La scène, une source essentielle pour Éric Lapointe

Pour Éric Lapointe, la scène offre l'énergie brute... (Photo: La Presse)

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Pour Éric Lapointe, la scène offre l'énergie brute d'un band qui s'amuse, une valeur ajoutée au contenu de tout album.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il était à Shawinigan le 30 mai, il sera au FestiVoix le 28 juin et à la salle J.-Antonio-Thomson de Trois-Rivières le 21 octobre, Éric Lapointe brûle les planches actuellement au sein d'une tournée qui, comme celles qu'il effectue depuis plus de 20 ans, constitue une essence vitale pour lui, en plus de lui fournir son plus bel espace de communication.   

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 Pour Éric Lapointe, le plaisir est un ingrédient premier du métier sur scène, d'oz l'expression «jouer» de la musique, observe-t-il. 

Photo: La Presse

Pour ce créateur, la musique a toujours été une manière d'exprimer ce qu'il n'était pas capable de rendre avec les mots, par manque de vocabulaire, dit-il. D'ailleurs au moment de prendre la décision de devenir coach à l'émission La Voix, il a longuement hésité, en raison de cette crainte bien présente de manquer de mots pour bien expliquer ses points de vue. Et il y avait cette autre raison, aussi. «Ma peur première de faire ce show-là, c'était de briser cette espèce de mythe que j'avais créé au fil des années. J'avais peut-être peur que les gens me connaissent pour vrai... Et c'est ce qui est arrivé», laisse-t-il tomber.

S'il craignait de perdre des adeptes, La Voix a toutefois provoqué l'effet inverse. «L'émission a élargi mon public et c'est une bonne chose parce qu'il y a du monde qui se donne maintenant la peine de venir voir les shows et moi, je vis pour la scène. Ma force est toute là. C'est là que les chansons prennent vraiment vie.» 

N'empêche qu'au départ, il a trouvé curieuses ces nouvelles approches. «Plein de gens m'ont dit qu'ils m'avaient découvert à cette émission et qu'ils ne m'aimaient pas avant... Ça veut dire quoi? Tu ne m'aimais pas quand je faisais juste chanter et, maintenant que je ne chante pas, tu m'aimes? C'est un peu bizarre comme énoncé», observe-t-il. «Probablement qu'à cause de ma réputation, une partie du monde n'avait peut-être pas tendu l'oreille vraiment à mon matériel et là, ils se donnent la peine d'écouter vraiment ce que j'ai fait au cours des 25 dernières années...»

Or, le plateau de La Voix lui a aussi ouvert d'autres avenues. «C'est un métier où on ne cesse d'apprendre et de grandir, tout spécialement quand on a la chance de travailler avec d'autres artistes. Chaque collaboration me fait grandir. C'est beaucoup de travail, mais j'ai la chance de me frotter au talent de plein de gens qui rêvent d'avoir la chance de gagner leur vie avec leur passion. Ça te reconnecte aux sources de ton métier et tu comprends pourquoi tu fais ça dans la vie.»

N'empêche que débutant ou vieux routier, il y a des aspects qui ne changent jamais. Éric Lapointe affirme se sentir aussi nerveux qu'à ses débuts. «Je carbure aux peurs, au trac, à l'adrénaline, à l'insécurité, aux défis», défile-t-il. Et l'insécurité n'est pas chose à s'apaiser avec le succès. «Au contraire», réagit-il. «Je me demande si ça ne s'amplifie pas avec les années... On a toujours peur que notre beau rêve s'arrête, que notre château s'écroule. J'arrête de jouer pendant deux semaines et je pense que je suis un artiste fini», rigole-t-il. «Mais cette insécurité, c'est aussi un moteur de création. Le doute est sain. Je vis mal avec ça, je suis très angoissé, mais ça fait partie du quotidien de la majeure partie des artistes.»

Et ce ne sont pas ses 25 ans de carrière qui y changent quoi que ce soit, précise-t-il. «Il n'y a jamais rien d'acquis. À chaque chanson, à chaque performance, c'est un éternel recommencement. Il faut toujours que tu remettes des bûches dans le feu.» Son combat contre la consommation y est d'ailleurs intimement lié. «C'est un combat éternel, même chez ceux qui ne sont plus intoxiqués depuis 20 ans... C'est aussi en lien avec la création et ça, ça multiplie le combat.»

Longtemps, il a craint que s'il arrêtait de consommer, il ne trouverait plus ses sources d'inspiration, «et c'est arrivé», dit-il. «J'ai eu la page blanche pendant longtemps. On a beau essayer de se convaincre du contraire, ça rapproche de ses émotions....» 

Et ce sont précisément ces émotions qui ont constitué le coeur de son oeuvre et d'une carrière dont il ne compte plus les années. «Je suis devenu connu en 1994, ma première chanson est passée à la radio en 1993, mais ça faisait longtemps que je roulais ma bosse dans les bars... Ma carrière a entre 20 et 25 ans, je dirais...» 

Et il la souhaite encore longue et ponctuée de grands moments. «C'est tellement intense de monter sur scène, je vis des grands moments à longueur d'année et je ne veux pas que ça arrête. Je suis en tournée depuis 21 ans et les gens sont toujours là. Je dis merci au monde. Merci à la vie. Et je touche du bois en le disant.»

Rosa Laricchiuta a joint la tournée d'Éric Lapointe... (Photo OSA IMAGES fournie par TVA) - image 2.0

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Rosa Laricchiuta a joint la tournée d'Éric Lapointe et sera sur scène au FestiVoix le 28 juin prochain à Trois-Rivières. 

Photo OSA IMAGES fournie par TVA

Éric Lapointe a longtemps hésité à joindre le... (Photo: TVA) - image 2.1

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Éric Lapointe a longtemps hésité à joindre le plateau de La Voix, un pari qu'il a toutefois remporté et qui lui a rapporté de nombreux nouveaux adeptes.  

Photo: TVA

Éric Lapointe s'amène en ville avec Rosa

C'est en compagnie de Rosa Larrichiuta, sa finaliste de l'émission La Voix, que le chanteur Éric Lapointe débarquera au FestiVoix le 28 juin.

Sa protégée remplacera tout l'été Rick Hugues qui, après avoir évolué ces huit dernières années aux côtés de Lapointe à titre de choriste, le quitte pour aller honorer la revue musicale American Story Show, ce qui l'amènera lui aussi à fouler les planches de la grande salle de la rue Des Forges cet été.

Pour Éric Lapointe, l'arrivée de Rosa Larrichiuta est vivifiante. «Ça amène un vent de fraîcheur dans le show et pour nous, les sept gars du band, c'est une autre dynamique d'avoir une répartie et une présence féminine sur le stage. On est tous très contents et elle fait partie des boys.»

Rosa y interprétera évidemment la pièce qu'il lui a écrite pour la finale, mais entonnera aussi d'autres pièces, dont des duos avec son coach. Avec le recul, Éric Lapointe est toujours aussi impressionnée. «Elle m'a jeté à terre dès sa première performance et elle continue à chaque fois qu'on partage la scène avec elle. Cette fille est une machine. Elle a vraiment une énergie dans laquelle je me retrouve. C'est difficile à expliquer... C'est dans sa façon d'approcher les chansons et d'aborder la musique, elle est vraiment mon pendant féminin», dit-il.

Et ce, jusque dans son attitude et son côté organique. «Elle ne se pose pas de questions, elle chante instinctivement», analyse-t-il. «La musique, tu n'es pas supposé la réfléchir, tu es supposé la sentir et la livrer. On véhicule des émotions. J'aime ça comme ça.»

Et il a aimé composer pour elle, comme il a aimé le faire pour son amie Valérie Lahaie, sa finaliste de l'année précédente. «C'est un beau challenge d'écrire pour des femmes. Essayer de se mettre dans la peau d'une femme est toujours un exercice plaisant. On dit que la création, c'est d'exprimer son côté féminin», sourit-il. «Rosa est inspirante. J'ai écrit pour elle comme si j'avais composé pour moi. Pour l'instant, elle fera la tournée avec nous et après, je n'écarte pas la possibilité de travailler avec elle sur un éventuel album.»

Pour sa présente tournée, Éric Lapointe présente pour sa part quelques pièces de son dernier album, mais s'amuse aussi à piger dans l'ensemble de son répertoire. «J'ai l'heureux problème d'avoir 22 ou 23 ans de chansons à proposer. Le show est un peu une rétrospective et c'est un spectacle qui est aussi très interactif, dans le sens que je ne chante pas pour le monde, mais avec le monde. Ce n'est pas la présence d'un artiste en avant avec le groupe en arrière. C'est un show de band, de rock and roll où tout le monde a sa place et ses moments de gloire.»

À ce jour, la sortie de son prochain album n'a pas de date précise. «Je suis toujours en création. Comme c'est un besoin, je n'arrête jamais. Je ne me suis pas assis encore pour en monter un, mais il est dans mes plans de le faire pour le printemps peut-être.»

L'émission La Voix pourrait toutefois affecter son horaire, advenant le cas où il épouserait une troisième saison, ce qu'il ignore pour le moment, dit-il. «Je suis encore insécure. Chaque fois, je me demande si je dois le refaire, si je ne vais pas décevoir du monde... Autant tu grandis dans cette expérience, autant c'est déchirant. Tu demandes à des artistes de te faire confiance pour les éliminer après...» 

Les questionnements sont toujours présents. «Tu penses constamment à tes candidats. Tu as leur rêve entre les mains, c'est un ost... de poids. Tu blesses des gens, ça fait mal à toutes les fois et c'est inévitable. C'est cruel mais, en même temps, c'est très représentatif de ce qu'est ce métier-là...»

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