lemay-Thivierge lors du tournage du film Le Matou.

Photo: Archives, La Presse

Ce multi-instrumentiste de la vie porte sur cet anniversaire un regard un peu amusé mais marqué aussi par une conscience aiguë de son importance dans sa vie. Le Matou, c'est plus que Monsieur Émile, plus qu'un succès populaire, plus que des souvenirs agréables; c'est le moment du grand déclic. «C'est en jouant sur ce film que j'ai su que je voulais devenir comédien, que c'est ce que je voulais faire dans la vie.»

Guillaume Lemay-Thivierge avait huit ans et une bouille craquante. «Pour un p'tit gars qui adorait surtout attirer l'attention sur un plateau, c'était des moments fantastiques! Tout le monde était aux petits soins avec moi et prenait soin de moi.»

«À la même époque où je tournais Le Matou, est sorti le film Back to the Future au cinéma. Quand j'ai vu le personnage que jouait Michael J. Fox qui jouait de la guitare rock sur une scène, conduisait une auto qui volait, se promenait dans le temps, c'est sûr que je voulais jouer ce genre de personnage. Imagine! C'était le summum!»

L'acteur d'aujourd'hui 39 ans est un type plus nuancé qu'il n'y paraît parfois et ainsi en est l'analyse qu'il fait de ces événements qui ont lancé sa carrière. «Malgré ce que plusieurs croient, ce n'est pas là que j'ai eu l'impression de posséder un certain instinct d'acteur. D'ailleurs, on n'est jamais convaincu d'être un bon acteur, je pense bien. Le Matou, ç'a été des bulles de plaisir en dehors du monde en quelque sorte. Avec le recul je me rends compte que ç'a été quelque chose de très spécial dans ma carrière mais c'est pas mal plus tard que j'ai eu l'impression que je pourrais devenir un acteur solide.»

L'adolescence n'a pas été particulièrement favorable à l'acteur qu'il était en passe de devenir. Les rôles ont été rares et, finalement, ça a peut-être été une bénédiction parce que ses parents avaient prévu le coup. «Mes parents étaient terre à terre et étaient d'accord pour que je joue mais ils ne croyaient pas que c'était une option sérieuse comme orientation de carrière. Ils ont insisté sur mes études tout en me permettant de toucher à toutes sortes d'autres choses. J'ai fait de la musique très jeune à l'école, de la gymnastique, etc.»

«C'est vers 20-25 ans, quand ma carrière a repris de la vigueur que j'ai senti que je pourrais vraiment y gagner ma vie. Le meilleur conseil qu'on m'ait donné à cette époque et auquel je suis demeuré fidèle, c'est qu'il faut travailler fort. J'ai mis un point d'honneur à investir énormément d'efforts à bien apprendre mes textes et à être prêt quand venait le moment de tourner.»

CHANGER, BOUGER

Malgré une carrière qui roule aujourd'hui à fond de train, le comédien présente encore une vision lucide et nuancée sur son métier. Plus fort que la passion du jeu, il y a en lui une pulsion qui s'impose constamment: Guillaume a un besoin viscéral de changement. «Dès que j'ai joué un rôle, que j'ai terminé un tournage, j'ai besoin d'un nouveau défi. Pas forcément du jeu, mais un défi. Ça peut être un rôle différent, ou une autre activité. Par exemple, à la fin du tournage des Trois petits cochons est arrivé mon rôle dans Nitro et j'étais comblé parce que c'était totalement autre chose.»

Quand ce ne sont pas de nouveaux rôles, ça peut être son école de parachutisme, son Aérodium, sa compagnie de rénovation, la radio, l'animation d'émissions de télévisions, les conférences et combien d'autres choses encore? «J'ai compris tôt que dans ce métier, il faut avoir des plans B et je suis vraiment bon pour me donner des plans B. Heureusement, ça fait à peu près vingt ans que ça va bien et que je suis très occupé comme comédien mais je pourrais me retourner de bord si ça devenait plus difficile.»

«Je suis conscient que j'ai une chance énorme, mais ce qui m'aide, c'est que je suis très volontaire. Quand le train passe, moi, j'embarque! Je prends rapidement des décisions pour les rôles comme d'autres choses mais même si certains rôles ont été meilleurs que d'autres, je crois que je n'ai jamais fait de choix carrément négatifs pour ma carrière.»

«J'ai pris des mauvaises décisions dans ma vie, c'est certain, et particulièrement dans le monde des affaires. Cependant, j'ai quand même un solide instinct de protection: je sais instinctivement ce qui est vraiment dangereux et je ne m'expose pas au danger. Dans les affaires, le pire qui puisse arriver, c'est de faire faillite: ça ne met pas ta vie en danger.»

Touche à tout, dites vous?

Très conscient de la chance qui semble coller à sa vie, Guillaume Lemay-Thivierge aime croire que cela tient à de heureux hasards plus ou moins explicables. Il en veut pour illustration sa rencontre avec René Lévesque. «La sortie du Matou a concordé avec la retraite de René Lévesque de la vie politique. On m'avait demandé de faire une apparition sur scène lors de la soirée hommage que le Parti québécois lui avait organisée. Je l'ai rencontré en arrière-scène pour lui demander un autographe et je m'étais jeté dans ses bras sans trop y penser. Ça avait donné une super photo qui a été énormément publiée un peu partout. Quel honneur! Ça montre à quel point je suis chanceux dans la vie.»

«Quand j'ai joué dans Chambre en ville, c'était un rôle assez ''hop la vie!'' qui m'a redonné confiance en moi comme comédien. Par la suite, j'aurais très bien pu rester pris dans ce genre de rôle mais certains ont osé m'offrir autre chose. Dans Le négociateur, on m'a donné un rôle de méchant et j'étais super content. Un peu comme dans Lance et Compte quand je jouais un avocat très sérieux et paraplégique. Ce sont ces rôles qui vont complètement à l'envers de mon casting qui me font le plus tripper. J'adorerais pouvoir jouer pour Bernard Émond, par exemple, un rôle au jeu très minimaliste qui serait très champ gauche pour moi.»

On le sait peu mais il a aussi joué quelques rôles au théâtre sans pour cela développer une passion pour cette forme de jeu. «J'ai eu beaucoup de plaisir quand j'ai joué vers 18, 20 ans, avec Vincent Bolduc. Par la suite, j'ai joué mais je n'y ai pas pris mon pied. Ça ne m'a pas donné le kick que me donnent le cinéma ou la télévision. Sauf pour Ladies Night qui est vraiment un coup de coeur personnel. C'est du théâtre de plaisir tant sur la scène qu'avec la gang des boys avec lesquels je joue. Je me suis rendu compte que j'adore faire rire le public et dans cette pièce, dans les salles, les gens hurlent de rire.»

L'acteur ne peut passer sous silence son expérience de réalisateur qui l'a beaucoup allumé. Il n'exclut d'ailleurs pas de reprendre le collier dans le cadre de 30 vies mais rêve du jour où un producteur va penser à lui pour réaliser un projet de long métrage. «J'adore le drame, les scènes très émotives autant que la comédie.» 

D'ici là, comme il le fait si souvent, il prend les devants en travaillant sur un projet de film en compagnie de Michel Charette. Il a aussi un projet de concepteur de jeux pour Fort Boyard qui est sur le feu. Et puis, il y a la possibilité de développer le marché anglophone comme porte-parole pour Hyundai, et puis... et puis... et puis...

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