La mode autrement, la qualité d'abord

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Avec son livre La bible du shopping intelligent, Laurence Bareil souhaite offrir le pendant vestimentaire de ce qu'est L'Épicerie pour l'alimentation, un ouvrage où on apprend à mieux acheter, dit-elle.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Laurence Bareil avait 17 ans et travaillait comme hôtesse dans un restaurant du centre-ville de Trois-Rivières quand un homme lui a conseillé de postuler à la station régionale de  TVA, ce qu'elle a fait.

Ce premier emploi en télévision aura duré trois étés, le temps d'apprivoiser les caméras en animant les capsules Ça se passe en Mauricie, puis La Tournée des Grands événements, avant d'aller poursuivre sa route à Montréal où elle a gagné le petit écran sous différents concepts.

Les habitués du Canal Évasion l'ont découverte au beau milieu des décors de bord de mer dans le cadre de l'émission Soleil tout inclus. Les téléspectateurs du réseau TVA l'ont retrouvée aux fourneaux pour le compte de l'émission Qu'est-ce qui mijote.

Mais c'est le concept de La reine du shopping, sur les ondes de Canal Vie, qui lui a donné le plus de répercussions au-delà des ondes, si bien qu'elle en tire aujourd'hui un bouquin qu'elle propose sous le titre La bible du shopping intelligent et qui la ramène directement à sa famille trifluvienne, plus précisément à sa mère qui lui a inculqué très tôt à quel point la qualité d'un bon vêtement fait foi de tout.  

«J'avais envie de faire ce livre parce qu'au Québec, dès qu'on pense aux vêtements, on pense à la mode, aux tendances, à ce qui nous rend belle et qui est flatteur, mais on oublie de se demander si ce qu'on paie est le bon prix et si c'est de la qualité», observe Laurence Bareil. «La qualité, c'est mon combat. Je veux dire aux gens qu'il y en a partout et à tous les prix, c'est juste qu'on n'a pas appris à la repérer.» 

En matière vestimentaire, Laurence Bareil se décrit comme une comptable bien davantage que comme une fashionita

«Souvent, on pense que finances et magasinage ne vont pas bien ensemble. Moi, je veux prouver qu'on peut continuer d'aimer la mode et de faire du magasinage un plaisir non coupable. Le shopping intelligent, c'est une façon de vivre.»

Dans son concept, Laurence Bareil ne parle donc pas de tendances, mais bien de confection, de coupes de vêtement, de qualité de tissus et de modes d'entretien. Même si son livre est conjugué au féminin, ses conseil s'appliquent aussi bien aux hommes qu'aux femmes, dit-elle, à celles qui portent du 2 ou du 22, ralliant celles qui aiment ou qui détestent magasiner. «Plus on sait ce qui fait un vêtement de qualité, mieux on est capable de le repérer rapidement et moins de temps on passe dans les boutiques», raisonne-t-elle.

Cette manière de faire, elle la tient de sa mère, Sylvie Bassaraba, qui était une couturière hors-pair et qui confectionnait tout les vêtements chez elle pour sa famille, des sous-vêtements jusqu'aux habits d'hiver en passant par les costumes d'Halloween. 

En introduction de son livre, Laurence Bareil relate avec humour les multiples remarques de sa mère quand elle lui montrait ses nouveaux achats de vêtements. «Elle, c'est la reine-mère du shopping. J'ai passé mon adolescence a recevoir des cours de confection 101 quand j'allais aux Rivières et que j'y dépensais mes payes de gardienne d'enfants», note-elle. «Quand je lui ai dédicacé mon livre, je lui ai écris que toutes ces heures qu'elle avait passées à m'enseigner ces choses n'avaient pas été perdues!»   

Pour son émission comme pour son livre, elle fait appel aujourd'hui à l'expert Christophe Billebaud, qui est la huitième génération de couturier de sa famille. L'homme a travaillé autant chez H&M que chez Louis Vuitton et tient aujourd'hui exactement les mêmes discours que sa mère sur la confection des vêtements et la rigueur qui se doit. «Lui, il a son 10 000 heures de couture et moi, j'ai mon 10 000 heures de magasinage, alors on se complète bien», sourit-elle. 

L'idée de son livre a germé pendant la diffusion de La reine du shopping, en 2013, au moment où les téléspectatrices lui disaient qu'elle prenaient de notes en écoutant l'émission. Au même moment, devant son petit écran, l'éditrice de La Courte Échelle l'écoutait aussi, avec un intérêt particulier, assez pour lui offrir de coucher le tout sur papier. «On a reçu cette offre sur un plateau d'argent», relate-elle. Laurence Bareil n'a pas hésité à concrétiser ce livre, tout en prenant soin d'ajouter à son contenu sérieux des anecdotes divertissantes qui ajoutent de l'humour. «Je voulais être comme une bonne amie qui partage ses conseils.» 

Aujourd'hui, elle travaille sur l'éventualité d'une suite à l'émission télévisée, «mais on sent que ça va au-delà de l'émission», dit Laurence Bareil. «La reine du shopping, c'est devenu un livre, un site Internet, des capsules Web, des conférences et des ateliers de magasinage intelligent en groupe. Notre service s'est diversifié et j'en suis très contente parce la consommation avertie, ça va toujours toucher les gens», considère-t-elle.

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Dans toute l'histoire de son livre et de la faillite de sa maison d'édition, Laurence Bareil s'est découvert un profil d'entrepreneuse.

Le sociofinancement à la rescousse

Laurence Bareil avait terminé l'écriture de son livre et en était à quelques semaines de l'impression lorsqu'elle a appris la faillite de sa maison d'édition La Courte Échelle.

«Dans la catégorie ''On n'a pas vu ça venir'', cette faillite remporte la palme d'or», laisse tomber l'auteure. «J'ai appris à aimer la lecture avec La Courte Échelle, j'ai grandi avec les romans jeunesse de La Courte Échelle. Peu importe quelle maison d'édition m'aurait fait une offre, j'aurais choisi La Courte Échelle...»

Laurence Bareil a su rapidement qu'elle n'attendrait pas deux ans avant de publier son livre, mais c'est au moment d'annoncer sur Facebook que la sortie du livre était reportée à une date indéterminée qu'elle a trouvé une manière de se sortir de l'impasse, lorsqu'une de ses abonnées lui a suggéré de recourir au sociofinancement.

«Les gens faisaient un don qui était l'équivalent d'une prévente et si on n'atteignait pas l'objectif financier, on remettait l'argent», décrit-elle, consciente qu'elle demandait aux donateurs un acte de foi. «C'était un site américain, en anglais, on en demandait vraiment  beaucoup aux gens.» Ce qui n'a pas empêché son appel d'être entendu au-delà de ses espérances. Avec cette seule plate-forme, elle a rassemblé 700 donateurs, qu'elle remercie nom par nom à la fin de son bouquin.

«La campagne a duré 21 jours et j'ai pleuré tous les soirs», raconte-t-elle en riant. «Quand l'argent ne rentrait pas, je pleurais et la seconde suivante, quand les dons commençaient à entrer, je pleurais encore. C'était horrible.»

Coup du destin, au moment où la campagne s'est terminée, La Courte Échelle a été rachetée. Évidemment, Laurence Bareil a poursuivi sa route en sociofinancement, en établissant toutefois un partenariat avec les nouveaux propriétaires de la maison d'édition pour la distribution de son livre qui, jusque-là, demeurait sa principale difficulté. 

Cela dit, les donateurs ont tous reçu leur bouquin par la poste, avant les libraires. «On tenait à ce qu'ils aient leur copie avant tout le monde. En 48 heures, on a reçu les livres, on a mis ça dans des enveloppes brunes et on les a envoyés par la poste. On a tout fait nous-mêmes du début à la fin», sourit-elle. «Ça a été stressant, ça a été beaucoup d'heures, mais ça a été une très belle aventure.»

Une aventure qu'elle a partagée avec son conjoint Alexander Bain, qu'elle a connu sur le plateau de l'émission Qu'est-ce qui mijote où il était réalisateur, et avec lequel Laurence Bareil a conçu La reine du shopping. Sans savoir qu'on lui avait déjà parlé de lui. 

«Quand j'étais au Collège Laflèche, ma mère m'avait dit que si je voulais faire de la télé, le petit-fils de la voisine était producteur télé. Je lui avais répondu: tu connais les grands-mères, il doit avoir fait un vidéo pour l'école et elle dit qu'il est producteur», relate-t-elle, sourire en coin.

Ce n'est que plusieurs années plus tard qu'elle a fait le lien avec l'homme qui se trouvait devant elle au cours d'une fête et qui lui disait que sa grand-mère demeurait à Trois-Rivières. Pour la petite histoire, mentionnons qu'elle l'a marié. «Je me dis que c'est ça doit être ça qui était prévu!», rigole-t-elle aujourd'hui.

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