2Frères en tandem, en complicité et en douze titres

Le duo 2Frères, c'est Sonny et Érik Caouette,... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le duo 2Frères, c'est Sonny et Érik Caouette, deux gars de Chapais qui se font découvrir actuellement avec un premier album convaincant intitulé Nous autres.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ils sont nés dans le nord du Québec, dans la petite ville minière de Chapais, d'un père et d'une mère qui faisaient de la musique un joyeux hobby. Minier et serveuse de métier, Guy et Denise animaient régulièrement les mariages et autres événements corporatifs. Sur leurs pas, Érik et Sonny Caouette ont su rapidement que c'est dans cette voie qu'ils se dirigeraient eux aussi, et qu'ils iraient ensemble.

Adolescents, ils avaient déjà créé leur propre duo «Soon et Caou», à la manière de leurs parents. À 25 et 26 ans, c'est sous le vocable «2Frères» qu'ils sortent aujourd'hui leur premier album intitulé Nous autres, un univers folk-rock en douze pièces qui représente bien ce qu'ils sont, deux gars foncièrement sympathiques qui vibrent à la famille, aux amis et au plaisir simple de partager une musique rassembleuse. Dans la pochette de ce premier album, ils remercient d'ailleurs leurs parents de ne jamais leur avoir demandé de se trouver une «vraie job».

Les deux jeunes hommes ont le gène musical en commun, mais diffèrent sur plusieurs autres plans et s'en portent très bien puisqu'ils tirent de ces différences la complicité qu'ils retrouvent aujourd'hui sur scène. «On fait juste se regarder et on sait où on s'en va», observent-ils.

Érik est le chanteur des deux, qui utilisera aussi la guitare pour ajouter quelques cordes ici et là ou qui sortira son harmonica au besoin, mais sans plus. À la musique, c'est plutôt Sonny qui prend l'avant-plan, lui qui joue de la guitare depuis l'âge de 11 ans et qui, depuis, s'est amusé à devenir multi-instrumentiste.

Aujourd'hui, il est l'harmoniciste du tandem, le cerveau musical et l'artiste un peu rêveur, alors qu'Érik coiffe le chapeau du leader et du fonceur, le plus structuré des deux. «Il n'y a jamais eu de compétition entre nous parce qu'on est très complémentaires, dans le métier et dans la vie. Les forces d'Érik sont mes faiblesses, et vice versa. Ça rend la chose beaucoup plus facile», fait valoir Sonny.

Rapidement, les deux frères ont compris que leur avenir irait se concrétiser un peu plus au sud que leur patelin d'origine. À 18 et 19 ans, le temps de remplir une seule promesse faite à leur mère, celle de compléter leur cinquième secondaire, et ils étaient partis pour concocter leur avenir musical dans un ailleurs qu'ils ont ciblé à Magog, puis à Cowansville. Hommes de nature et de grands espaces, ils n'ont pas osé Montréal, mais ont trouvé un beau compromis en Estrie, où leurs parents les ont rejoint l'an dernier.

C'est en Estrie qu'ils ont commencé à faire la tournée des bars en duo, tout en ajoutant les festivals d'été avec d'autres musiciens. Depuis 2010, ils en font suffisamment pour gagner leur vie, mais leur premier album était chèrement espéré. Ils ne se doutaient toutefois pas que leur producteur serait un gars de Dolbeau, Lac-Saint-Jean, et qu'ils assureraient la première partie de son spectacle.

Des histoires pour parler au monde

C'est en douze titres que 2Frères font connaître actuellement leurs couleurs, des pièces qui sont collées à leur vécu, qui définissent bien leurs valeurs communes et qui mettent en relief des voix qui se prêtent aussi bien aux chansons festives et rassembleuses qu'aux plus intimistes.

Dans la première catégorie, on retrouve indéniablement Nous autres, chanson-titre et pièce par excellence pour les présenter puisqu'elle les décrits tels qu'ils sont, leur focus ajusté autant sur la famille, les amis, leur patelin et la paternité.

Dans un esprit collectif, voire patriotique, Dans Not' Salon leur permet de chanter le Québec et ses fibres particulières, dont la passion pour le hockey, alors que dans une gamme plus revendicatrice, ils proposent Casseroles et clairons, qui a été créée en plein Printemps érable et qui prône le rassemblement autour de causes communes.

«On trouvait ça beau de voir des jeunes sortir dans la rue pour une cause noble comme celle de l'éducation», explique Sonny. «De voir que des jeunes se sont fait poivrer et frapper à coups de matraque et qu'ils ont quand même continué à faire valoir leurs points, ça nous touchait beaucoup même si on n'était plus des étudiants.»

Changement d'univers, ils jouent sur les cordes de la mélancolie amoureuse dans la pièce Maudite Promesse, que Sonny Caouette a écrite aux lendemains d'une rupture. La gamme introspective est aussi mise en valeur dans la pièce À la vie, à la mort, qui parle du prix à payer pour accéder au bonheur. Le note romantique se fait très belle dans la chanson 33 tours, qui raconte l'histoire d'amour d'un ami; dans Qu'est-ce que tu dirais qui évoque la naissance d'un amour entre deux connaissances, sans oublier la profonde M'aimerais-tu pareil.

Dans un tout autre esprit, c'est toutefois avec Le démon du midi que la formation a sorti son tout premier extrait, une pièce décrit cette aube de la cinquantaine où un homme peut être tenter de valider à nouveau son pouvoir de séduction sur des cadettes, un texte qui ne cadre pas vraiment avec les deux gars âgés dans la mi-vingtaine

À la source de cette chanson, Sonny voulait aborder un sujet différent et était parti de l'histoire d'une femme dans la quarantaine. Ils n'ont que garder la musique. «Vu qu'on n'est pas dans la quarantaine et qu'on n'est pas non plus des femmes, on a bloqué», raconte Sonny. «Stéphane (Dussault) est parti avec le texte, ils nous a laissé bredouille et il est revenu avec ça», dit-il, expliquant que leur réalisateur-mentor a vécu son démon du midi.

Enfin, Roadtrip se veut un hommage à tous ces fans qui les suivent depuis leurs tout débuts, il y a cinq ans, une chanson qui leur permet du coup d'effleurer la vie de tournée et des amitiés qui peuvent s'y créer.

Pour Érik et Sonny, il n'est pas nécessaire de livrer un message à tout prix, mais il n'est pas question non plus de sortir une chanson accrocheuse avec un texte vide. «Nous ne nous définissons pas comme des artistes engagés, mais avons plus une conscience sociale. S'il y a des causes ici et là qui nous tiennent à coeur on va sans doute en parler, mais ce qu'on veut d'abord et avant tout, c'est de raconter des histoires qui parlent au monde et que n'importe qui pourrait vivre.»

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