50 ans de carrière pour Breen Leboeuf

Breen LeBoeuf et son groupe sortiront un nouvel... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Breen LeBoeuf et son groupe sortiront un nouvel album, LeBoeuf/Deschamps, le 26 mai.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a forcément erreur: l'article de Wikipédia consacré à Breen LeBoeuf soutient qu'il est né en juillet 1949, ce qui lui donnerait 65 ans. Impossible! L'homme qui est venu au Nouvelliste pour une entrevue est un jeunot aux cheveux longs, fou de musique, plein d'énergie et de projets.

Un jeunot avec quand même 50 ans de carrière musicale officielle derrière les cordes de sa basse.

Son enthousiasme s'explique notamment par l'allure de sa carrière qui, à sa propre surprise, roule à fond de train. Le groupe LeBoeuf & Deschamps dont il forme le coeur avec le chanteur Martin Deschamps fonctionne à plein régime: ils viennent d'ajouter aux spectacles qu'ils présentent un peu partout en province, l'enregistrement d'un album, LeBoeuf/ Deschamps, qui sortira officiellement le 26 mai.

«Ma situation me fait penser à deux de mes amis que j'ai vus récemment : Paul Daraîche et Patrick Norman, illustre le musicien. Quand je leur ai demandé comment ils allaient, ils avaient simplement le sourire fendu jusqu'aux oreilles. Ils ne comprennent pas très bien comment ça se fait que leur carrière va aussi bien à l'âge où ils sont rendus et après toutes ces années de métier mais ils se contentent d'en profiter sans se poser trop de questions.»

«Je me sens comme eux, à la différence que je n'ai jamais connu un succès aussi gros que le leur mais moi aussi, je suis gâté: je fais des spectacles autant que je veux, je travaille avec des gens que j'aime, je fais la musique que j'aime; c'est merveilleux! Je ne connais pas la recette de ce succès- là: je me contente de croire que c'est de la chance. Je n'ai pas non plus la prétention de penser que ça va durer. L'expérience dans le métier m'a appris à le prendre pendant que ça passe.»

Martin, comme Gerry

Quand il parle de gens qu'il aime, il pense à Martin Deschamps sur qui il ne tarit pas d'éloges. «Martin est un gars extraordinaire. C'est très facile de travailler avec lui. C'est un gars généreux de son temps, de son énergie et de son argent. En plus, c'est un excellent leader qui aime gérer les affaires du groupe et qui sait tirer le meilleur de ses collègues sans être autoritaire.»

«De plusieurs façons, il me fait penser à Gerry Boulet, dit LeBoeuf sans qu'on lui rappelle le souvenir de son vieux chum. On pouvait argumenter fort avec lui à l'occasion mais ce n'était pas une question d'ego: c'était pour faire de la meilleure musique. Moi, je n'ai jamais eu de grosses chicanes avec Gerry. J'étais son lieutenant, mais surtout pas le boss du groupe. Ce n'était écrit nulle part mais c'était bien clair dans la tête de tout le monde.»

«Gerry respectait le talent des gens autour de lui, il savait écouter et adopter les bonnes idées. Moi, je suis susceptible pour certaines choses mais en général, je suis souple en autant qu'il y a du respect. Tu vois, avec Martin, c'est comme ça. C'est tellement cool.»

Malgré la vingtaine d'années qui les séparent, les deux partagent une vision musicale. «On travaille ensemble depuis déjà une vingtaine d'années on and off, estime LeBoeuf, étonné du constat. Martin aime partager la scène et quand on monte sur le stage, on le fait pour les mêmes raisons: on aime la musique qu'on fait.»

La magie opère, le public suit. LeBoeuf calcule qu'ils devraient présenter une bonne quarantaine de spectacles cette année. À une époque où vendre des billets de spectacles est un défi, ce sont des chiffres impressionnants. «On fait du bon vieux classic rock et je suis surpris de voir tant de jeunes qui viennent nous voir parce qu'ils ont adopté notre musique. D'autres soirs, c'est plein de gens aux cheveux blancs qui restent debout pendant toute la soirée et qui chantent chacune des chansons.»

«On est devenu un groupe multigénérationnel autant dans la salle que sur la scène parce que notre guitariste n'a que 24 ans: il représente une troisième génération dans le groupe! La première fois que je l'ai vu, j'ai eu des doutes, jusqu'à ce que je l'entende jouer. Je n'en reviens pas à quel point il est bon, le jeune.»

«Je ne te dis pas que tous les publics sont pareils: certains soirs, les gens sont plus flat mais une de nos forces, justement, c'est qu'on a plusieurs outils dans notre coffre pour les réveiller. Le spectacle est loadé de bonnes tounes. Tôt ou tard, on sait qu'on va aller toucher les bonnes cordes sensibles qui vont faire lever le public.»

Pour ce qui est de l'album, il s'inscrit dans le parcours comme un témoin, la trace de leur musique qui va demeurer. «C'est Martin qui en a eu l'idée et c'est lui qui le produit. On a décidé de le faire sans nourrir d'attente. C'est un album studio mais on voulait que ça reflète bien ce qu'on fait en spectacle avec les petites surprises qu'on réserve à notre public.»

Comme un enfant

Le nom de Breen LeBoeuf est lié au rock comme celui de Michel Donato au jazz. C'est son premier amour, celui qui durera jusqu'à la fin de ses jours. «J'ai fait du rock toute ma vie et je vais continuer mais j'aime me renouveler, commente le bassiste. Il suffit souvent qu'on me propose un défi pour que j'embarque: je viens de faire un projet extraordinaire avec l'Orchestre des jeunes Philippe-Filion dirigé par Michel Kozlowski. J'ai adoré le côté symphonique.»

«On a fait une dizaine de chansons d'Offenbach mais j'ai aussi chanté Alfie, un classique de Burt Bacharach que j'ai toujours rêvé d'interpréter, avec, en plus, un accompagnement de cordes. Je cherche constamment à faire des choses hors des sentiers battus pour conserver la petite flamme. Sur l'album avec Martin, on a repris Deux aut'bières dans le style ZZ Top. Je la chante dans un registre super bas dans lequel je n'avais jamais chanté avant. J'adore ça.»

LeBoeuf se paie des petites gâteries en faisant des spectacles de blues et il lui arrive aussi de remonter sur scène avec son pote Miles Goodman, leader du groupe April Wine. «Je suis chanceux parce que je n'ai pas de gros ennuis de santé. Mes mains sont parfaites: juste ça, ça vaut de l'or. Mon niveau d'énergie est bon et je peux encore donner un bon show. Le pire, question fatigue, ce sont parfois les longs voyages en voiture... après un spectacle.»

Il faut dire que la scène est un puissant analgésique. «J'ai fait un spectacle il n'y pas très longtemps alors que j'étais tombé dans les escaliers de la maison plus tôt dans la journée. J'avais super mal au dos. Du moment que le band partait une nouvelle chanson, je ne ressentais plus aucune douleur. J'ai même déjà joué avec une fracture: je portais un plâtre sur la main qui pince les cordes et seul mon index était libre. J'avais le doigt bleu mais quand je jouais, je ne sentais absolument rien», raconte-t-il avec une moue incrédule.

Cela ne fait pas forcément le même effet à tout le monde. C'est que Breen LeBoeuf apprécie plus qu'il ne saurait le dire de pouvoir encore jouer. «J'aime encore faire de la musique comme un enfant. Je n'ai jamais apprécié autant mon métier que maintenant.»

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