La bonne étoile de Xavier Huard

Xavier Huard foule les planches du Théâtre du... (Photo fournie par le TNM - Yves Renaud)

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Xavier Huard foule les planches du Théâtre du Nouveau Monde, cet été, dans Les Trois Mousquetaires. Il y joue le rôle de Felton. On le voit ici avec la comédienne Julie LeBreton, qui interprète le rôle de Milady de Winter.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a à peine deux ans que Xavier Huard a obtenu son diplôme de l'École nationale de théâtre. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la chance sourit à ce jeune homme de 25 ans originaire de Trois-Rivières. Pour un deuxième été consécutif, il foule les planches du Théâtre du Nouveau Monde pour la production estivale. L'an passé, il était un des cadets de Gascogne dans Cyrano de Bergerac. Et cet été, il est Felton dans Les Trois Mousquetaires.

Xavier Huard revient assez régulièrement à Trois-Rivières.... (Photo: Martin Francoeur) - image 1.0

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Xavier Huard revient assez régulièrement à Trois-Rivières.

Photo: Martin Francoeur

«L'an passé, Cyrano était mon premier show professionnel. C'est le fun quand tu sors de l'École et que tu peux avoir une expérience comme celle-là. C'est enrichissant de travailler avec un metteur en scène comme Serge Denoncourt et de pouvoir observer des acteurs comme Patrice Robitaille. C'est la plus belle école», estime le jeune homme.

Jouer sur les prestigieuses planches du TNM n'aura pas été la seule chance que Xavier Huard a eue depuis sa sortie de l'école, en 2013. Déjà, le comédien cumule quelques bonnes expériences à la télévision. On a pu le voir notamment dans Nouvelle adresse, dans L'Auberge du chien noir et dans Trente vies. Plus récemment, il vient de tourner dans Les Sioui-Bacon, la dramatique de langue française de la chaîne APTN.

Ce n'est pas la seule incursion de Xavier Huard dans l'univers des Premières Nations. Il collabore au texte et signera la mise en scène du spectacle Muliats, qui sera présenté à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier et dont la distribution compte un autre Trifluvien, Christophe Payeur. La pièce est créée collectivement par des autochtones et des allochtones.

«En sortant de l'École, j'ai eu la chance de faire du théâtre dans les communautés autochtones, dans des réserves. Ç'a été une expérience formidable parce que ce n'est plus juste du théâtre. Ça devient un échange culturel et ça réveille un discours sur l'identité. Le théâtre et le comédien, dans des contextes comme celui-là, prennent un rôle social très fort», explique Xavier Huard.

Avant d'en arriver à toutes ces expériences professionnelles, le Trifluvien a suivi sa formation en interprétation à l'École nationale de théâtre. Une expérience déroutante, avoue-t-il. «C'est extrêmement exigeant. Quand tu arrives à l'École, tu réalises que tu ne sais rien. Ça prend de la technique pour faire ce métier-là. T'as beau avoir le meilleur des instincts, ça prend de la technique. Comme un soliste à l'opéra, comme un premier violon dans un orchestre, comme un danseur de ballet», remarque-t-il.

Rien ne semblait le destiner à une carrière d'acteur. Au secondaire, que ce soit au Mont-Bénilde ou à l'Académie des Estacades, il a fait du théâtre pour le plaisir, en parascolaire ou dans certains cours. «Je vais être plate mais je ne suis pas celui qui va dire: ''j'ai toujours voulu faire ça; je savais que j'avais ça en moi''. Je ne suis pas certain de croire à ça», ajoute-t-il.

À Trois-Rivières, il avait goûté à l'improvisation, notamment au sein de la Ligue d'improvisation mauricienne (LIM). Il avait aussi fait partie de la distribution de la pièce Les Beaux Dimanches au Théâtre des Gens de la place. Pendant qu'il étudiait au programme de théâtre du Cégep de Trois-Rivières, il a aussi joué dans Si Pirate, dans le cadre du théâtre en rivière au Baluchon.

Trois-Rivières, son île

Aîné d'une famille de trois garçons - son frère Laury vient de terminer sa formation en théâtre au Conservatoire d'art dramatique de Montréal -, Xavier Huard se considère choyé de voir les projets intéressants se multiplier depuis sa sortie de l'école. Mais le jeune homme de 25 ans aime aussi, parfois, sortir de sa bulle montréalaise pour revenir dans la région, histoire de prendre un peu de répit. Sa famille est toujours installée à Trois-Rivières.

«Je vais encore assez souvent à Trois-Rivières voir ma famille, mes amis. Je sais que ça a l'air cliché de dire ça, mais Trois-Rivières, c'est un peu mon île. C'est pas loin et la nature est à proximité. Ça me permet de garder un équilibre. Parce que Montréal, c'est gros...»

Un pour tous, tous pour un...

Avec Cyrano de Bergerac l'an passé, puis Les Trois Mousquetaires cet été, Xavier Huard prend plaisir à plonger dans l'univers du théâtre classique - mais merveilleusement revisité par l'adaptation qu'en a faite Pierre Yves Lemieux - et à jouer avec des comédiens «solides et inspirants».

«Dans une équipe, avoir du monde comme Benoît McGinnis ou Julie LeBreton, c'est vraiment agréable. Et c'est le fun de les voir travailler», note-t-il.

Et c'est comment de faire partie de la grosse pièce d'été du TNM, présentée en collaboration avec Juste pour rire? «Il y a une espèce d'ivresse, c'est sûr. C'est un show d'équipe. Mais ça devient un marathon. On fait huit semaines à raison de cinq shows par semaine», remarque le comédien.

Pour ajouter au côté «sportif» de cette production, on a ajouté une formation rigoureuse en escrime théâtrale puisque la pièce comprend plusieurs duels ou batailles à l'épée. «Ç'a été une expérience vraiment géniale», assure-t-il.

Si on le voit manier le fleuret quand il se glisse dans la peau d'un garde de Richelieu le temps de quelques scènes, c'est dans son rôle de Felton, l'assassin du duc de Buckingham, qu'il révèle son talent d'acteur. Solide dans son interprétation, il réussit à laisser transpirer une rage inspirée par un puritanisme qui se transforme presque en fanatisme religieux, mais aussi une vulnérabilité puisque l'assassinat de Buckingham lui a été dicté par Milady de Winter.

Dans Les Trois Mousquetaires, Xavier Huard explore le registre de la folie lucide, celle qui permet de poser des gestes graves en ayant la conviction que c'est exactement ce qu'il fallait faire.

La production dans son ensemble se distingue par l'intelligente façon dont Pierre Yves Lemieux a revisité le texte pour lui donner un soupçon de plus d'accessibilité. La mise en scène de Serge Denoncourt, quoique parfois étourdissante dans les rapports que les comédiens ont avec la scénographie, a permis de faire de belles prouesses d'interprétation. Et le Felton de Xavier Huard, bien qu'il arrive tardivement dans le spectacle, fait partie des moments de grande intensité de la pièce.

«Travailler avec Serge [Denoncourt], c'est le fun parce que ça nous oblige à aller plus loin comme acteur. Quand on répétait, on le savait quand ce qu'on faisait était bon ou pas bon. Ç'a été un beau défi», conclut-il.

Encore quelques représentations

Initialement, Les Trois Mousquetaires devait être présentée du 16 juillet au 16 août, mais des supplémentaires ont été annoncées jusqu'au 2 septembre. Et les chances de voir la pièce en tournée sont minces pour ne pas dire nulles.

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