François Bellefeuille revient à la maison présenter son premier spectacle solo

Le spectacle que François Bellefeuille présentera à Trois-Rivières... (Photo: La Presse)

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Le spectacle que François Bellefeuille présentera à Trois-Rivières a été mis en nomination comme spectacle de l'année dans le cadre des Prix Oliviers 2015. L'humoriste est même en tête pour le nombre de nominations, incluant celle au titre d'humoriste de l'année.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ceux qui connaissent l'humoriste François Bellefeuille savent qu'il a été vétérinaire avant de faire de l'humour son gagne-pain. Mais combien savent que c'est un bon Trifluvien de souche élevé dans Normanville?

Bellefeuille ne s'en cache pas et s'étonne même que la chose ne soit pas plus connue. «J'ai vécu à Trois-Rivières jusqu'à l'âge de 19 ans. J'ai fréquenté l'école secondaire Sainte-Ursule jusqu'en secondaire III avant d'aller au séminaire Saint-Joseph puis, je suis allé au cégep de Trois-Rivières.»

«Je n'ai quitté la région que pour étudier à l'école vétérinaire, en fait. J'ai vraiment adoré ma jeunesse à Trois-Rivières. On vivait dans un beau quartier avec des espaces verts. Je m'en souviens comme d'une époque d'insouciance: on se sentait partout en sécurité. Je trouve aujourd'hui que la ville a un peu changé mais il s'y fait de belles choses. J'aime bien ce qu'on a fait avec le centre-ville, par exemple.»

Avec pareil attachement, il ne faudrait peut-être pas se surprendre de voir se profiler son hirsute silhouette à la recherche de nostalgie du côté de la rue Ludger-Duvernay de son enfance dans la journée du 9 avril puisqu'il occupera la scène de la salle J.-Antonio-Thompson le soir même, pour une supplémentaire de son spectacle solo.

Ce n'est pas son premier retour dans la ville de son enfance: il a foulé la scène du cégep trifluvien trois ou quatre fois avant de graduer vers J.-A.-T. «J'ai présenté le spectacle à la salle Thompson pour la première fois à l'automne passé et j'ai capoté! C'était vraiment l'fun. Entre humoristes, on se parle beaucoup de cette salle-là et ce n'est pas pour rien que beaucoup de DVD sont tournés à cet endroit. C'est vraiment une super salle et pour moi, elle est encore plus spéciale.»

Des méandres

Si jeune, il a caressé le rêve de se produire dans cette salle, le moins qu'on puisse dire, c'est que son parcours n'a pas été rectiligne. «J'ai beaucoup aimé la médecine vétérinaire mais dès que je suis monté sur une scène à l'époque de l'université dans le cadre de nos café-shows, j'ai eu la piqûre. Je me suis mis à rêver de faire de la scène. J'imagine qu'il y a un côté créatif chez moi qui n'était pas comblé par la médecine vétérinaire. C'est pendant mes onze années de pratique que j'ai commencé à mélanger les deux activités. Au retour d'un séjour de travail quelques années aux États-Unis, je me suis dit qu'il me fallait au moins essayer l'humour, de peur d'avoir un jour des regrets.»

«J'avais 29 ans, j'aimais ma profession mais je ne suis pas un gars de routine. En fait, je suis d'une espèce hybride entre scientifique et artiste et aujourd'hui, je sais que je suis fait pour faire de la scène. Il n'y a aucun doute que c'est ma passion première.»

Pour ce qui est de son personnage de prédilection, cette bibite étonnante, laissons-lui le soin de la qualifier. «Je ne fais pas du stand-up classique, précise-t-il d'abord. C'est à l'école de l'humour que j'ai développé ce personnage qui n'a pas de bon sens, hors norme, plus gros que nature. Je le perçois comme enfantin, colérique et coloré, je dirais. Je tiens à ce qu'on perçoive toujours, derrière les excès du premier degré, une intelligence au second niveau.»

«Je suis exigeant envers moi-même et j'essaie de ne pas tomber dans des chemins déjà tracés. Je veux toujours surprendre. Sans prétention, je peux dire que ce n'est pas de l'humour facile. Le personnage évolue constamment et ça me plaît beaucoup. J'essaie constamment de me surprendre moi-même.»

Le meilleur exemple de son évolution est son sketch du faucon, sorti en 2010 et qui a défini son personnage dans l'esprit de beaucoup de gens. «Le personnage n'était pas à point à ce moment-là. Il s'est peaufiné vraiment énormément depuis. Pour être franc, je criais beaucoup trop. C'est comme si j'avais une Formule Un dans les mains et que je ne savais pas comment la piloter. J'y allais avec la pédale au plancher du début à la fin du numéro. J'ai appris à y mettre beaucoup plus de nuances, mêlant des moments de douceur à la colère. J'aime les variations.»

Il reste, en bout de ligne, que c'est le public qui dicte la ligne de conduite. «Je demeure très à l'écoute des réactions des gens. Est-ce que tel gag obtient un gros, un moyen ou un petit rire. Dans une salle de 1000 personnes, il y a une immense différence entre le rire de 300 personnes ou celui de 900 personnes. J'analyse aussi le type de rire que ça provoque et c'est ça qui dicte mon travail. Je crois que le personnage que j'ai adopté va durer encore très longtemps: il a encore beaucoup de matière à donner. Je pense cependant que dans le futur, il va davantage aller vers la folie que la colère.»

«Je vis le rêve»

Le spectacle de François Bellefeuille est officiellement sur la route depuis un an. Officiellement, parce qu'il a beaucoup plus de vécu que cela.

«Je l'ai beaucoup rodé et ça fait maintenant un an et demi qu'il tourne pour un total autour de 210 représentations à l'heure actuelle, explique son créateur. Les micro-ajustements sont faits et je suis satisfait du produit. Je considère qu'il est à son apogée, présentement: il n'a pas de moment faible, j'aime l'attitude, l'énergie est bonne d'un bout à l'autre, j'ai maximisé chaque portion du spectacle, ça coule bien et surtout, je ne suis pas écoeuré de le faire.»

Un de ses secrets, c'est qu'il s'offre une constante portion de création. «Ce qui me garde allumé, c'est que je fais toujours du rodage à la fin du spectacle pour le rappel. Je m'amuse à proposer du nouveau matériel pendant sept à dix minutes pendant lesquelles je m'amuse avec le public et ça me garde en vie.»

Il se voit le poursuivre pendant encore quelque temps. «Les grosses vedettes de l'humour vendent autour de 300 0000 billets pour la durée de vie d'un spectacle qu'on considère un gros succès. Nous autres, on en a vendu 155 000 à peu près. Je serais très satisfait de faire environ 300 représentations et de vendre 200 0000 billets. C'est un succès qui dépasse mes attentes en vérité. Je vis le rêve. Où ça va se finir? Je ne sais pas et je ne veux pas tomber dans le piège de viser un objectif au point d'être tanné de faire mon spectacle.»

«Je trippe sur la scène, je suis en santé, je ne peux rien demander de mieux. J'ai déjà eu peur que la fatigue attaque ma voix mais ça va bien. Martin Matte me disait récemment qu'il a frappé un mur à l'âge de 40 ans pour ce qui est de l'énergie. Moi, je n'ai aucun problème parce que je n'ai que 39 ans.»

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