Bet.e & Stef: une musique pour faire du bien

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En se retrouvant il y a deux ans, Bet.e et Stef ont repris leur parcours musical entamé dix années plus tôt, mais ils ont aussi retrouvé l'un chez l'autre les valeurs humaines qui teintent leur démarche artistique.

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François Houde
Le Nouvelliste

C'est plus riche d'un tout nouvel album que Bet.e & Stef se présenteront sur la scène de la salle Anaïs-Allard-Rousseau jeudi soir prochain. Un album qui reflète l'exploration de nouvelles avenues, démarche qui n'a pas dénaturé leur musique, toujours singulière, inspirée et riche de leurs valeurs.

Dans un constant souci d'offrir un produit toujours... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Dans un constant souci d'offrir un produit toujours plus vrai, Stéphane Carreau et Élizabeth Provencher travaillent intensément à peaufiner chaque détail de leur musique.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

«Les gens qui vont venir nous entendre vont retrouver le son Bet.e & Stef, convient Élizabeth Provencher, la portion trifluvienne du duo éponyme qui se présentera cependant sur les planches en trio avec Jay Atwill. Ils vont voir que le son s'est renouvelé mais que la fibre bonheur est toujours là. On reconnaît toujours notre propension pour les harmonies vocales, les guitares, les rythmes latins et le métissage avec les rythmes du monde. Il y a eu une évolution musicale mais personnelle, aussi.»

Pas surprenant: Bet.e & Stef a connu un succès assez retentissant il y a une douzaine d'années. Ils se sont pourtant séparés, le temps d'explorer de nouvelles avenues, créatives et musicales pour se retrouver dix ans plus tard, il y a deux ans. Se retrouver et reprendre contact avec les fans, chez qui ils puisent la plus grande part de leur énergie. «Le nouvel album est né avec la scène. On a présenté une bonne soixantaine de spectacles depuis qu'on est de retour ensemble et les réactions des gens à nos chansons ont dicté celles qui devaient se retrouver sur l'album.»

«Dans ce métier, il est fondamental de se renouveler, soumet Stef, surtout avec la forme qu'a prise l'industrie. Une des façons pour nous de le faire, au-delà de la musique comme telle, c'est de développer de l'interactivité avec les gens dans la salle. On demande aux fans sur Facebook ce qu'ils veulent entendre lors du prochain spectacle et on crée un dynamisme avec le public pendant la représentation. On va dans de petites salles et ce sont vraiment de belles expériences. Le contact avec les gens a un énorme impact. On a récemment joué dans le sous-sol d'une maison historique à Contrecoeur devant une trentaine de personnes: on pouvait entendre le son de leur respiration tellement c'était intime. C'était absolument magique!»

Leur lien avec les fans a évolué vers une complicité nouvelle. «Comme notre album a pris forme en spectacle parce que toutes les chansons y ont d'abord été jouées, on a demandé aux gens leur opinion. On les a aussi sollicités en leur offrant d'acheter l'album à l'avance: l'argent ainsi amassé à servi à la production du disque. On a vraiment senti que les gens étaient emballés de participer, de faire partie du processus créatif. Il y a un côté collectif à l'album.

S'entraider

Collectif: le mot n'est pas banal. Il est au centre du nouvel univers de Bet.e & Stef. C'est un moteur autant qu'un objectif. «On est là pour apporter de la lumière, du bien-être. Ça fait des années que les gens nous disent que notre musique les a accompagnés dans des moments difficiles de leur vie, qu'ils se sentent bien en l'écoutant. Au fond, c'est ça qu'on recherche. C'est, en tout cas, profondément valorisant de l'entendre.»

«On a constaté que la musique peut avoir une valeur thérapeutique, poursuit Stef, manifestement heureux de voir la direction que prend l'entrevue. En fait, je pense que c'est là qu'on trouve notre voix. On veut explorer davantage le côté communautaire, participer à des causes , aider des gens à vivre mieux. C'est comme ça qu'on conçoit notre métier: une façon de s'entraider bien plus que de nourrir nos egos.»

«On aimerait participer à de plus en plus d'événements bénéfices, dit Bet.e. Des événements qui impliquent toute une communauté. Les gens se démènent pour vendre des billets, remplir les salles pour amasser des fonds pour un projet collectif et de notre côté, on contribue au succès du projet, on se fait une paie décente et on participe à tout un réseau d'entraide. Ça donne un sens aux choses.»

Le contexte trouve un écho dans les chansons du duo. Stef insiste pour que les gens portent attention aux paroles des chansons du nouveau disque. «La bossa nova est une musique un peu légère parce qu'elle parle d'amours heureux comme perdus; c'est une poésie légère. Avec Seeds, on va un peu plus loin: on parle d'amour universel, d'une certaine spiritualité, d'expériences de vie.»

Bet.e analyse: «Found My Way traite de retour à l'harmonie, de se débarrasser des idées contradictoires qu'on entretient en soi, d'aller vers l'harmonie. Demystify parle de nos limites et de la nécessité de les accepter et de se libérer des pression inutiles. Ce sont des sujets plus profonds que dans le passé mais je pense que les sujets ont toujours été là, dans nos chansons. Seulement, on les approfondit, on les assume davantage.»

«La psychologie, la spiritualité nous ont toujours intéressés, poursuit Stef. La musique est une forme de thérapie pour nos propres blessures également. Il faut sortir de son ego, de ses limites personnelles pour toucher des causes universelles.»

L'artisanat

Dans un monde où les ventes de billets de spectacles diminuent comme les ventes d'albums ont décliné il y a quelques années, les solutions demeurent un mystère pour les artistes. Stéphane Carreau, le Stef du duo, estime que la seule avenue à emprunter, c'est de se renouveler constamment.

«Les nouvelles technologies permettent une diffusion plus grande que jamais de la musique et ça, c'est une excellente nouvelle. Comment faire pour attirer le public vers notre musique plutôt qu'une autre? Il faut constamment donner le meilleur de nous-même.»

«Ça implique énormément de travail. Il faut répéter beaucoup pour offrir le meilleur produit possible, soumet Élisabeth Provencher. C'est dans les tout petits détails qu'apparaît la différence. Des choses humaines, parfois. Nous, on établit un contact avec les gens pendant le spectacle et on se fait un devoir de les rencontrer après, pour discuter avec eux.» Ils le feront, assurément, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, le

28 mai.

«Musicalement, dit Stéphane, on doit être très exigeants avec les arrangements. À travers le temps, nous, on a développé une esthétique et on sait mieux ce qui s'intègre bien ou pas. De minuscules détails font qu'on peut ou non propulser une chanson au niveau supérieur. Ça peut être une question de longueur de la chanson, de la façon de présenter la mélodie, de comment l'arrangement évolue pendant la chanson, etc.»

«Il faut absolument maintenir l'attention de l'auditeur et pour cela, le surprendre aux 15 secondes. Il faut qu'il veuille en écouter davantage pour savoir où ça va aller. Il faut du mystère et une variation dans les niveaux émotionnels, dans les mots comme dans la musique.»

«Comme on fait le spectacle en trio, dans l'intimité, les silences deviennent très importants. Un silence est tout aussi puissant qu'une note jouée. Plus, parfois, si on sait bien doser. C'est souvent ça qui vient capter l'attention des gens en créant un gros contraste dynamique en terme d'énergie.»

«C'est un travail d'orfèvre», résume très pertinemment sa compagne de scène... et d'artisanat.

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