Henri Godon élargit encore son univers

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Denis Massé et Jeannot Bournival ont lancé cette semaine le deuxième album d'Henri Godon sous le titre La vie rêvée!.

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quatre ans après son premier album, le coloré personnage Henri Godon a effectué un retour cette semaine avec la sortie d'un deuxième opus intitulé La vie rêvée!. Aussi festif que le premier, celui-ci se détaille en douze chansons qui se transforment rapidement en vers d'oreille et ce,  pour les petits comme pour les plus grands.

C'est précisément pour susciter cet effet que le chanteur et parolier Denis Massé s'était associé au réalisateur et compositeur Jeannot Bournival il y a quatre ans, histoire de créer un univers musical autour du personnage qu'il trimbalait déjà dans les écoles depuis près de deux décennies. 

Au départ, Denis Massé avait songé à utiliser le répertoire traditionnel pour en faire des chansons pour enfants, mais à l'écoute de son matériel, Jeannot Bournival a considéré que les compositions de Massé lui-même avaient beaucoup plus d'attrait. «Jeannot a commencé à faire des oeuvres d'art avec mes bouts de papier et mes bouts d'idées...», rapporte le chanteur et parolier Denis Massé. 

À la première lecture ou écoute, indique Jeannot Bournival, l'inspiration s'invite rapidement. «Souvent, il me garroche du brut, mais il y a beaucoup d'énergie et beaucoup de matière», observe le musicien-réalisateur-arrangeur. «C'est facile d'allumer.»

Si bien que Denis Massé porte désormais plus attention aux enregistrements sommaires qu'il lui envoie. «Je ne sais jamais quand il va dégainer. Il peut prendre un bout de mon mp3, ajouter de la trombone, de la batterie, de la guitare, et là, ma toune devient... wow!», souffle le chanteur. 

Leur premier album intitulé Chansons pour toutes sortes d'enfants a suscité effectivement de belles réactions, récoltant le titre de meilleur album jeunesse aux Prix de musique folk canadienne 2012; une mention coup de coeur de l'Académie Charles Cros, en France; une nomination au Juno Awards, et une autre à l'Adisq.

Dans ce deuxième album, Denis Massé a multiplié les ambiances et les univers pour entraîner petits et grands de l'animalerie jusqu'au Far-west, discourant aussi bien sur la grippe, la météo et l'accent français que sur le sort d'un petit incompris. Des pièces sur lesquelles Jeannot Bournival s'est amusé de plus belle, sans lésiner sur les instruments. 

Batterie, percussions, guitares, mandoline, banjo, trompette, trombone, clarinette, accordéon et cordes s'y font entendre, sans oublier la petite voix qui se dépose délicatement sur la dernière pièce, celle de Simone, fille de Jeannot. 

«Henri Godon, c'est du plaisir brut», constate Bournival. «Quand je travaille sur l'album, je me lève le matin et j'ai hâte d'aller jouer avec mes jouets au studio. C'est carrément ça. Je fais du bricolage et ça donne mon apport à Henri Godon. »

Or, au-delà du studio, il s'amuse désormais également sur scène avec ce matériel puisque Godon s'y est aussi taillé une place, ces dernières années. À la sortie du premier album, aucun spectacle n'était prévu, mais la demande des diffuseurs s'est pointée. Et, tant qu'à faire... «On a déployé un aspect scénique assez important, avec cinq ou six musiciens, des éclairages et une mise en scène», note Denis Massé. «On a fait le tour du Québec partout, sauf à Trois-Rivières, et l'accueil était dithyrambique» rapporte Jeannot Bournival.

Dans ce contexte, ils ont d'ailleurs constaté qu'Henri Godon avait bel et bien fait son chemin jusque dans les foyers et les familles puisque devant eux, plusieurs jeunes chantaient couplets et refrains d'un seul souffle. 

De leur côté d'océan, les publics français ont eu également  l'occasion de fredonner avec eux puisqu'une maison de disque de là-bas a embarqué dans le projet. Le premier album est déjà largement distribué en France, le deuxième sortira sous peu, et le spectacle y trouve preneurs, notent les deux créateurs. «Et on a autant de fun avec les petits Français» souligne Denis Massé. «Ici ou là-bas, je connais bien les enfants et je les fais rire naturellement.»

Cet automne, Henri Godon et son bedon band devraient reprendre une tournée au Québec, avec une formation adaptée, possiblement réduite. Lors du premier spectacle, ils étaient sept sur la route, ce qui s'est avéré absolument pas rentable, mais drôlement plaisant, sourit Denis Massé.

Cela dit, au-delà des écoles, de l'album et de la scène, le destin d'Henri Godon pourrait aussi adopter de nouvelles avenues un jour. Déjà cette semaine, une application a vu le jour pour les tablettes, application que les enfants, parents et enseignants peuvent se procurer gratuitement sur iTunes.

Mais encore, le joyeux personnage pourrait éventuellement se pointer le nez au petit écran et dans des bouquins, autant de projets qui mijotent. «Actuellement, on est dans le ça-nous-tente et dans le passe-proche», indique Jeannot Bournival. «J'ai même commencé des arrangements symphonique, au cas... Henri Godon, c'est un très beau nid à projets.»

Avec son personnage d'Henri Godon, Denis Massé rejoint... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste.) - image 2.0

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Avec son personnage d'Henri Godon, Denis Massé rejoint et amuse les enfants depuis près de deux décennies maintenant

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste.

La créativité foisonnante d'un tandem autrefois improbable

Il a beau l'incarner et le présenter aux enfants depuis 20 ans, lorsque vient le temps de décrire Henri Godon, Denis Massé doit y réfléchir deux fois plutôt qu'une. «Il est comme général», explique son comparse Jeannot Bournival. «Ce n'est pas un frère, ni un père, mais il est cool et il fait de la musique. C'est un grand, il appartient peut-être au monde adulte, et peut-être pas.»

Assurément, il comprend les enfants. «En fait, je dirais que ce sont eux qui me comprennent», nuance Denis Massé qui puise allègrement dans le quotidien des bambins pour s'en faire des chansons. Pour lui, suffit de garder l'oeil et l'oreille en alerte et tout devient matière. 

Parfois Jeannot Bournival lui envoie quelques lignes, inspiré par son propre quotidien de père de deux enfants. Souvent, la ligne lui revient en deux pages de texte. Les chansons se concoctent ainsi. «On travaille étroitement ensemble, et tellement pas ensemble! On se parle à tous les jours, mais en même temps, les champs d'application sont très différents. On peut donc se critiquer et se peaufiner l'un l'autre», indique Bournival. 

Denis Massé et lui évoluent désormais conjointement aussi bien pour les projets d'Henri Godon que pour les Tireux d'roches. Or, il fut une époque où ce tandem était tout à fait improbable, un temps qui remonte à la préadolescence de Jeannot Bournival.

«La première fois que je l'ai vu, Denis était débarqué à Saint-Élie avec une gang qui faisait de l'animation...», raconte-t-il. «Avec les autres préados du village, on a vu arriver des extraterrestre habillés avec plein de couleurs...»

La compagnie s'appelait La Viet'amine, se rappelle Denis Massé. «C'était une autre époque... Sur notre pancarte, nous avions écrit: animation culturelle et sociale», dit-il, sourire en coin.  Le groupe s'était installé à proximité du presbytère, sans savoir qu'une bande d'enfants les observaient de loin, non sans une certaine fascination. 

«Nous, on était dans notre Saint-Élie rempli de scies mécaniques et, tout d'un coup, il y avait quelque chose d'autre qui se passait. Ça arrivait avec des guitares et des chapeaux colorés... Il y avait un Français dans leur gang. On n'avait jamais vu ça, nous, un Français...», poursuit Jeannot.

Ce n'est que plus tard que Denis Massé a remarqué à son tour le jeune musicien en herbe qu'était devenu Bournival, pour le meilleur et pour le pire. «Il était pompiste au garage et il jouait du saxophone à temps plein. C'était lui, le fatigant qui n'arrêtait pas de pratiquer son instrument au village. Tu l'entendais dans la cave, dans la maison, en allant mettre de l'essence. À la base il n'avait pas de talent. Il a vraiment travaillé pour devenir ce qu'il est aujourd'hui, je peux le confirmer!», rigole Massé.

Mais le jeune homme n'a jamais lâché, si bien que leur destin s'est croisé de nouveau un peu plus tard, lorsque Denis Massé s'occupait du café La Pierre angulaire de Saint-Élie. Bournival y débarquait régulièrement pour aller jouer dans les brunchs. Pour finalement en venir à se joindre aux Tireux d'roches, en compagnie de Fred Pellerin et Dominic Lemieux.

Depuis, Jeannot Bournival a toujours été «gravitatoire» autour des Tireux d'roches, dit-il. En juillet, il ne sera pas avec le groupe pour leur tournée en Italie et en France, mais il sera peut-être des rangs en Chine, en octobre. 

Or, assurément, il sera de la suite des aventures d'Henri Godon. Des aventures que le tandem autrefois improbable espère désormais nombreuses.

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