Le road movie de sa propre vie

Mario Tessier sera de passage à la salle... (Photo: Le Quotidien)

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Mario Tessier sera de passage à la salle J.-A.-Thompson du 12 au 15 août pour présenter son premier spectacle solo Seul comme un grand.

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François Houde
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Mario Tessier se définit comme un humoriste. Or, être humoriste, ça peut prendre bien des formes différentes. Malgré l'immense succès des Grandes Gueules, la radio n'aura été qu'un volet de sa vocation et c'en est un autre qu'il a ouvert cet été pour présenter son premier spectacle solo aux Trifluviens du 12 au 15 août, à la salle J.-A.-Thompson. Le titre? Seul comme un grand.

Pourquoi, avec une carrière aussi prolifique que la sienne, sent-on le désir ou le besoin de monter un spectacle de scène solo? La réponse est aussi évidente qu'elle peut surprendre. «Ça me manquait, confie l'homme de 44 ans. J'ai fait de nombreuses apparitions dans des galas, par exemple, pour des numéros de sept ou huit minutes. J'ai adoré ça mais c'était trop court. J'avais besoin d'occuper la scène plus longtemps. Alors, l'idée d'un spectacle solo m'a trotté dans la tête.»

Seulement, il y a bien une cinquantaine de spectacles d'humoristes qui circulent au Québec. Il faut se démarquer. «J'arrive avec une autre proposition: être totalement moi-même. Alors, je raconte ma vie, tout simplement. Ça devient le fil conducteur de tout le spectacle. Non seulement, ça constitue une proposition différente des autres spectacles mais ça me permet d'aller chercher quelque chose qui est essentiel pour moi: le contact intime avec le public.»

«La radio était une expérience extraordinaire et grâce aux médias sociaux, on était en contact avec les gens. Mais il n'y a que la scène pour t'offrir un contact immédiat, direct avec le public. C'est la base même du métier, finalement: un gars, un micro devant 1000 personnes. Il n'y a rien pour égaler ça, et je me suis aperçu que ça me manquait dans ma carrière.»

Tessier va plus loin dans les confidences: non seulement il adore son métier mais il croit qu'il a carrément besoin de la scène pour être équilibré. «C'est peut-être le mandat le plus noble en humour, je trouve. Et tu as beau faire ton spectacle 300 fois, il n'y a jamais deux représentations pareilles. C'est tout un défi et j'ai vraiment l'impression de me mettre en danger. Je suis nerveux: j'ai une impression de vertige.»

L'humoriste a pourtant fait ce qu'il fallait pour se soulager de ces symptômes: il a travaillé comme un fou et il a fait appel à un metteur en scène très exigeant: Serge Postigo. «Serge est un perfectionniste maniaque. Pour chaque page de texte, je devais avoir six pages de notes à un certain moment pendant les répétitions. Honnêtement, pendant un bon bout de temps, j'avais l'impression de passer toute ma vie dans les salles de répétition. Je me réveillais la nuit pour reprendre un passage qui ne fonctionnait pas à mon goût. Serge m'a poussé à me dépasser et je l'en remercie. À aucun moment, il n'a accepté que je tombe sur le pilote automatique. Chaque moment, chaque geste du spectacle a été étudié.»

C'est la raison pour laquelle, lors de son passage trifluvien, même si Seul comme un grand n'en sera qu'à ses premières sorties dans une version définitive, il sera déjà complètement rodé. «On a fait pas mal de rodage dans des petites salles pour mettre en place des choses mais en plus, on l'a tellement fignolé en répétitions que la version finale sera déjà solide à Trois-Rivières.» Il s'agira d'un troisième arrêt après des escales de six représentations à Gatineau à la mi-juillet et de quatre à Saguenay, cette fin de semaine.

UNE VIE

L'idée de ce spectacle lui vient de celui que le légendaire humoriste américain Billy Crystal a présenté à partir de 2004 et qui lui a valu un prix Tony. 700 Sundays était un récit autobiographique de l'enfance de Crystal à New York dans lequel le rire était tempéré par l'émotion. «C'est un spectacle qui m'a carrément jeté à terre, dit Mario Tessier. C'est assurément le meilleur spectacle que j'ai vu.»

Inspiré par le comédien américain, Tessier a créé une mouture qui lui est toute personnelle. «Dans mon spectacle, je fais plein de choses: je chante, je danse, etc. Ce n'est pas une représentation de stand-up avec des blagues à la suite l'une de l'autre. Je dirais que c'est comme un road movie dans ma propre vie.»

«C'est l'histoire même qui a inspiré les blagues et non pas le contraire comme c'est souvent le cas en humour. Bien sûr, il y a ce qu'en humour, on appelle des lignes, mais elles s'intègrent complètement dans un récit très dynamique. Je veux faire rire mais aussi toucher, à l'occasion. En fait, je me dis que ça aurait pu faire un bon roman.»

Le spectacle se composera d'une succession de tableaux en partant de celui d'une tempête de neige. Et pas n'importe laquelle: la tempête du siècle du 4 mars 1971 pendant laquelle Mario Tessier a vu le jour. «On ouvre le spectacle en produisant une tempête de neige sur la scène! Dans l'ensemble, je dirais qu'on est beaucoup dans une certaine nostalgie; ça me fait penser au film 1987 de Ricardo Trogi. Évidemment, c'est comique mais je veux aussi que les gens soient émus à l'occasion. Je pense que c'est en racontant les choses qui nous sont vraiment intimes qu'on arrive à toucher les spectateurs. C'est dans cet esprit-là que je l'ai écrit.»

Tessier assume d'ailleurs la totale paternité de cette oeuvre si ce n'est pour un numéro portant sur son ego qu'il a écrit en compagnie de Martin Petit. «C'est sûr que je ris de mes travers mais je pense que c'est un spectacle qui fait du bien. Probablement parce qu'il a été écrit dans le bonheur.»

Une carrière qui explose

On ne peut pas faire un survol de la carrière de Mario Tessier, ou même de sa vie, sans faire référence aux Grandes Gueules. «C'est sûr qu'il en sera question dans le spectacle, souligne l'humoriste. On retrouvera aussi certains personnages comme mon père ou ma mère qui vont intervenir mais je ne veux pas en dire plus: je laisse la surprise aux gens.»

«Même si la formule de Seul comme un grand est particulière, je demeure le même gars que j'étais avec les Grandes Gueules: les gens vont me reconnaître. Et ceux qui n'ont pas connu les Grandes Gueules vont pouvoir l'apprécier tout autant.»

L'humoriste est bien conscient qu'à partir du moment où le spectacle vit sa vie sur scène, c'est au public qu'appartient le jugement final. C'est lui qui en fera, ou non, un succès. «On l'a conçu comme un divertissement et j'espère simplement que les spectateurs vont avoir du plaisir. C'est certain que je rêve que le spectacle connaisse du succès et qu'il dure le plus longtemps possible mais quoi qu'il arrive, je suis fier du résultat. J'ai eu énormément de plaisir à le monter et s'il est une chose que je peux affirmer sans réticence, c'est que je l'ai fait avec mes tripes.»

Peu importe le destin de son spectacle, il reste que la carrière de Mario Tessier demeure multiple. À l'automne, il se retrouvera de nouveau à la télévision, à l'antenne de V, pour animer une émission de cuisine intitulée: Ma mère cuisine mieux que la tienne. Il s'agira de la version québécoise d'une émission espagnole à succès dans laquelle des équipes s'affrontent dans une compétition culinaire en préparant la recette préférée de la mère d'un des concurrents.

Par ailleurs, une version en dessins animés des Grandes Gueules sera aussi diffusée à partir de l'automne, cette fois, à Télétoon.

«C'est une série de 26 épisodes de 30 minutes. On va faire vivre les personnages de nos émissions de radio avec un côté vintage que je trouve particulièrement réussi. C'est un projet qui m'excite beaucoup parce qu'on a travaillé très fort là-dessus et j'adore le résultat.»

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